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vendredi 11 mai 2012

Chronique industrie – mai 2012 : « l’Europe de la défense, vu de moi elle ne fonctionne pas »


Le mois dernier, je faisais ici un résumé de l’intervention du général Jean-Robert Morizot lors de la conférence « Défense-Aéronautique : quelle adaptation des stratégies des industriels »sur le thème « quelles attentes des armées face aux industriels de la défense ? ». En ce mois de mai, je reviens succinctement sur les paroles du DGA Laurent Collet-Billon, qui avait ouvert la conférence.


Même sans révélation fracassante, l’intervention de Laurent Collet-Billon résonne d’une façon particulière, au lendemain d’une campagne présidentielle pauvre sur le plan international mais avec quelques saillies sur l’importance de l’industrie française, dont notre BITD est une part non négligeable (250 000 emplois avec la sous-traitance).

Un constat pour commencer : les USA, dont la suprématie technologique et militaire est et sera de plus en plus contestée par l’Asie (le DGA mentionne ici implicitement la Chine, mais il est vrai que ce terme est extrêmement vague d’un point de vue géopolitique), se désengagent de l’Europe. Cette dernière doit donc, même si elle a du mal à y croire, assumer sa propre défense ; ce dont aucun des pays membres de l’Union Européenne n’est actuellement capable. Alors que les budgets militaires indiens et chinois ne cessent de croître, que celui des Etats-Unis reste loin devant tous les autres, seuls les Britanniques sont dans une démarche similaire à celle des Français sur le Vieux Continent. Ainsi les deux pays couvrent à eux seuls les 2/3 de la Recherche & Développement de défense de l’UE, alors que les autres pays sont plus favorables aux achats sur étagère (aux Américains principalement).

France et Royaume-Uni figurent d’ailleurs dans le Top 5 des producteurs d’armements dans le monde – relativement stable ces dernières années, représentant 90% des ventes –, avec la Russie, Israël, et bien évidemment les Etats-Unis, qui « jouent dans une autre cour ». Une hiérarchie qui est de plus en plus remise en question par les émergents, chinois bien sûrs, mais également coréens (notamment dans le naval) ou turcs. Ces nouveaux acteurs, sans surprise, s’appuient sur les transferts de technologies – car il est aujourd’hui impossible d’exporter sans montrer qu’il y a création de valeur locale – pour monter en puissance, et essayer de transformer leurs achats à l’étranger d’hier ou d’aujourd’hui en ventes demain. Toujours est-il que la France, qui a réalisé 6,5 milliards d’euros de ventes à l’export en 2011, a un catalogue qui pour Laurent Collet-Billon constitue une alternative crédible à l’offre américaine sur son périmètre, permettant à ses clients (d’une diversité régionale assez importante) de disposer d’une « souveraineté réelle ».

Notre pays pousse l’émergence d’une BITD de dimension européenne, hormis sur certains domaines comme la dissuasion ou la cryptographie. Ce qui n’est pas l’idée de tous les membres de l’UE dont certains, au-delà de l’appétence citée plus haut pour le made in USA, favorisent une mise en concurrence totale au sein de l’Union, y compris pour ce qui touche aux études amont (les Suédois notamment, champions du low cost dans l’aéronautique). En tout état de cause, la mutualisation semble être le seul moyen de pallier l’augmentation qui semble sans fin des coûts des programmes d’armements depuis la Deuxième Guerre Mondiale (de 2% par an pour les équipements à faible contenu technologique comme les véhicules de transport de troupes à 5% par an pour les chars de combat).

Nous ne sommes cependant pas prêts à la mise en place d’une Europe de la défense de l’Atlantique à la Mer Noire, pour des raisons tant politiques qu’économiques. Mieux vaut s’appuyer sur un petit noyau de bonnes volontés et des initiatives bien ciblées pour obtenir des résultats concrets sans dilapider les faibles moyens dont nous disposons, tout en assurant l’alignement avec nos objectifs stratégiques. Laurent Collet-Billon, préconise donc pour avancer rapidement de privilégier les échanges bilatéraux avec le Royaume-Uni, à l’image des accords de Lancaster House en 2010, et de laisser les autres pays de l’UE adhérer ou non. Inutile de dire que devant une assemblée où EADS était bien représentée, et dans le contexte politico-budgétaire actuel, de tels propos ont entrainé la question de l’axe franco-allemand. Le DGA a répondu qu’il était très dubitatif sur la volonté de nos amis d’outre-Rhin de coopérer dans le domaine de la défense, et a souligné la divergence de vision entre nos deux pays. Une divergence qui s’est manifestée notamment dans le partage industriel relatif à l’A400M, ainsi que dans les variations concernant les volumes commandés.

Autre moyen : les « travaux pratiques », pour reprendre l’expression de Laurent Collet-Billon, où autour d’un projet amont, la coopération se fait d’abord entre industriels (et non entre Etats), qui ont la responsabilité d’assurer l’adhésion de leur pays ; ce qui peut être aléatoire dans un contexte de cloisonnement encore fort des marchés nationaux. Ceci doit permettre à la fois de mettre en valeur la R&D de l’UE et de préparer de futurs programmes communs, tant sur les aspects technologiques que sur la gouvernance desdits programmes.

Dans une intervention où l’Agence Européenne de Défense n’a, à ma connaissance, pas été citée, le DGA est également revenu sur le nécessaire soutien aux petites entreprises innovantes, donnant l’exemple du dispositif RAPID, sans lequel « nous nous ferons bouffer ».

En résumé, la pérennité de notre BITD nationale passe paradoxalement par une plus grande coopération, mais réfléchie et ciblée, avec (certains de) nos partenaires européens, même si cela ne va pas jusqu’à une « Europe de la défense ». Ceci, pour paraphraser Ulrich Beck, nécessiterait certainement de mettre de côté une partie de notre autonomie, mais favoriserait un gain réel de souveraineté à plus long terme.

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mercredi 28 mars 2012

Une campagne du MoD sur la sécurité de l'info à l'heure du Web 2.0

Signalé par Abou Djaffar



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lundi 12 décembre 2011

Le Royaume-Uni prépare un cadeau aux fans de Napoléon pour les 200 ans de Waterloo

Comme l'indique la BBC, l'aéroport de Saint-Hélène ouvrira en 2015 :
A remote British Island where the French Emperor Napoleon was exiled is to get an airport, the International Development Secretary has announced.

Until now, St Helena in the southern Atlantic ocean has only been accessible by sea.

It is hoped building the airport will raise the number of visitors each year from around 900 to 30,000.

It is planned that the airport will be finished in 2015 - the 200th anniversary of the arrival of Napoleon following his defeat at the Battle of Waterloo.

De quoi réchauffer les relations entre la France et le Royaume-Uni ?

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mardi 27 septembre 2011

Célébration de l'amitié franco-anglaise : Inauguration du « French Air Forces Memorial »

A l'occasion du festival "French in York", le "French Air Forces Memorial" sera inauguré le 20 octobre 2011. Il s'agit du 1er monument des Forces Aériennes Françaises installé dans une cathédrale anglaise et dédié aux aviateurs français du Bomber Command de la Royal Air Force tombés pendant la seconde guerre mondiale.



Le lien ténu existant entre les Français et les Anglais remonte à Guillaume le Conquérant, en 1066. De la guerre de 100 ans (1337-1453) qui opposa les deux pays, à la signature de l’Entente Cordiale* en 1902, les relations franco-anglaises sont riches en rebondissements. L’union de ces forces contre la tyrannie durant la première et la deuxième guerre mondiale, scellera une amitié indéfectible entre les deux nations.

Pourtant beaucoup ignorent que plus de 2 000 jeunes militaires français étaient stationnés sur la base d’Elvington, entre juin 1944 et octobre 1945, pour libérer l’Europe.

« The French in York »

« Le Guyenne » 346 Squadron et « Le Tunisie » 347 Squadron furent les deux seuls groupes de Bombardement Lourd des Forces Aériennes Françaises rattachés à la Royal Air Force au sein des Forces Alliées pendant la seconde guerre mondiale. Ils furent intégrés au « Bomber Command » de la Royal Air Force et participèrent :

· à l’attaque des ennemis sur la côte normande la veille du Jour J

· au bombardement du site de Mont Candon le 27 juin 1944

· aux batailles de la Ruhr et de Berlin.

Ils perdirent 41 appareils et 216 hommes furent tués en 8 mois. Le Guyenne et le Tunisie rentrèrent en France libérée en octobre 1945.

A la mémoire de ces hommes tombés au combat, de nombreuses célébrations auront lieu du 17 au 23 octobre prochain à York. La semaine sera marquée par des cérémonies, défilés, expositions, conférences, projections de films, témoignages de la bravoure et du sacrifice de ces aviateurs français du Bomber Command.

20 octobre 2011 : Inauguration du « French Air Forces Memorial »

Cet évènement marquant aura lieu dans la Cathédrale de York, seconde cathédrale anglaise. Plus de 2 000 personnes sont attendues, dont des vétérans français et anglais, des représentants politiques de Grande-Bretagne, de France et des pays alliés. Une occasion de rendre honneur à notre Histoire…

Le communiqué de presse relatif au programme du festival "French in York".

*L’Entente Cordiale est la « compréhension diplomatique » par laquelle la France et le Royaume-Uni ont tenté de régler leurs antagonismes sous le règne du roi Louis-Philippe, puis sous la Troisième République.

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lundi 26 septembre 2011

Défense et des bulles - septembre 2011 : Empire USA 2

Je reproduis ci-dessous ma première chronique "Défense et des bulles" consacrée à la bande dessinée sur Alliance Géostratégique.

***

Grand amateur de bande-dessinée, j'inaugure avec ce billet un nouvelle chronique mensuelle dédiée au 9ème art sur Alliance Géostratégique avec Empire USA 2, deuxième saison de la série scénarisée par Stephen Desberg, qui pour les six tomes s'est associé avec six dessinateurs différents afin de maintenir un rythme de publication très cadencé.

On y suit les aventures de Jared Gail, ancien agent de la CIA (voir la saison 1, mais on peut lire celle-ci de façon indépendante), qui enquête sur l'assassinat d'un de ses amis dans le bureau d'un avocat londonien. Si cette BD a été retenue pour cette chronique, c'est parce que Stephen Desberg a injecté derrière cette intrigue un fond géopolitique, au travers d'une lutte de pouvoir entre milliardaires.

Si vous croyez que les ennemis des États-Unis sont le jihadisme international ou même la Chine, vous n'avez rien compris ! Et si vous pensez que cette dernière va voler à l'Oncle Sam sa place de première puissance mondiale dans les décennies qui arrivent, vous vous trompez également. Non, comme l'indique le quatrième de couverture :

Le XXIème siècle sera celui de l'hégémonie américaine. Poussé par sa puissance scientifique et militaire, l'empire USA ne permettra à aucun ennemi de contester sa supériorité.

Comme le dit l'un des personnages :

Non seulement mon pays n'est pas en décadence, mais il commence à peine son ascension. Nous entrons dans l'âge d'or des États-Unis d'Amérique !

On retrouve derrière cette mise en situation les idées de George Friedman :

In due course, the geopolitical order will shift again, and the American epoch will end. Perhaps even sooner, the power of the US will wane. But not yet, and not in this century.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard car le scénariste confirme avoir eu l'idée de départ après avoir lu The Next 100 Years de Friedman. Alors qu'Empire USA 2 débute sur les chapeaux de roues par l'assassinat à Istanbul du « dernier des chefs historiques » du terrorisme intégriste (un certain Ali, ça parle à quelqu'un ?), ce sont les Russes, encore eux, qui vont tenter de se frotter à la première puissance mondiale et de provoquer une nouvelle guerre froide. Mais ce sont les oligarques, bien au chaud dans leur quartier de Londongrad, qui prennent le relais des communistes, en appliquant des méthodes bien capitalistes.

Si la crédibilité de l'ensemble est hautement discutable (mais c'est une constante de nombreuses fictions d'espionnage, et il est vrai que la Russie de Poutine, futur président annoncé, court après sa puissance passée) et si les aspects proprement géopolitiques restent superficiels, ce sont plus des problèmes de forme qui me gênent. Accumulation de flashbacks, multiplication de scènes inutiles, dialogues parfois caricaturaux : si le rythme de publication – point noir de nombreuses séries – est là pour garder le lecteur en haleine, la narration manque à mon goût de punch, dilatée entre un trop grand nombre de personnages, et on est bien loin de l'ambiance « 24h » annoncée.

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lundi 1 août 2011

Les 100 lieux de la géopolitique, coordonné par Pascal Gauchon et Jean-Marc Huissoud

Un peu par hasard, j'ai acheté l'autre jour Les 100 lieux de la géopolitique, coordonné par Pascal Gauchon et Jean-Marc Huissoud, publié chez PUF dans la collection Que sais-je ? (3ème édition de 2010, mais il semble qu'il y en a une 4ème de mai 2011).



Comme son nom l'indique, de "Afghanistan" à "Vienne", en passant par "Ormuz", "Malacca",, "Sarajevo", "Shanghai" ou "Chiapas", l'ouvrage passe en revue les lieux "d'où rayonne la puissance", "dont le contrôle donne la puissance", "d'affrontement de la puissance" (coeur de l'ouvrage) ainsi que "les espaces qu'organise la puissance".

Les auteurs sont partis du principe que, à la manière du médecin chinois analysant l'organisme, "le géopoliticien recherche dans le corps de notre planète les forces d'attraction et de répulsion, les mouvements de concentration et de dispersion, les points où se concentrent le pouvoir...".

Il en résulte une centaine de petits articles (de quelques lignes à deux pages) donnant un aperçu, certes non exhaustif (car choisir c'est renoncer, mais on peut par exemple être étonné de la sélection d'Amritsar comme seule ville indienne du chapitre "Les grandes villes mondiales", ou du grand nombre d'articles consacré à l'Europe) et manquant parfois de détail (c'est l'une des règles de l'exercice), des principaux théâtres d'affrontements humains.

On peut également regretter l'absence de carte, ce qui est toujours un manque dans ce type d'ouvrage où la géographie joue un grand rôle.

A signaler que Sonia Le Gouriellec signe une dizaine d'articles consacrés à l'Afrique.

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mercredi 26 janvier 2011

Un réserviste à Sandhurst, témoignage de Victor Fèvre

Victor Fèvre, animateur de RDO et membre de l'Alliance Géostratégique, est le premier membre de la réserve opérationnelle à avoir suivi la formation d'officier de réserve britannique à l'Académie royale militaire de Sandhurst.


crédits : wikipedia

Son témoignage est en ligne sur le site de la Revue Défense Nationale. Il y décrit de façon détaillée le stage Territorial Army Commission Course, équivalent de notre Formation Initiale d'Officier de Réserve, et se livre à une comparaison entre les deux.

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samedi 9 octobre 2010

Regain d'activité sur le front franco-britannique

Loin de moi l'idée de comparer mon modeste blog à Google (qui arrive à prédire les épidémies de grippe deux semaines avant les instituts de veille sanitaire), cependant parfois les logs de connexion sont un bon indicateur de la tendance du moment.



Je ne suis pas l'actualité défense 24h/24 ni même 7j/7, aussi fus-je surpris ces derniers jours de voir un grand nombre de visites provenant de Google avec pour mots-clés des combinaisons de "France", "Royaume-Uni", "têtes nucléaires britanniques", "dissuasion franco-anglaise" ; en plus des récurrents "angleterre Rafale" ou même "Rafale dernier chasseur français".

En fait aucun mystère, puisque les deux pays parlent de coopération en matière nucléaire, comme le rapporte Jean-Dominique Merchet : Vers une collaboration franco-britannique sur les têtes nucléaires. Pas totalement inattendu, dans la mesure où le sujet (bien plus ambitieux) d'une force océanique conjointe de dissuasion a déjà été évoqué : Dissuasion nucléaire franco-britannique ?

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vendredi 24 septembre 2010

Le Brésil veut muscler sa montée en puissance diplomatique et économique

Le Brésil vient de signer un nouvel accord militaire avec le Royaume-Uni, prévoyant notamment l'achat d'une dizaine de navires, bien sûr si les conditions de transfert de technologies demandées par Brasilia sont remplies.

Car structurellement le Brésil, en multipliant de tels accords avec les principaux pays fournisseurs d'armements (Etats-Unis, France, Russie, Italie...), veut non seulement rénover son appareil de défense vieillissant, mais surtout se doter d'une certaine autosuffisance militaire. Il cherche donc le plus de transferts possibles, au détriment d'achats "sur étagère" (voir Le Brésil à la recherche de transferts technologiques).

La raison en est simple : il s'agit pour le membre des groupes BRIC et IBSA d'accompagner sa montée en puissance sur la scène internationale, à la fois dans la zone sud-américaine, mais également au-delà des océans (voir L'Afrique et la montée en puissance du Brésil), avec des arguments relevant plus du hard power que l'image de Lula (qui quittera son poste le 31 décembre prochain), la langue portugaise, la samba ou le futebol.

Un Embraer A-1

Le Brésil souhaite également sécuriser son territoire (notamment l'Amazonie) mais également les importantes ressources pétrolières qui se trouvent au large de ses côtes, en eaux profondes : Brasilia se voit comme un futur grand des hydrocarbures. Quitte à décider unilatéralement d'étendre ses frontières maritimes (voir Colonisation maritime sur Egea).

Enfin, le Brésil se souvient certainement de l'époque où il était lui-même un fournisseur important de matériel militaire, notamment auprès des pays en voie de développement. En témoigne la (re)montée en puissance d'Embraer, avec notamment le développement d'un avion de transport lourd, que la France pourrait acheter...si le Rafale sort vainqueur de l'appel d'offres en cours face aux USA et à la Suède.

Où le Brésil "découvre" que la puissance nécessite du "muscle" bien concret.

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mardi 22 juin 2010

Etats-Unis / Royaume-Uni : de l'eau dans le pétrole

J'évoquais il y a quelques semaines les remises en cause par certains décideurs britanniques de la "relation spéciale" que leur pays entretient avec les Etats-Unis (La relation spéciale entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, un mythe ?).


La catastrophe écologique au large de la Louisiane n'est certes pas là pour améliorer les choses. Alors que Barack Obama fait sienne la charge tout azimut contre la firme BP, souhaitant la "faire payer" pour l'ensemble des dégats (écologiques, humains, financiers...) occasionnés, Londres prend sa défense, soulignant son importance pour les économies américaine et britannique. Il faut dire que les milieux d'affaires, mais également les médias et le monde politique pressent le nouveau Premier Ministre Cameron de monter au créneau, dénonçant ce qu'ils perçoivent comme de l'anglophobie.

L'éditorialiste conservateur David Blackburn n'y va d'ailleurs pas de main morte :

BP est responsable de la fuite, mais l'entreprise est diabolisée par un président américain qui dissimule son populisme et ses préjugés sous les beaux atours de l’autorité morale. BP n’est que la dernière des institutions britanniques à être vilipendée par Barack Obama.
Selon lui, c'est d'abord le "marché américain insatiable" qui est responsable des risques sans cesse plus grands pris par les pétroliers. Une argumentation qui ressemble un peu à celle de Sarah Palin, pour qui les écologistes sont les vrais coupables, eux qui empêchent les forages en Alaska et forcent donc les majors à ces plates-formes en eaux profondes...

David Blackburn élargit la critique à de nombreux sujets qui cristallisent le mécontentement des Britanniques face à leur allié américain
L’élection de Barack Obama fut un moment historique. La bonne volonté et le respect des Britanniques face à cet événement ne leur ont toutefois valu que mépris. Des centaines de soldats britanniques ont été tués ou blessés dans une guerre américaine que Barack Obama n’a fait qu’intensifier. Les sacrifices consentis par l’allié le plus proche et le plus fidèle des Etats-Unis ont été payés par la reconnaissance des droits de l’Argentine sur les Malouines. L’histoire ne manque pas de piquant quand on sait qu’une large majorité des habitants de ces îles ont voté pour rester citoyens britanniques et que Barack Obama déclarait récemment à des jeunes diplômés de l'académie militaire de West Point que “l’Amérique a réussi en guidant ces courants (de coopération) vers la liberté et la justice”.

Au-delà de la bonne foi des uns et des autres, il est légitime de se demander si cet épisode (qui dure et va durer) n'est pas à même d'accélérer la sortie du Royaume-Uni de son rôle de "Grèce dans l'Empire Romain", pour reprendre les mots de Marc Ferro.

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vendredi 16 avril 2010

La relation spéciale entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, un mythe ?

Pour John Charmley, professeur d'histoire d'histoire moderne à l'University of East Anglia (Norwich), qui s'exprime dans le Times, la "relation spéciale" entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni est un mythe depuis plusieurs décennies :
Only in the UK would it take 60-odd years for MPs to realise that our relationship with the US is no longer particularly special
Suez, le Marché Commun européen, guerre des Malouines, les exemples ne manquent pas aux Britanniques, pour Charmley, de s'interroger sur ce qu'a pu apporter ce suivisme vis-à-vis des USA depuis 1945...il donne en exemple le fait qu'il a dernièrement entraîné le Royaume-Uni en Irak et en Afghanistan. Winston Churchill, qui est à l'origine de l'expression "special relationship" lors d'un discours en 1946, y englobait non seulement la coopération militaire (cf. le développement de l'arme atomique britannique) mais également des aspects économiques, diplomatiques, culturels et historiques. Margaret Thatcher avait également souligné l'importance pour elle de ce lien :
The Anglo-American relationship has done more for the defence and future of freedom than any other alliance in the world

Roosevelt et Churchill en 1944

Charmley s'interroge sur la pertinence de l'attitude de la France et du général de Gaulle dès les années 1950, comme Anthony Eden (premier ministre conservateur entre 1955 et 1957) dans ses mémoires :
Eden wondered whether we should have taken a leaf from de Gaulle's book and treated the Americans mean to keep them keen
Le chemin de l' "indépendance", choisi par la France, est peut-être préférable à celui qu'a emprunté le Royaume-Uni. Pourquoi cette remise en question ? Fin mars, le comité des affaires étrangères du Parlement britannique a déclaré rien moins que la mort de la relation spéciale. En demandant au gouvernement d'apprendre à dire non aux USA, et de leur montrer moins de déférence, notamment quand les intérêts des deux pays divergent. Bref, il s'agit un peu moins de passer pour le "caniche" de l'Oncle Sam :
The overuse of the phrase by some politicians and many in the media serves simultaneously to de-value its meaning and to raise unrealistic expectations about the benefits the relationship can deliver to the UK.
[...]
The perception that the British government was a subservient 'poodle' to the US administration leading up to the period of the invasion of Iraq and its aftermath is widespread both among the British public and overseas
[...]
This perception, whatever its relation to reality, is deeply damaging to the reputation and interests of the UK.
[...]
The UK needs to be less deferential and more willing to say no to the US on those issues where the two countries' interests and values diverge. "The UK's relationship should be principally driven by the UK's national interests within individual policy areas. It needs to be characterised by a hard-headed political approach to the relationship and a realistic sense of the UK's limits.
Le Foreign Office cherche à minimiser le problème d'ordre sémantique, en rappelant qu'à défaut d'être spéciale, la relation transatlantique est peut-être unique :
What matters is that the UK's relationship with the US is unique, and uniquely important to protecting our national security and promoting our national interest
Alors que de ce côté-ci de la Manche nombreux sont ceux qui voient le Royaume-Uni comme le Cheval de Troie des Etats-Unis au sein de l'Union Européenne, la Perfide Albion est-elle capable de et souhaite-t-elle un réajustement stratégique de ses positions, distendant le lien transatlantique et resserrant celui qui l'unit au continent ? Il y a en tout cas quelques idées en ce sens qui flottent en ce moment, alors que les USA agitent (assez paradoxalement il faut bien le dire) le spectre de perte de souveraineté de leurs cousins en cas de rapprochement trop poussé avec le reste de l'Europe :
Qui vivra après les élections du mois de mai verra...

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samedi 20 mars 2010

Dissuasion nucléaire franco-britannique ?

Ainsi donc, la France et le Royaume-Uni discuteraient, à l'initiative de la première, d'une coopération dans le domaine de leur force de dissuasion nucléaire océanique. Les échanges porteraient sur un plan de dissuasion commun, qui pour rappel s'appuie sur des patrouilles de SNLE autour du globe, pratique très coûteuse. Cependant, cela achopperait sur des questions, bien naturelles, de souveraineté, notamment côté britannique. On peut cependant noter que nos amis d'outre-Manche sont parfois moins tatillons question indépendance stratégique quand il s'agit de nos autres amis d'outre-Atlantique. On se rappelle également de l'épisode du PA 2, programme inabouti de porte-avions commun à la France et au Royaume-Uni.

Bref, cela me fait penser aux quelques articles écrits sur ce même blog par Thibault Lamidel, et qui touchent aussi à une coopération franco-britannique autour du domaine naval :
En tout cas, l'idée de la mise en commun de la force de dissuasion nucléaire entre plusieurs pays (voire...au niveau d'une Union ?) est à suivre...et pose des questions intéressantes, ne serait-ce qu'en termes de processus de décision du recours au feu nucléaire...

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lundi 1 mars 2010

"Du Rafale N au Harrier sur BPC ?" par Thibault Lamidel

Nous nous sommes déjà fait l’écho (Rafale Marine Biplace, JSF et collision) de « l’intérêt » opportuniste manifesté par les Britanniques à propos du Rafale. Nous avons même tenté de montrer qu’une renaissance du Rafale N n’était pas à exclure si on prenait nos voisins d’outre-Manche au mot (et donc faire semblant de ne pas voir que le partenariat français est le pion modérateur des échanges « diplomatiques » sur le programme JSF entre États-Unis et Royaume-Uni).

Un Rafale marine

crédits : mer et marine

Dans un autre article (UCAV et aéronavale) nous abordions l’intérêt de diffuser la puissance aérienne via des porte-aéronefs. Nous reprenions ainsi à notre compte la demande de l’amiral américain Zumwalt des années 70 de ne pas compter uniquement sur des porte-avions lourds. Et dans le cas de la France, de développer le potentiel des BPC via des drones embarqués pour tenter de mettre en oeuvre ses idées en prenant comme cadre une opération amphibie.

Dans un commentaire laissé par un anonyme sur « Rafale et aéronavale britannique », une personne montre l’intérêt de parler coopération autour du Harrier et d’observer le renouveau actuel de l’Entente Cordiale.


Un partenariat de nouveau en pleine expansion

Notre confrère le Mamouth fait connaître l’imminence du comité interministeriel sur les drones : en avril peut-être, avant l’été sûrement. Il recense les trois solutions existantes pour le développement de capacités intérimaires : américaine avec le Predator, israélienne avec le Héron et anglaise avec le Mantis. Cette dernière ayant l’avantage d’associer un industriel hexagonal de référence, Dassault, avec un industriel « transmanche », Thales. C’est une nouvelle possibilité qui apparaît dans le renouveau franco-britannique après les déclarations faites sur un développement conjoint de l’aéronavale ainsi que les appels à un approfondissement des partenariats.

On semblerait presque être revenu dans les années 60-70 avec les programmes Lynx, Puma, Jaguar… ou Concorde. D’ailleurs, à cette époque, il est bien connu que le Jaguar « M » a été testé sur porte-avions français, mais il est moins souvent évoqué le fait que le Harrier ait servi aux mêmes offices…


Diffusion de la puissance aérienne sur mer


Dans notre tentative d’étude sur un drone embarqué (UCAV) nous nous basions sur une hypothèse pleine et entière. C’est-à-dire un recadrage du programme nEUROn vers des capacités air-air et

la capacité d’apponter sur navire. Et ce, sans oublier de le développer dans l’optique d’une intégration sur BPC. Beaucoup d’incertitude et aucune volonté politique face un défi industriel de taille.

Dessin d'artiste de Rafale et nEUROn
crédit inconnu

Dans cet article on prenait le parti de plaider pour une meilleure diffusion de la puissance aérienne sur mer en multipliant le nombre de plates-formes via les BPC. On évitera de se mentir en disant qu’un drone ou tout autre appareil embarqué dans un « mode décollage et atterrissage court » (ADAC) se fait sur un compromis. Face à cette faculté avantageuse on se doit de concéder pour sa mise en œuvre un sacrifice non négligeable sur les capacités de l’appareil en vitesse, en emport de d’armes et en rayon d’action. Un Harrier ou un F-35B auront des caractéristiques déficitaires sur ces points face au Rafale et au F-18.


Un nouvel Harrier, et pourquoi pas ?


Dans ce contexte, reprendre le développement d’un « Harrier III » sera plus à la portée des gouvernants britanniques et français. C’est un programme techniquement faisable. Il s’agirait d’intégrer les dernières évolutions en science des matériaux pour alléger l’appareil à vide (et gagner sur son potentiel d’action) ainsi que de faire évoluer son système d’armes et sa motorisation (le moindre gain est bénéfique). Il faut rappeler que la bête a initialement été développée par les Anglais, puis fut revue et corrigée en collaboration avec les Américains. C’est dire si le programme serait presque par tradition une vertu de la coopération.


Un Harrier GR9 de la RAF

crédits : MoD

Le nouvel appareil pourrait mettre à profit d’autres programmes existants (Rafale et Eurofighter) pour récolter des « pièces » de manière à diminuer son coût. Et de même optimiser la logistique de ses composants. C’est l’idée du développement du F-16 : tenter de réduire les coûts en se fournissant sur étagère. Ce dernier avait su tirer quelques avantages d’une telle philosophie à l’export … Une philosophie reprise par le programme nEUROn : récolter les compétences existantes pour établir un démonstrateur.

Enfin, il serait bon de privilégier un cadre bi-national ou étendu le plus restreint possible, les structures des programmes Eurofighter, NH90 et A400M n’ayant pas donné satisfaction. D’autant plus qu’une étude systématique des surcoûts constatés n’a pas était faite publiquement. Enfin, comme le signale notre lecteur, il serait bon que ce programme se fasse hors cadre OTAN (les programmes otaniens ont toujours eu comme résultante d’acheter américain, le FIAT GR91 en témoignera). Et encore mieux comme le rappelle notre lecteur encore une fois : « en tenant "en laisse" les industriels (Dassault, BAE Systems...): Sinon, c'est inutile de perdre son temps!!! ». On aura en mémoire le « professionnalisme » des cadres d’EADS dans la conduite de l’A400M (des délits d’initiés suspectés aux déboires de l’avion).

Intérêt indéniable pour les Européens

Dans le cadre d’un programme JSF déficient qui pourrait voir sa version « Harrier » être justement supprimée, la France et l’Angleterre pourraient investir un créneau plus que porteur. Ce serait la seule alternative assez crédible. Le Sea Gripen et l’Eurofighter N le sont moins à nos yeux car la Suède n’a jamais développé d’appareil embarqué et le second est critiqué pour sa fragilité structurelle dans une telle configuration. Il faudrait donc équiper les 4 BPC français, les 2 porte-aéronefs espagnols et les 2 navires italiens. Sans oublier le dilemme anglais : le choix fait avec leur porte-avions était adapté à un avion ADAC. Les difficultés du JSF feraient (conditionnel) qu’il serait envisagé de passer à une version CATOBAR (moyennant 1 milliard de livres de modifications). Les sujets de Sa Gracieuse Majesté sont-ils donc des girouettes ? La question difficile est de savoir s’il est possible de négocier et le Rafale et le Harrier III.

Il faut voir aussi que ce serait une cible de « 120 » appareils dont il serait possible de modérer largement le coût face à celui du JSF. Ce programme pourrait être présenté comme un pas franchi dans la constitution d’une Europe de la défense et dans la maîtrise des coûts.


Un intérêt indéniable dans la mêlée de l’export


Dans le contexte plus précis d’une collaboration franco-britannique, un nouvel Harrier ne signifierait donc pas obligatoirement une coopération sur le Rafale marine. Ce ne serait pas non plus un chasseur européen « seul à l’export pour les porte-aéronefs ». Pour équiper ce type de navire ne faisant pas appel à des catapultes (à l’image des navires indiens), il existe une concurrence qui s’est accrue avec l’annonce de la possibilité de développement du Sea Gripen et de l’Eurofighter N via la poussée vectorielle (le Rafale pourrait en faire autant à ce train là…). Il faut aussi compter sur le Mig-29K qui a remporté une nouvelle commande en Inde. Mais un Harrier III serait plus crédible grâce à l’image véhiculée par la réussite de l’appareil jusqu’ici (il équipe déjà la marine indienne).


Une petite conclusion


Notre lecteur a peut être pointé du doigt la nouvelle tendance lourde en Europe. Après les programmes des années 60-70, les sommets de Saint-Malo, ce serait le retour du partenariat franco-britannique. Dans les drones, un programme Harrier III ou de nouveaux projets dans les hélicoptères (le Super Lynx peut être mais l’EH101 serait peut être contradictoire avec le NH90 et le futur programme HTH dont nous reparlerons), voire un développement aéronaval commun, les possibilités sont grandes. De telles avancées restent conditionnées à une volonté politique forte. Et il faudra attendre les élections législatives en Grande-Bretagne et les choix faits par le nouveau gouvernement via un White Paper sur la défense. D’ici là, beaucoup d’eau aura coulé entre les rives de la Manche et il faudra suivre les discussions entre industriels et militaires pour tenter de voir dans quelle direction souffle le vent.

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dimanche 7 février 2010

Rafale et aéronavale britannique

Le 19 janvier dernier, Thibault Lamidel écrivait, dans son article Rafale Marine Biplace, JSF et collision :
Il existe donc l'hypothèse de pouvoir vendre le Rafale aux Anglais. L'accord pourrait être aisé en proposant à ces derniers de produire leur Rafale marine localement. Et même, de produire les Rafale marine français. L'occasion serait trop belle de reproposer le Rafale N pour équiper les deux marines.

Hypothèse farfelue ?

Peut-être... Ou pas du tout. Cela l'est moins si le JSF continue à s'effondrer. La crise qui touche les forces armées britanniques est bien réelle. L'argument financier fera mouche. Il porte déjà d'ailleurs, la commande anglaise de F-35 ayant été ramenée de 150 à 132. Et ce serait même 50 aujourd'hui. L'argument capacitaire joue pour beaucoup aussi. Un nouveau « White paper » doit voir le jour au Royaume-Uni. Est-ce que la Royal Navy disposera d'un seul porte-avions ? Sera-ce un CATOBAR ? Cette hypothèse est sérieusement envisagée par les Anglais puisqu'elle a même était chiffrée à 1 milliards de livres pour la "refonte" (alors même que les navires ne sont pas encore construits).
Mais si jamais la Royal Navy disposait d'un seul porte-avions, CATOBAR qui plus est, elle aurait les mêmes problèmes que notre marine pour entretenir son outil. Le soutien mutuel passerait par une coopération cordiale. Alors, quid du Rafale dans ces différentes hypothèses ?
Dans le "Livre Vert" de la défense publié par les Britanniques ces derniers jours, marqué par un contexte budgétaire serré, la coopération avec la France est mentionnée afin de leur permettre de participer à des guerres dans le futur. Ceci a notamment été commenté sur Zone d'Intérêt (Le Royaume-Uni s'interroge sur un partenariat de défense avec la France).

Le HMS Queen Elizabeth, prévu pour 2015

Le portail des sous-marins va plus loin en mentionnant une possible modification des porte-avions britanniques, en rappelant que le JSF version B pourrait faire les frais des recherches d'économies, pourquoi pas au profit...du Rafale :
Parmi les mesures d’économie envisagées, le gouvernement britannique pourrait abandonner l’idée d’acheter des JSF (F-35) version B (décollage vertical et appontage court).

Dans cette perspective, des sources expliquent que, parmi les mesures envisagées, la Royal Navy devrait faire appel à des avions de la marine nationale française pour armer ses porte-avions.
Pour rappel, le F-35 B avait été choisi par le MoD (Royal Navy et RAF) en 2002, ce qui suppose une version STOVL du porte-avions.

Mais la capacité CATOBAR (décollage assisté par catapulte, appontage à l'aide de brins d'arrêt) est prévue dans les spécifications, l'objectif initial étant de faire un navire "future proof". F-35 C, Rafale Marine et Typhoon, à décollage conventionnel, sont donc potentiellement concernés.

La version C du F-35 peut être privilégiée par le Royaume-Uni. Elle dispose d'une plus grande capacité d'emport et d'un plus grand rayon d'action que la B, et peut donc permettre une réduction du nombre d'unités commandées. D'ailleurs durant l'été dernier, la possibilité avait été évoquée dans la presse d'outre-Manche, le chiffre de 25M$ d'économie étant avancé pour chaque aéronef conventionnel.

Cependant en période de disette le choix du CATOBAR n'est pas évident, car les coûts opérationnels en sont plus importants. L'autre désavantage est que le Royaume-Uni et son industrie sont moins impliqués sur cette version du F-35 que sur la B.

Finalement, certains voient dans ces références au Rafale une sorte d'épouvantail agité par Lockheed Martin pour mettre un peu de pression sur les Britanniques et leur BID, sur le mode "la survie de votre industrie de défense en dépend".

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mardi 19 janvier 2010

Rafale Marine Biplace, JSF et collision par Thibault Lamidel

Suite à ses articles sur le programme nEUROn et les UCAV dans l'aéronavale, Thibault Lamidel nous livre ici une petite réflexion sur le Rafale Marine biplace. Comme à l'accoutumée, ses propos n'engagent que lui.

Dans la dotation de Rafale marine il était prévu une version biplace. Ce choix fut fait suite aux enseignements passés (Kosovo par exemple) et la prise en compte de l'évolution du métier de pilote, la charge de ce dernier ne cessant de s'alourdir. Car désormais en plus de gérer un appareil en vol il faut gérer un système d'armes de plus en plus complet. La team Rafale essaye d'ailleurs d'y remédier par la mise au point d'une interface homme-machine simplifiée par le recours à la reconnaissance vocale. Pour la marine par contre, il était plus naturel de s'orienter vers un biplace.

De l'autre côté de la Manche, le retour aux porte-avions classiques était là pour poser la question de l'appareil embarqué. C'est tout naturel. Le choix fût fait de s'orienter vers le programme Joint Strike Fighter développé en partenariat avec les États-Unis et d'autres États. Entre retombées industrielles et rationalisation le choix finit par se porter sur la version "Harrier" du JSF : le F-35B. La Royal Navy étant appelée à mutualiser son parc avec celui de l'armée de l'air depuis la fusion, regrettée, de l'aéronavale avec la Royal Air Force.

Cependant, pour peu que l'on s'intéresse à la chose, le programme JSF est depuis toujours dans une mauvaise passe. Et c'est à la croisée d'un projet français avorté et de menace anglaise d'acheter du Rafale face aux déboires programme JSF que le Rafale N continue à nous hanter.

Du Rafale BM au Rafale N

Un Rafale Marine
crédits : mer et marine

Le projet débuta dès 1999. On nomma le biplace marine « Rafale BM ». Mais de façon paradoxale, la version finit par prendre le nom de « N ». De sorte que c'est le biplace qui est « N » et le monoplace « M ».
Le prototype devait prendre l'air en 2005. Il était prévu que le canon soit supprimé pour réaliser cette version biplace. La verrière devait être agrandie en même temps que le cockpit. Ce qui impliquait que ce qui se trouvait derrière le cockpit alors soit déplacé ailleurs. L'emport de carburant réduit de 215 kg pour perdre le poids nécessaire devait permettre de rester ainsi capable d'être catapulté comme un monoplace. On imaginait alors de répartir les 60 Rafale marine en 25 M et 35 N.

L'épreuve ratée de la bosse budgétaire

Mais le projet est arrêté le 22 septembre 2004, l'état-major de la marine ayant dû faire un choix face aux 270 millions d'euros de développement impliqués ; mais aussi au doublement du personnel nécessaire à la mise en oeuvre de l'appareil. En période de disette, le choix a été fait d'avoir 60 monoplaces plutôt que de réduire le nombre d'appareils. De plus les crédits ont fini par se concentrer sur la mise au point du Rafale F3 « Roadmap » pour l'export (E.A.U.).

L'histoire s'arrête là ?

Le Royaume-Uni pourrait être le sauveur de cette version mort-née : les citoyens de sa Gracieuse Majesté se sont engagés dans le programme JSF (Joint Strike Fighter). On l'a dit dans l'article sur le programme nEUROn, cet engagement est le fruit du partenariat spécial entre Américains et Anglais. Ce dernier contenant des accords signés entre les deux gouvernements pour le développement commun de technologies furtives. Ce qui excluait de rejoindre le nEUROn. Cependant, la version « Harrier » du JSF est dans une zone de turbulence profonde qui pousse à s’interroger sur son avenir.

Un petit mot sur le programme JSF

Les Etats-Unis, épaulés par le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Italie, la Turquie, l’Australie, la Norvège, le Danemark, le Canada, Israël et Singapour sont les parties prenantes du programme Joint Strike Fighter. Il doit donner naissance à un avion de cinquième génération apte à prendre la relève des Harrier, F-16 et F-18 A/B, entres autres. Mais ce programme rencontre de lourdes difficultés depuis son lancement en 1996. Le prix unitaire ne cesse de grimper. Le nombre de commandes baisse inexorablement. Le programme s'étale. En somme, c'est une dérive généralisée. L'ambition (faire un F-22 au prix d'un F-16) y est sûrement pour quelque chose. Son origine aussi. Le JSF descend d'une grande lignée de programmes d'armement dont aucun n'a connu de fin réellement heureuse : sous-marin nucléaire d'attaque Seawolf (3 exemplaires), hélicoptère d'attaque Commanche (programme annulé), hélicoptère présidentiel (annulé), F-22 Raptor (187 exemplaires). Ces programmes ont été lancés, tous ou presque, à l’apogée de la lutte contre l’URSS. La technologie devant l'emporter face au nombre.

Image d'un JSF
crédits : fas.org

Le JSF qui doit donner naissance au F-35 est très lourdement discuté de l'Atlantique (USA, clients européens) au Pacifique (le Japon qui préférait le F-22, l'Australie de même).

Le Congrès américain a sauvé in extremis la version B (STOVL) en finançant la poursuite du développement de son réacteur spécifique. C'est cette dernière qui doit équiper les porte-avions britanniques. En son absence il reste la version C qui est plus classique (CATOBAR).

Cependant il existe un risque raisonnable que le programme n'aboutisse pas. Du moins, pas dans un temps raisonnable. Ses « ancêtres » accréditent cette hypothèse. Les 3000 commandes et quelques du programme JSF ne devant pas aveugler quant au manque de réussite de son développement.

Le Rafale N dans tout ça ?

Par deux fois il a été fait référence au Rafale en Angleterre. La première fois c'était en 2006 quand un journal britannique, le Financial Mail, avait prétendu que le gouvernement britannique s'intéressait au Rafale en lieu et place du JSF.

BRITAIN may consider buying up to 150 French fighter jets for two new-generation aircraft carriers scheduled to go into service with the Royal Navy in 2013.
If the Government went ahead with the £5bn deal, it would mean cancelling existing US contracts to supply aircraft for the carriers and could cause a major crisis in Anglo-American relations.
The unexpected verbal offer to buy the Rafale Marine jets came on January 24 when Defence Secretary John Reid met his opposite number, Michele Alliot-Marie, for crucial talks in London.
It followed well publicised difficulties between Britain and America on the Joint Strike Fighter (JSF) project, dogged by a row over sharing technology.
Effet attendu, une bombe explosa dans la sphère médiatique et le MoD anglais démentit. Mais le démenti ne fut pas vraiment ferme. De sorte que la thèse d'un coup de semonce contre les Américains, face aux difficultés du JSF, était la plus crédible. Deuxième référence, l'ancien pilote de la patrouille acrobatique de la Royal Air Force, Peter Collins, fait l'éloge du Rafale dans la revue Flight International.
The aircraft felt alive in my hands. I have never flown any aircraft that responded so instantly and so powerfully to stick input. The Mirage 2000 had previously been my favourite FBW aircraft in terms of handling qualities, but the Rafale with its DFCS betters it in every aspect of handling by a significant margin. […] At 450kt, the same steady-state roll rate was achieved, but the rate of roll onset was simply staggering. I have never experienced any fighter aircraft start or stop to roll so quickly. […] In close formation, I initially found the Rafale over-sensitive in pitch, but telemetry informed me that I was holding the sidestick too high up, and after changing my grip, I could hold echelon position without problem. However, it was another clear indication of just how agile the aircraft is. […] The aircraft can be flown in a “bang-bang” manner between axes, rather than requiring “rolling pulls”. The Rafale is an outstanding close-in dogfighter whenever it wants to be. […] I could not fault the carefree handling characteristics or the throttle response of the Rafale in any regime, and the only limit I ever had to remember in the flight was the gear limit (230kt). The Rafale was an absolute pleasure to fly, while remaining almost unbelievably responsive.
La revue centenaire a une assise profonde dans le monde de l'aéronautique. La qualité du pilote, à la carrière très riche, qui se prononce, fait encore une fois l'effet d'une bombe. Quand on proclame que le Rafale est certainement le meilleur avion de sa génération, on ne pouvait pas attendre mieux.
C'est donc une ouverture outre-manche qui a été faite au Rafale. Il existe donc l'hypothèse de pouvoir vendre le Rafale aux Anglais. L'accord pourrait être aisé en proposant à ces derniers de produire leur Rafale marine localement. Et même, de produire les Rafale marine français. L'occasion serait trop belle de reproposer le Rafale N pour équiper les deux marines.

Hypothèse farfelue ?

Peut être... Ou pas du tout. Cela l'est moins si le JSF continue à s'effondrer. La crise qui touche les forces armées britanniques est bien réelle. L'argument financier fera mouche. Il porte déjà d'ailleurs, la commande anglaise de F-35 ayant été ramenée de 150 à 132. Et ce serait même 50 aujourd'hui. L'argument capacitaire joue pour beaucoup aussi. Un nouveau « White paper » doit voir le jour au Royaume-Uni. Est-ce que la Royal Navy disposera d'un seul porte-avions ? Sera-ce un CATOBAR ? Cette hypothèse est sérieusement envisagée par les Anglais puisqu'elle a même était chiffrée à 1 milliards de livres pour la "refonte" (alors même que les navires ne sont pas encore construits).
Mais si jamais la Royal Navy disposait d'un seul porte-avions, CATOBAR qui plus est, elle aurait les mêmes problèmes que notre marine pour entretenir son outil. Le soutien mutuel passerait par une coopération cordiale. Alors, quid du Rafale dans ces différentes hypothèses ?

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mardi 8 décembre 2009

Les armes nucléaires françaises et britanniques à mettre au rebut ?

A l'occasion de la 57ème session plénière de l'Assemblée de l'UEO, le parlementaire britannique Michael Hancock a appelé ce mercredi 2 décembre la France et le Royaume-Uni à se débarrasser de leurs arsenaux nucléaires :
Aucun des deux pays n’utilisera ses armes nucléaires en premier et aucun n’a les moyens de les garder
Michael Hancock
crédits : Conseil de l'Europe


Cette déclaration a été faite lors de la présentation d'un rapport de novembre 2009 portant sur Les développements en cours en matière de non-prolifération et de désarment nucléaires. Même si ce rapport est bien entendu plus orienté vers les pays nucléaires "officieux" (Pakistan, Inde, Corée du Nord, Israël) ou en passe de le devenir (Iran), il exhorte à une dénucléarisation généralisée, soulignant que START 1, datant de 1991, arrive à expiration, et appelant la Chine à jouer un rôle accru sur ce sujet.


Selon lui l'initiative Global Zero, lancée en décembre 2008 et visant à l'élimination totale des armes nucléaires (et qui a pour signataires notables Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski, Desmond Tutu, Anthony Zinni, Carl Bildt ou Yasuo Fukuda), serait la seule solution ; la dissuasion nucléaire ayant montré son inefficacité, puisque dans le cas contraire
tous les pays en seraient dotés
De façon plus concrète et cour-terme, le rapport susmentionné appelle notamment à l'élaboration d'une une stratégie commune à l’UE et aux USA avant l’ouverture de la Conférence d’examen du TNP en mai 2010 à New York.

***

Ayant assisté en partie à la session plénière de l'AUEO, je ferai très bientôt un petit compte-rendu des débats relatifs à la perception de l'élargissement de l'UE par les opinions publiques.

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jeudi 16 juillet 2009

Cyber-sécurité au Royaume-Uni

En même temps que les États-Unis et la France, le Royaume-Uni commence à intégrer la cybersécurité dans sa stratégie de défense globale, selon un rapport du Cabinet Office datant de la fin juin.

Pour introduire ce rapport, le PM Gordon Brown a déclaré, dans des élans qui rappellent ceux de Barack Obama quelques semaines avant lui :
Just as in the nineteenth century we had to secure the seas for our national safety and prosperity, and in the twentieth century we had to secure the air, in the twenty first century we also have to secure our position in cyber space in order to give people and businesses the confidence they need to operate safely there. That is why today I am announcing - alongside our updated National Security Strategy - the UK’s first strategy for cyber security.
Les éléments majeurs qui s'en dégagent :
  • les infrastructures informatiques sont des actifs majeurs du pays
  • elles sont également, et cela va en croissant, des cibles de choix pour des adversaires de tous types
  • il est nécessaire de coordonner une approche mobilisant les acteurs publics (notamment les forces de police chargées de la cybercriminalité) et privés
  • cette coordination passe par la création d'un Office of Cyber Security (OCS) chargé de définir les orientation stratégiques et d'un Cyber Security Operations Centre, dont la responsabilité sera de surveiller le cyberespace et de permettre des réponses plus rapides face aux différentes menaces

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vendredi 10 juillet 2009

Bêtisier des services secrets britanniques

Le Monde offre un petit récapitulatif des "gaffes" des services secrets et de sécurité britanniques ayant fait les choux gras des médias ces derniers temps : perte ou oubli de documents sensibles dans des lieux publics, affaire Facebook, démission du chef de l'antiterrorisme de Scotland Yard... les occurrences ne manquent pas.

Un pendant comique (et/ou inquiétant) aux cas de "fuites" décrits par Olivier Kempf et qui concernent le Ministère des Affaires Étrangères français, à la sauce Benny Hill / Johnny English.


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jeudi 9 avril 2009

The Weakest Link puissance 100

Ainsi donc, une nouvelle bourde entachant la lutte antiterroriste fait la Une au Royaume-Uni. Et en plus celle-ci émane d'un chef de Scotland Yard : Bob Quick, photographié avec des documents confidentiels, portant sur une opération visant 11 personnes, bien lisibles sous le bras ! Apparemment, cela a simplement précipité l'action des forces de l'ordre, sans la compromettre. Mais les conséquences auraient pu être autrement plus importantes pour la sécurité du Royaume-Uni que sa seule démission.

Et dire que pas plus tard que ce matin je m'étonnais des voir des gens lisant tranquillement de la documentation potentiellement sensible dans les transports en commun. Mais si même les chefs de l'antiterrorisme s'y mettent !

Comme quoi, tout peut se jouer à peu de chose. Evidemment, une erreur d'inattention, notamment dans un contexte de stress permanent, est toujours possible. Mais il est évident que le type d'information manipulée ici (identité des personnes visées par l'antiterrorisme) n'a pas à se retrouver dans la sphère OSINT. Les esprits les plus complotistes pourraient éventuellement se dire qu'il y a anguille sous roche...

Pour le moment, toujours pas de loi en vue outre-manche concernant une interdiction aux journalistes de prendre des photos d'officiels portant des documents sous le bras !

On ne soulignera jamais assez l'importance du facteur humain, qu'il soit actif ou passif, que ce soit dans une posture offensive ou défensive. Ceci est d'autant plus prégnant dans le contexte d'une société relativement ouverte où l'image et la diffusion de l'information ont acquis une telle importance.
***
Voir aussi :

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jeudi 12 juin 2008

The Weakest Link

A l'heure de la guerre de l'information, où la technologie est utilisée de façon de plus en plus poussée à la fois pour la protection mais aussi l'acquisition de données plus ou moins confidentielles, le maillon faible, car le plus difficile à maîtriser, est souvent humain.

La nouvelle rapportée par la BBC en est un bon exemple : un fonctionnaire du Cabinet Office a égaré par mégarde un document sensible sur Al-Qaïda dans un train de banlieue. Même si les journées de travail peuvent être chargées dans la fonction publique et qu'il y a sûrement du rab pour le soir, on peut sérieusement s'interroger sur l'opportunité de lire de tels documents hors du bureau, en public.

De quoi rappeler que certes le SIGINT ou autre IMINT sont nécessaires et apportent énormément (défensivement et offensivement), mais on ne peut passer à côté de l'HUMINT, ou aspect "humain" du renseignement, notamment quand les ennemis se placent sur ce terrain. Evidemment c'est moins "high-tech", moins flashy, et moins "exact"...mais parfois beaucoup plus dévastateur.

Et ceci est valable pour le renseignement d'Etat mais aussi pour la sécurité des entreprises : quelle que soit la pertinence et le coût des outils technologiques mis en place, il est souvent possible de les contourner, même sans penser à mal, de l'intérieur. La sécurité est donc, même passivement, l'affaire de tous (et même des agents d'entretien).

Et encore, on a de la chance que TEMPEST (technique permettant de convertir des rayonnements électromagnétiques, émis par exemple par un ordinateur, en données intelligibles) ne soit pas encore, comme le prévoient certains futuristes, utilisable pour "lire les pensées" d'autrui. Si cela arrive un jour, il faudra porter des cages de Faraday autour de la tête, ce qui sera passablement seyant.

Tout ça me fait penser à l'époque où j'étais à l'école, un fonctionnaire de la DST faisait le tour des amphis de France (et j'espère que cette initiative s'est développée) pour sensibiliser les futurs cadres (notamment les scientifiques) aux bonnes pratiques de l'intelligence économique...car si les ingénieurs français sont renommés pour leur bon niveau technique, ils sont aussi connus pour laisser échapper assez facilement, volontairement ou non (conversation à la terrasse d'un café, dossier lu dans un train, ordinateur laissé en évidence dans une chambre d'hôtel...) des informations sensibles.

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