Depuis quasiment un demi-siècle, l’espace est devenu de plus en plus un catalyseur des moyens de sécurité et de défense et l’utilisation de l’espace extra-atmosphérique dans cette perspective est désormais ainsi un enjeu majeur, les moyens spatiaux (satellites,…) renouvelant sinon révolutionnant l’art de faire la guerre.
Mais, outre « la militarisation de l’espace », il convient également aujourd’hui de s’intéresser – les deux domaines sont très imbriqués – à « l’arsenalisation de l’espace » (armements spatiaux de « la guerre des étoiles »), et, par suite, au total, à la question de la sécurité et de la surveillance internationales de l’espace.
C’est cet effort de synthèse sur le thème « Espace et Défense » que nous avons tenté lors du Colloque organisé à l’Assemblée Nationale à Paris le 15 novembre 2010 dont nous reprenons les actes pour l’essentiel dans cette publication.
Ont contribué à cet ouvrage :
Le Général Yves ARNAUD, le Général Claude le BORGNE (Cr), Gérard BRACHET, Guilhem BROUARD, Yann CHEVILLON, Serge CHOLLEY, Stéphane DOSSÉ, André DUMOULIN, Alain
DUPAS, Thierry GARCIN, Mario HUCTEAU, Olivier KEMPF, Christian LARDIER, Colomban LEBAS, Jean-Luc LEFEBVRE, Sébastien LEITNER, Gilles LEMOINE, Louis LEVEQUE, Florent MAZURELLE, Thierry MICHAL, Laurence NARDON, Alain NEVE, le Général Henri PARIS (Cr), Pierre PASCALLON, Xavier PASCO, le Général Henry de ROQUEFEUIL, Isabelle SOURBES-VERGER, Jacques VILLAIN
samedi 14 janvier 2012
"Espace et Défense", sous la direction de Pierre Pascallon et Stéphane Dossé
lundi 1 août 2011
Les 100 lieux de la géopolitique, coordonné par Pascal Gauchon et Jean-Marc Huissoud

Comme son nom l'indique, de "Afghanistan" à "Vienne", en passant par "Ormuz", "Malacca",, "Sarajevo", "Shanghai" ou "Chiapas", l'ouvrage passe en revue les lieux "d'où rayonne la puissance", "dont le contrôle donne la puissance", "d'affrontement de la puissance" (coeur de l'ouvrage) ainsi que "les espaces qu'organise la puissance".
Les auteurs sont partis du principe que, à la manière du médecin chinois analysant l'organisme, "le géopoliticien recherche dans le corps de notre planète les forces d'attraction et de répulsion, les mouvements de concentration et de dispersion, les points où se concentrent le pouvoir...".
Il en résulte une centaine de petits articles (de quelques lignes à deux pages) donnant un aperçu, certes non exhaustif (car choisir c'est renoncer, mais on peut par exemple être étonné de la sélection d'Amritsar comme seule ville indienne du chapitre "Les grandes villes mondiales", ou du grand nombre d'articles consacré à l'Europe) et manquant parfois de détail (c'est l'une des règles de l'exercice), des principaux théâtres d'affrontements humains.
On peut également regretter l'absence de carte, ce qui est toujours un manque dans ce type d'ouvrage où la géographie joue un grand rôle.
A signaler que Sonia Le Gouriellec signe une dizaine d'articles consacrés à l'Afrique.
mercredi 26 janvier 2011
Galileo : test de volonté politique de l'UE face à la Chine

J'en parlais déjà il y a quelque temps, la bande de fréquence que comptait s'arroger l'UE (après négociation avec les USA) pour le Public Regulated Service, réservé aux usages militaires, intéresse aussi les Chinois. Le chevauchement entre les deux systèmes ne perturberait pas leur usage au quotidien, mais rendrait impossible un brouillage sélectif de l'un sans que l'autre ne soit affecté...
La Commission Européenne se montre très pessimiste sur l'issue des discussions en cours, qui pour le moment sont dans une impasse. Elle en appelle à une mobilisation dans le même sens des leaders politiques de l'UE, afin d'apporter plus de poids en faveur de Galileo dans la véritable course au système de navigation qui se joue ces années-ci. Une unité qui trancherait avec les petites phrases ou les guéguerres visant à favoriser tel ou tel champion national. En face, inutile d'insister là-dessus, la Chine n'a pas à composer avec un quelconque problème de volonté politique. Pas plus d'ailleurs que la Russie, dont le Glonass, priorité du gouvernement de Poutine, doit retrouver sa pleine mesure dès 2012 ; contre 2014-2015 pour le Beidou de l'Empire du Milieu, et... peut-être 2020 pour Galileo !
Alors que l'UE parle de lever l'embargo sur les armes qui frappe la Chine depuis Tiananmen, et que celle-ci se montre désireuse de financer les états européens croulants de dettes, ce dossier est un révélateur des nouvelles positions, de force et de faiblesse, sur l'échiquier mondial. Pour l'Europe, le risque est réel de devoir se contenter d'une quatrième place, voire plus car Japon et Inde prévoient de mettre en oeuvre des systèmes régionaux à moyen-terme.
Au-delà de l'inconvénient économique (chaque année de retard réduisant de 10 à 15% les bénéfices escomptés, selon la Commission), il s'agirait d'un déclassement technologique et d'une perte de leadership dans un domaine d'excellence traditionnel de l'Union Européenne, et de la France en particulier.
A lire également :
mercredi 12 janvier 2011
Espionnage industriel chez Renault et Chine : pensées partielles

Ceci dit, on ne peut que rapprocher cette affaire d'espionnage chez Renault d'autres éléments de l'actualité, ou déjà discutés ici :
- Les câbles de Wikileaks révèlent qu'au niveau industriel, dans l'Union Européenne, c'est bien la France qui est considérée comme "l'Empire du Mal du vol de technologies", selon les mots du DG d'un fabricant allemand de satellites
- Nous devancerions donc la Chine et la Russie en termes de dégâts provoqués pour l'économie de notre premier partenaire commercial. Coïncidence, alors que le journal norvégien ayant sorti l'information nous apprenait peu de temps auparavant que l'Allemagne était justement en train de développer son système de satellites espions avec les États-Unis, au grand dam de la France ; qui, au travers d'Astrium, est tout de même le partenaire naturel du pays d'Angela Merkel dans l'aérospatial. Bref, se rappeler que le tampon Wikileaks ne dispense pas d'un certain recul ni du besoin de manier l'information avec des pincettes
- Quoi qu'il en soit, je n'arrive pas retrouver la référence mais j'ai entendu récemment (source Wikileaks aussi ?) que les Chinois considéraient la France comme un pays béni pour l'espionnage, en raison d'un niveau de corruption assez élevé, rendant l'extraction de secrets industriels assez facile pour une puissance disposant d'une bonne trésorerie. De fait, et une affaire comme Karachi est là pour nous le rappeler, le degré de corruption perçu en France reste haut
- Même si l'économie est un jeu à somme positive, cela ne signifie pas que toutes les issues sont profitables à tous ni mêmes que tous les joueurs recherchent ce type d'issues. De fait, l'espionnage industriel et le pillage de savoirs et savoir-faire sont communs, même s'ils sont rarement aussi glamour qu'un film hollywoodien. Le maillon humain, "aidé" ou non, est souvent le plus fragile, et l'occasion fait le larron. Que l'affaire soit mise autant en avant par Renault, voilà qui donne une indication sur le niveau des information perdues
- A moyen terme, étant donné que les données concernées dans le cas de Renault concernent des brevets en cours de dépôt (autour des batteries électriques), il sera intéressant de voir si en Chine, qui a monté un consortium de constructeurs dans la course au véhicule "propre" où elle figure comme un outsider, vont apparaître des composants utilisant les technologies développées par Renault
mercredi 5 janvier 2011
Chine - UE : quelques lignes sur la fin potentielle de l'embargo sur les armes

Ceci amène quelques réflexions :
- On ne peut s'empêcher de rapprocher cette information de la volonté affichée par Beijing de moderniser son armée très rapidement et de façon autonome. Alors que la Chine paraît avoir définitivement renoncé, même pour la galerie, au pur "soft power" et commence à montrer régulièrement les crocs (dans le Pacifique e sur la scène mondiale), elle affirme enfin de façon ouverte que oui, si son budget militaire augmente régulièrement et fortement depuis plus de 10 ans, c'est pour être en mesure de faire la guerre.
- Modernisation autonome ne signifie pas en autarcie, même si Beijing insiste sur le développement d'une industrie nationale de l'armement forte, dans "toutes les directions stratégiques", par ses propres moyens. Ainsi en témoigne la montée en puissance très rapide, volonté politique et capacités de financement aidant, dans le secteur spatial, les télécommunications, les technologies de l'information ou l'aéronautique (les essais de son chasseur de 5ème génération seraient en cours). Cependant, pour gagner un peu de temps, le transfert technologique, que les Occidentaux (notamment les Européens) ne sont pas vraiment en mesure de refuser, quitte à le payer au centuple dans quelques décennies, est une solution qui se systématise ; au Brésil, en Russie et en Inde également. D'autant que la Chine sait s'approprier les savoir-faire même par des circuits détournés, en contrevenant allègrement aux règles de l'OMC, à laquelle elle appartient pourtant (La justice, une arme de la guerre économique)
- Nous l'avons déjà évoqué, la Chine, même après Deng Xiaoping, n'a pas renoncé à l'approche du "grand bon en avant" maoïste pour rattraper le retard technologique considérable qu'elle a accumulé au cours de la seconde moitié du XXème siècle. Certes la configuration est très différente de celle des années 1950 : cette posture volontariste est permise par la poigne de fer exercée par le PCC, qui sait instrumentaliser le nationalisme en interne, par la forte croissance économique que connaît le pays mais également par les inégalités de développement criantes mettant à disposition du régime des centaines de millions de travailleurs, étudiants et citoyens
- Par le passé, les restrictions à l'exportation dans le domaine défense ont montré à ceux qui les pratiquaient qu'elles pouvaient motiver les "victimes" à développer par elles-mêmes leurs propres capacités. C'est le constat que font les USA relativement à ITAR, qui a boosté la R&D, et par suite, l'industrie, en Europe et en Chine dans le secteur aérospatial (Obama veut revoir les restrictions à l'exportation d'armement). Et c'est un argument (un peu paradoxal au passage) utilisé par les Chinois pour la levée de l'embargo européen : ils affirment ainsi que s'il est maintenu, ils développeront leurs propres armes plus rapidement.
- Puisqu'on parle des USA, rappelons que Robert Gates doit rendre une visite à son homologue Liang Guanglie la semaine prochaine, afin de reprendre une coopération militaire suspendue entre les deux premières puissances mondiales depuis un an et l'affaire du "package" de 6 milliards de dollars d'armement que Washington serait prêt à vendre à Taiwan (Taiwan vaut-elle une guerre froide ?). Il est évident que les Etats-Unis, de même que le Japon, sont contre la levée de cet embargo ; il n'est pas plus surprenant que le Royaume-Uni soit en Europe le pays le plus réticent.
- Il est par ailleurs nécessaire de relier la levée possible de l'embargo au contexte de crise financière et de faible croissance économique que connaissent un grand nombre de pays européens, et pas seulement les PIGS. Et alors que la plupart des analystes prévoient déjà qu'en 2011 la zone Euro restera un îlot de quasi non-croissance, la Chine a directement proposé son aide aux états désireux de trouver des financements à des taux raisonnables. Sans parler des débouchés économiques (à court-terme) que cela pourrait représenter. Bien évidemment, les officiels de l'UE nient le rapport avec la choucroute, et affirment que les seules contreparties à la levée de l'embargo concernent les droits de l'homme, les relations avec Taiwan et les libertés civiles en Chine.
Deux enseignements possibles :
- La Chine vit comme une humiliation cet embargo, indigne de sa nouvelle position sur l'échiquier mondial (inutile de rappeler l'importance culturelle de "la face" dans l'Empire du Milieu) malgré sa dénégation de son propre statut de superpuissance
- La Chine est impatiente (cf. le billet d'Olivier Kempf sur Le temps court de la Chine) et a encore besoin de technologie étrangère pour moderniser rapidement son armée, peut-être plus qu'elle ne souhaite l'affirmer haut et fort
mardi 2 novembre 2010
La Chine tisse la toile de son futur système de navigation par satellite
Ce dernier devrait voir le lancement des quatre satellites destinés à l'In-Orbit Validation (IOV) débuter en avril 2011. Lui succèdera la mise en oeuvre des satellites Full Operational Capability (FOC). Il semblerait que des dérapages financiers successifs soient en train de repousser la mise en service à 2017 voire 2018, alors qu'elle est officiellement prévue à horizon 2013-2014.

Côté chinois, on espère que le réseau commencera à fournir des services sur la région Asie-Pacifique dès 2012, et tout autour du globe à partir de 2020, grâce à une constellation d'un peu plus de 30 satellites.
Si l'on ajoute la remontée en puissance du GLONASS, on ne peut que s'attendre à une liste d'opportunités perdues face aux concurrents non-européens, en plus d'une lourde facture pour le contribuable, prix de longs atermoiements autour de l'ambition et de la gouvernance de Galileo... des problèmes politiques que ne partagent certainement pas les USA, la Russie ni la Chine, qui n'a pas autant d'états d'âme vis-à-vis de l'utilisation militaire d'un tel système.
J'en parlais déjà il y a plus d'un an (Partie d'échecs chinois dans l'espace), mais la primauté n'est pas neutre. En effet comme l'indique le rapport du député Bernard Deflesselles, les Chinois ont publié une liste de fréquences se superposant à celles utilisées par Galileo, ce qui aurait pour effet de brouiller son signal sur le périmètre du Public Regulated Service, réservé aux organes étatiques requérant une haute qualité de service.
Rappelons que la Chine était initialement partie prenante de Galileo, ce qui lui a certainement permis de mettre un pied à l'étrier avant de lancer son propre programme de souveraineté, officiellement en raison de son insatisfaction sur son rôle dans la construction du système européen. Bref, l'UE joue encore un peu le dindon de la farce, en n'étant certes pas très aidée par ses divisions internes, avec notamment un Royaume-Uni qui ne souhaite pas que le système européen vienne concurrencer trop frontalement le GPS de leur allié d'outre-Atlantique. Ce qui vient nettement atténuer l'optimisme de ceux qui voient le couple France-RU relancer l'UE et l'Europe de la défense (Sécurité Européenne).
jeudi 21 octobre 2010
Colloque "Espace et Défense" le 15 novembre

Le colloque aura lieu de 9h à 18h à la Salle Colbert (126 rue de l'Université, Paris VIIème), et verra l'intervention de nombreux spécialistes de renom.
Je ne citerai ici qu'Olivier Kempf qui parlera de la défense antimissile de l'OTAN (vaste sujet, voir notamment sur son blog à propos de la venue de M. Rasmussen à l'IFRI) et Alain de Nève qui tentera de répondre à la question "Existe-t-il un projet chinois d'arsenalisation de l'espace ?".
Le programme exhaustif ainsi que le coupon réponse (l'inscription est obligatoire) sont en ligne.
jeudi 16 septembre 2010
L'emploi dans l'industrie aérospatiale française
mercredi 28 octobre 2009
EADS et Thales en concurrence pour le rachat de Syracuse
Cette vente au secteur privé est inscrite dans le projet de loi de finance 2010 et pourrait rapporter à l'Etat autour de 400 M€. L'armée cèderait la propriété des satellites et louerait des capacités de communication en fonction de ses besoins.
Le programme Syracuse (SYstème de RAdioCommunication Utilisant un SatellitE), lancé en 1980, et opérationnel depuis 1984, en est actuellement à sa troisième version (Syracuse III). Cette dernière, contrairement aux précédentes cogérées par France Telecom, est entièrement aux mains de l'armée, ce qui en fait le premier système vraiment sécurisé (d'un point de vue confidentialité et disponibilité). Les satellites A et B (qui sont une des composantes du programme Syracuse, qui comprend aussi les infrastructures au sol) ont été lancés respectivement en 2005 et 2006, et ont été réalisés par Thales Alenia Space, l'un des deux concurrents à la reprise (la maîtrise d'oeuvre des segments terrestres ayant été réalisée par Thales Communications, de la Division Land&Joint Systems du systémier français).
A noter qu'EADS fournit déjà des services similaires à l'armée britannique via les satellites Skynet et sa société Paradigm Secure Communications, alors que Thales fait de même pour les Italiens avec le système Sicral (indirectement via Telespazio, dont elle possède 33% , le reste appartenant à Finmeccanica, son partenaire au sein de Thales Alenia Space). Les trois systèmes Syracuse, Skynet et Sicral assurent à l'OTAN la retransmission des communications SHF et UHF.
Tout ceci s'inscrit dans la démarche globale d'externalisation de prestations de la part du Ministère de la Défense. L'objectif général affiché est une réduction des coûts et un resserrement sur les activités "coeur" de l'armée. Etrange cependant dans ce cas précis, alors que comme indiqué plus haut, la tendance du programme Syracuse était justement l'acquisition d'une autonomie totale (ou du moins relative) vis-à-vis du civil et du privé. Un état de fait qui ne pourra plus exister à l'avenir ?
lundi 21 septembre 2009
La Chine lance la construction d'un nouveau centre spatial

Il devrait être dédié aux satellites lourds, géostationnaires, aux stations spatiales et aux missions d'exploration de l'espace lointain.
Pour rappel, Hainan est également la source supposée d'un ghostnet ayant pris pour cible de nombreux ordinateurs dans le monde.
De quoi muscler les ambitions spatiales chinoises, alors que les trois bases existantes (Jiuquan dans le Gansu : vols habités, Taiyuan dans le Shanxi : satellites de météorologie et de communication, Xichang dans le Sichuan : fusées puissantes et satellites géostationnaires) ont déjà procédé à une centaine de lancements.
lundi 14 septembre 2009
14 septembre : la Russie du feu à la Lune
Luna-2, embarquant notamment à son bord un magnétomètre, a permis de confirmer que la Lune était dépourvue de champ magnétique significatif et confirma, grâce à un piège à ions, l'existence du vent solaire.
Le programme russe Luna dura jusqu'en 1976 et alla jusqu'à Luna 24 (!). Parmi ses réussites, il convient de noter que Luna 3, en 1960, fut la première à prendre des photos de la face cachée de la Lune, ou que dix ans plus tard, en 1970, Luna 16 permit de collecter des échantillons de sol lunaire et de les rapporter sur Terre.
Mais le 14 septembre, si l'on remonte un peu plus dans le temps, c'est également en 1812 l'entrée des Grenadiers français dans Moscou suite à la bataille de la Moskova, et le déclenchement du grand incendie qui fera rage jusqu'au 18 septembre, détruisant environ les trois quarts de la capitale russe. La responsabilité du feu est certainement partagée entre Russes (le Comte Rostoptchine, gouverneur de Moscou, ayant ordonné de détruire tout ce que l'ennemi pourrait récupérer) et les Français, qui se sont livrés à quelques pillages. Toujours est-il qu'à peine un mois plus tard, la Grande Armée se retirait de Moscou et ce fut le début de la catastrophique retraite.
Il est assez intéressant de noter que Koutouzov, général en chef de l'armée russe, avait été nommé par le Tsar Alexandre Ier notamment car celui-ci ne trouvait pas son compte dans la politique de terre brûlée pratiquée depuis le début de la campagne de Russie sous le commandement de Mikhail Barclay de Tolly...
lundi 17 août 2009
Les UFO vont-ils tomber du ciel ?
U.S. troops and intelligence operatives working in some of the world's most remote regions might have to cope with satellite communications dead zones starting in mid-2010 because of a mix of satellite development delays, aging satellites and a decision by the military not to launch more backup transmitters and receivers, defense officials and analysts said.At the moment, the United States cobbles together communications coverage for "disadvantaged" or "special" subscribers using eight Ultra-high Frequency Follow-on (UFO) satellites and additional UHF capacity on other spacecraft. Users connect by stopping to set up small, tripod-based satellite antennas connected to their radios.
The Navy now calculates that there is a 70 percent chance that in May 2010 the UFO constellation will reach an "unacceptable level of availability."
lundi 20 juillet 2009
J'ai demandé à la Lune...
Zone militaire et Pour Convaincre reviennent sur l'évènement.
Sinon, Le Monde revient sur les conspirationnistes, pour lesquels tout ceci relève du canular.
A voir d'ailleurs à ce sujet, pour un exposé des tenants de la thèse "hollywoodienne", le documentaire Conspiracy Theory: Did We Land on the Moon? (2001).
Et pour un peu d'actualité sur l'exploration spatiale, voir ici.
dimanche 5 juillet 2009
La tête dans les étoiles
- La Chine, depuis 2003 et son premier taïkonaute, ne cache plus ses ambitions et vise la construction d'une station orbitale basse dès 2010, l'envoi d'une sonde sur Mars pour 2015 et un vol habité sur la Lune pour 2025
- Les États-Unis ont relancé leurs projets d'exploration spatiale humaine en 2004 avec le projet Constellation, dont le financement n'a pas pour le moment été remis en cause. Un de ses objectifs est de construire une nouvelle génération de véhicules spatiaux (Orion, par Lockheed-Martin) après la mise à la retraite de l'actuelle dès 2010. Pour être capable de faire l'aller-retour Terre-ISS en 2015 et atteindre la Lune autour de 2020...Comme le souligne l'article, ce ne sera pas une mince affaire, car il s'agit de renouveler un savoir-faire peu utilisé depuis l'arrêt d'Apollo. D'autant que l'ambition américaine ne s'arrête pas au satellite terrestre : il s'agit de mettre en place une base lunaire, depuis laquelle, vers 2037, des expéditions martiennes pourraient être lancées
- La Russie, seule puissance à disposer d'une navette spatiale à partir de 2010 et donc à même de ravitailler la station internationale, semble vouloir se concentrer sur les orbites basses à moyen terme. Cependant, il faut souligner le projet Mars 500, expérience lancée fin 2009 qui verra des volontaires confinés pendant 500 jours dans un laboratoire à Moscou, et qui doit permettre de préparer les voyages vers la planète rouge
- L'Inde et le Japon ont eux aussi des projets lunaires à horizon 2020
- Quant à l'Union Européenne, bien qu'elle ait largement contribué à la conquête spatiale (Ariane, ISS...), elle n'est toujours pas autonome en ce qui concerne le lancement de vols habités. L'ESA, agence spatiale européenne, qui a recruté six spationautes au printemps dernier, est favorable, comme les industriels (Astrium, Thales Alenia Space...) à l'acquisition de telles capacités au niveau européen. Une décision doit être prise à ce sujet en septembre prochain, à l'occasion d'une rencontre entre représentants des différents pays membres. Rien n'est acquis, car comme on le voit au seul niveau de Galileo, il est très difficile d'obtenir un alignement des volontés politiques au sein de l'Union. D'autant que certains n'envisagent pas une conquête spatiale sans partenariat avec les Russes, les Américains ou les Chinois...
mardi 30 juin 2009
Galileo : l'UE doit remettre les pieds sur terre
crédits : astrosurf.com
"Mal préparé" et "mal géré", Galileo n'aurait pas atteint jusqu'à présent ses objectifs. Il est en fait l'illustration du problème de gouvernance qui frappe nombre de projets réalisés en partenariat par plusieurs pays de l'UE : une absence de leadership supranational, chacun tirant de son côté pour tenter de favoriser ses propres industriels.
Fin 2008, aucun satellite opérationnel n'avait été lancé et les estimations de coûts pour la phase de développement et de validation avaient pratiquement doublé, passant de 1,1 à 2,1 milliards d'euros.
Bien sûr, il pâtit également de l'absence de mécanismes de pilotage et de suivi d'avancement adaptés, comme nombre de projets du domaine aérospatial / défense.
vendredi 19 juin 2009
Des drones s'envoient (très haut) en l'air
Les drones aériens (ou terrestres et aquatiques) offrent des capacités de reconnaissance limitées, ils peuvent être abattus et leur autonomie est somme toute toujours perfectible. Dans l'espace, un satellite est déjà beaucoup plus à l'abri (pour le moment du moins), dure bien plus longtemps et surtout couvre une zone relativement étendue.
Toutes les promesses technologiques ne sont pas faites pour être tenues. Ceci dit, la liste des possibilités offertes par TacSat-3 n'est pas encore totalement connue, mais l'USAF est plutôt optimiste sur l'avenir de la spectrométrie depuis l'espace...le lancement du mois dernier doit permettre d'y voir un peu plus clair, en particulier sur le nombre de satellites nécessaires pour couvrir le monde entier et permettre à n'importe quelle unité de faire une demande de reconnaissance et d'obtenir une réponse dans un temps relativement court (selon l'Air Force, qui supervise le programme ARTEMIS réalisé principalement par Raytheon, il faut dix minutes entre l'ordre d'un commandant et la réception des données issues de l'analyse, le "problème" étant la présence d'un satellite au-dessus de la zone concernée).
D'autant que contrairement à d'autres programmes, le coût n'est pas astronomique : 15 millions d'euros pour le développement (le satellite complet, qui embarque d'autres charges, ainsi que le lancement en lui même montent en tout à environ 90 millions de dollars). Il faut dire qu'au vu de la durée très limitée dont on disposé les ingénieurs, des technologies "sur étagère" et peu sophistiquées ont été utilisées, notamment pour le téléscope.
vendredi 12 juin 2009
GPS : les Etats-Unis se veulent toujours rassurants
Le message est clair : tout est sous contrôle
- des satellites de remplacement sont prévus pour très bientôt
- on a déjà eu à gérer des défaillances sérieuses de satellites par le passé
- on a les compétences pour garantir le niveau de service requis aux millions d'utilisateurs quotidiens
Voir aussi :
mardi 26 mai 2009
GPS : les Etats-Unis se veulent rassurants
Ainsi, le colonel Dave Buckman s'est montré rassurant sur Twitter (il faut être à la page !) :
No, GPS will not go downMême s'il a reconnu que les conclusions du GAO étaient fondées, il a affirmé être confiant sur la capacité de l'USAF à garder la maîtrise de la situation :
We have plans to mitigate risks and prevent a gap in coverageDeux lancements sont prévus, en août 2009 et début 2010, pour permettre à la constellation GPS de rester au-dessus du nombre de 24 satellites opérationnels, un minimum pour une couverture et une précisions optimales. Le rapport de la GAO pointait des problèmes techniques pouvant impacter ces lancements. Le Colonel Buckman ne dit pas s'ils ont été résolus ni comment l'USAF compte les résoudre.
Alors forcément, Twitter avec sa limitation à 140 caractères par post force à être synthétique voire laconique et expéditif. Est-ce à dire que la choix de la plate-forme de micro-blogging a servi à compenser l'absence ou le manque d'arguments ?
En attendant, au risque de se répéter, il faut souligner qu'au-delà des problèmes économiques potentiellement importants, une dégradation du service GPS aurait un impact militaire avec notamment une perte de précision sur les frappes aériennes à base de "munitions intelligentes", qui occupent une place importante dans la doctrine américaine, et potentiellement plus de victimes civiles "collatérales".
vendredi 22 mai 2009
GPS : Global Phailing System ?
crédits : Team NirvanaQu'on excuse le jeu de mot approximatif, mais l'heure est grave, enfin peut-être.
Un rapport récent de la GAO (Government Accountability Office), Cour des Comptes américaine, pourrait faire l'effet d'une bombe : sans le lancement de nouveaux satellites à très brève échéance, le système GPS pourrait rencontrer de sérieux problèmes de précision et de couverture dès 2010, la faute à un matériel qui commence à être âgé et menaçant de lâcher. Bien sûr, les conséquences militaires (navigation, patrouille, acquisition de cible et guidage de munition, sauvetage, mise à profit du brouillage...) et économiques (transports route/fer/bateau/aérien, géomarketing, télécommunications, commerce/banque, météorologie et climatologie...) seraient énormes au niveau mondial : les applications du GPS sont partout, et depuis quelques années elles ont même envahi l'électronique grand public. Le marché mondial pourrait atteindre près de 50 milliards de dollars en 2012, selon une étude de BCC Research datant de 2007.
Bien sûr, le système GPS dans son intégralité n'est pas menacé à courte échéance. Cependant, il pourrait accuser une perte de qualité de service : la constellation est actuellemen composée de 30 satellites. Pour assurer un niveau optimum de couverture, 24 sont nécessaires. Selon la GAO, il y a une probabilité de 95% que ce nombre soit encore atteint en 2010, et "seulement" de 80% pour la période 2010-2014.
Le problème est que le programme de remplacement des satellites par l'USAF a environ 3 ans de retard (en plus d'un dépassement de plusieurs centaines de millions de dollars). Alors que le premier lancement "nouvelle génération" devait avoir lieu en 2006, il sera réalisé fin 2009. Enfin, dans le meilleur des cas, car de sérieux problèmes techniques se posent encore, mettant en risque cette date prévisionnelle. Il faut dire que le développement de ces satellites de remplacement n'a pas été épargné par les difficultés : composants obsolètes, transmetteurs défaillants, alimentation en panne...
Le rapport de la GAO met aussi en avant le manque d'anticipation des militaires, très préoccupés par le signal GPS au jour le jour mais peu informés d'une possible dégradation dans un futur pourtant très proche.
Dans l'attente, des solutions dégradées existent :
- utilisation de satellites ne faisant pas partie de la constellation GPS mais ayant des capacités leur permettant d'assurer la transmission de signaux GPS
- prolongation de la vie des satellites de la constellation en supprimant toutes leurs tâches non directement liées au GPS
- identification par les fabricants de matériel GPS de moyens permettant de fonctionner avec une bonne précision avec moins de 24 satellites
At this point in time, we're confident that the system will continue to provide the signals that our customers and the nation needEn même temps, pourquoi scieraient-ils la branche sur laquelle ils sont assis ?
jeudi 26 mars 2009
Partie d'échecs chinois dans l'espace
Ceux qui sont familiers avec la stratégie d'entreprise connaissent le terme de "first mover advantage" ("prime au premier entrant" en français), selon lequel celui qui entre en premier de façon significative sur un marché se dote d'un avantage concurrentiel :
- Préemption de ressources rares (matières, équipements, positions)
- Dépôt de brevets et de droits commerciaux
- Tissage de liens avec les parties prenantes de l'écosystème (fournisseurs, clients, prospects...)
- ...
Petit retour en arrière...Années 1970, en pleine Guerre Froide. Les Etats-Unis mettent en oeuvre ITAR (International Traffic in Arms Regulation) qui vise notamment à éviter que des technologies sensibles (dont tout ce qui touche aux satellites) ne tombe entre de mauvaises mains (par exemple, les chinoises).
Bref, les Américains se trouvent fort dépourvus aujourd'hui car le satellite W3B en question est garantie "sans technologie américaine", et que les troupes américaines en Irak et en Afghanistan sont d'une façon générale clientes d'Eutelsat. Ironie du sort, ITAR a encouragé le développement des savoir-faire en satellites en Europe (notamment chez Thales Alenia Space) et donc aujourd'hui en Chine, en même temps qu'il a fait perdre de nombreux marchés aux industriels américains. D'ailleurs, de nombreuses voix s'élèvent outre-atlantique pour qu'Obama y mette un terme ou l'aménage sérieusement.
Les Chinois ne veulent pas s'arrêter là : selon des informations diffusées ces jours-ci, ils se sont lancés dans la mise en oeuvre de leur propre système GPS, qu'ils comptent bien rendre opérationnel avant Galileo, celui des Européens...
Galileo, qui connaît depuis son lancement de nombreux problèmes, à la fois de financement mais également de gouvernance (chaque pays ayant tiré en faveur de ses propres entreprises de défense et télécoms) et de coopération industrielle...un exemple qui montre que l'espace économique européen de défense intégré et ouvert n'est pas encore pour demain. Galileo devrait être totalement déployé (constellation de 30 satellites) en 2013, soit avec cinq ans de retard sur les prévisions initiales.
Une course (majoritairement) en aveugle s'engage avec la Chine, qui malgré la crise dispose d'un trésor de guerre impressionnant, d'une expertise en développement rapide, d'une volonté de fer, et qui ne connait pas les atermoiements de l'intergouvernemental européen.

















