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jeudi 11 avril 2013

Café Stratégique du 11/04 : Séries TV et sécurité internationale


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dimanche 24 juin 2012

Défense et des bulles – juin 2012 : Notre mère la guerre de Kris et Maël


J'ai eu un gros coup de coeur pour le premier tome (« Première complainte ») de Notre mère la guerre, par Kris au scénario et Maël au dessin. Certes, j'ai un faible pour les BD traitant de la Première Guerre Mondiale (voir par exemple Le soldat inconnu vivant), mais celle-ci vaut vraiment le détour.
Janvier 1915, sur le front de la der des ders, en Champagne pouilleuse, l'histoire rencontre l'Histoire quand trois femmes sont retrouvées assassinées, toutes avec une lettre d'adieu signée de la main de leur meurtrier.

Le lieutenant Vialatte, gendarme originaire du Sud-Ouest (Tarn-et-Garonne), catholique et humaniste, amateur de Péguy et qui a grandi avec une image « romantique », selon ses propres termes, de la guerre, est chargé de l'enquête. Il se heurte rapidement à l'Etat-Major, qui veut rapidement clore l'affaire, mais également aux Poilus, qui voient d'un mauvais oeil un « cogne » de l'arrière venir les accuser de meurtre, alors qu'ils tentent tous les jours de survivre à l'hiver rigoureux et aux obus allemands.
La barrière qui le sépare des autres personnages est ainsi explicitée par un échange avec un capitaine d'infanterie :
- Mais lui a-t-on dit, à votre général, que les gendarmes sont des militaires ?
- Des militaires, oui... mais pas des soldats..
Au travers du lieutenant Vialatte, le lecteur découvre progressivement le quotidien de la ligne de front, entre échanges de tirs avec le camp adverse, stress post-traumatique et cambriolages des tranchées pendant les phases de repli. Le dessin et l'encrage particulièrement léchés contribuent fortement à créer une atmosphère sombre voire désespérée, synthèse réussie des genres du polar noir et du récit de guerre. Les dialogues, remplis d'argots régionaux et d'époque, sont particulièrement vivants et colorés. Les allusions politiques restent subtiles, notamment lors des échanges entre le gendarme et un caporal « internationaliste » mais consciencieux et dévoué à ses hommes (il faut dire que depuis août 1914 « le socialisme s'est découvert patriote »). Le style est très différent de celui d'un Tardi (Putain de guerre !) mais l'effet est tout aussi fort.
Certes, depuis un certain temps les films, documentaires, romans et bandes-dessinées sur la Grande Guerre s'accumulent, en véhiculant plus ou moins le même type de message, mais on lit d'une traite l'histoire de cet idéaliste qui tente de préserver la dignité humaine et la recherche de la vérité au milieu de l'enfer. Particulièrement quand il s'entend dire par un pauvre bougre envoyé en première ligne, en référence à la mort de Gavroche dans Les Misérables :
Les livres mentent. Et ceux d'Hugo en premier. Quand on meurt, sur la barricade ou dans la tranchée, on ne chante pas. On chie dans son froc.
Je viens de me plonger dans le deuxième tome, qui commence par une séquence assez "graphique" (calque de l'anglais) illustrant une offensive, que l'on peut résumer par le dialogue suivant :
- Bon... certain de sa mort ? Vous avez vérifié le corps ?
- Son corps ? Il était éparpillé sur mon visage, mon lieutenant...

P.S. : au passage, je signale à tout hasard que l'excellent Capitaine Conan de Betrand Tavernier figure au nombre des chefs d'oeuvre du film de guerre de la collection créée par Guerres & Histoire. A voir absolument !

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lundi 28 mai 2012

Défense et des bulles – mai 2012 : Des soldats d’honneur (Donjon)


Tous les fans de BD franco-belge connaissent la série d’heroic fantasy Donjon, créée par Lewis Trondheim (Lapinot, Les cosmonautes du futur…) et Joann Sfar (Le chat du rabbin, Le minuscule mousquetaire, Socrate le demi-chien…) en 1998, et constituée à ce jour de plus d’une trentaine d’albums– un rythme assez exceptionnel pour de la bande-dessinée, bien que la dernière publication remonte à 2009.
S’inspirant du jeu de rôle Donjons et Dragons, elle est centrée sur l’histoire d’un Donjon, où des aventuriers viennent tenter leur chance de rafler une partie du trésor, bien gardé par toute une troupe de monstres et autres guerriers, placés sous l’autorité bienveillante du Gardien.
L’originalité tient au fait que les histoire sont racontées du point de vue de ces derniers, et non des intrépides aventuriers qui presque tous sans exception viennent mourir leur épée à la main. A noter, comme très souvent chez Trondheim, que les personnages sont tous des bipèdes de diverses espèces (chiens, oiseaux, reptiles) anthropomorphiques.
La série, ni historique ni militaire, mais au sein de laquelle la guerre est omniprésente, est elle-même découpée en cinq sous-séries :
  • Donjon Potron-Minet, qui raconte la jeunesse du gardien, avant la création du Donjon
  • Donjon Zénith, ou l’époque de la splendeur du Donjon
  • Donjon Crépuscule, après la chute du Donjon, qui se déroule dans un monde post-apocalyptique
  • Donjon Parade, des aventures plutôt humoristiques centrées sur deux des personnages principaux, chronologiquement au milieu de Donjon Zénith
  • Donjon Monsters, dont chaque album sert de « back story » à l’un des personnages secondaires de Donjon Porton-Minet, Donjon Zénith ou Donjon Crépuscule
Pour la chronique de ce mois-ci, je souhaite faire un focus plus particulier sur le Tome 10 de Donjon Monsters, intitulé Des soldats d’honneur, se situant chronologiquement entre Donjon Zénith et Donjon Crépuscule, et pour lequel Sfar et Trondheim au scénario se sont adjoints les services de Bézian au dessin (la collaboration avec des dessinateurs différents pour chaque album est l’une des caractéristiques de Donjon Monsters).
L’on y suit deux frères draconistes (terme jamais vraiment défini à ma connaissance, mais désignant des reptiliens adeptes d’une religion de type chamanique), membres de la Géhenne, l’armée du Grand Khan, qui règne alors sur le Donjon et une grande partie de Terra Amata, la planète de la série Donjon.
Initialement, ils sont totalement dévoués à leur empereur, comme en témoigne le quatrième de couverture :
Le Grand Khan est notre chef et je luis obéis aveuglément. Être sous les ordres d’un tel leader est un privilège rare. Il illumine nos vies et comble nos incertitudes. Je donnerais ma vie pour lui. D’autant plus qu’il la prendrait si je ne la lui offrais pas.
Tellement dévoués qu’ils prennent très à coeur un poste de surveillance insignifiant, à la finalité inepte, qui consiste principalement à combattre des cailloux. Mais suite à la faute de l’un d’entre eux, lourdement condamné pour l’exemple, ils vont s’embarquer dans une quête pendant laquelle ils vont commencer à se poser des questions, sur le sens de l’honneur, de leur engagement, de leur vie.
Il s’agit probablement de l’un des albums les plus singuliers de l’ensemble de la série.
Premièrement, parce qu’il peut se lire de façon totalement indépendante, n’ayant qu’un lien ténu avec l’histoire principale de Donjon Crépuscule, même si seuls ceux qui ont lu Donjon Crépuscule pourront en apprécier l’ensemble des subtilités.
Ensuite parce qu’il est noir, très noir. L’humour qui marque la plupart des albums, dans les situations ou les dialogues, est ici totalement absent. Le dessin de Bézian y est certainement pour quelque chose : très crayonné, très sombre – il en existe d’ailleurs une série limité en noir et blanc – dans un récit où la mort est omniprésente, alors que les autres albums de Donjon sont dans l’ensemble très colorés.
Troisième caractéristique, ajoutant à l’effet mélancolique, l’absence de dialogue, laissant la place au monologue intérieur, à la manière d’une voix off, de l’un des deux frères draconistes. Ses ruminations exposent peu à peu, même de façon inconsciente, les côtés absurdes de la guerre, de l’obéissance aveugle et du sens de l’honneur poussé à l’extrême.
En conclusion, il s’agit de mon point de vue de l’un des meilleurs tomes de Donjon, toutes séries confondues, même s’il n’est pas représentatif du reste de la série, dont j’espère voir la suite publiée très bientôt.

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samedi 26 mai 2012

Jeu concours Guerres & Histoire : les résultats

Merci à tous les participants au jeu concours organisé sur mon blog !


Je n'affiche pas les commentaires pour ne pas révéler les emails, mais parmi vos films de guerre préférés figurent Inglorious Basterds, Le jour le plus long, Stalingrad, Les canons de Navarone, Le Crabe Tambour, La grande vadrouille, Il faut sauver le soldat Ryan, Les sentiers de la gloire, Apocalypse Now, Patton, La chute du faucon noir, Platoon, Le pont de la rivière Kwai, Rambo, Full Metal Jacket, Lettres d'Iwo Jima, Mémoires de nos pères, Stalag 17 et Un pont trop loin. Ceci témoigne d'un bel éclectisme. 

Les gagnants des lots offerts par Guerres & Histoire (le premier DVD "Mer cruelle" et le livret de la collection Chefs d'oeuvre du film de guerre) sont : jerome69, verototo, quitterie, ikast et fredo. Je vous transmets un email auquel je vous remercie de répondre avec vos coordonnées postales pour Guerres & Histoire.

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samedi 28 avril 2012

Iron Man lives again... again

Je signale le billet de Guilhem Penent sur Iron Man, dans le cadre de la chronique "Quand la guerre fait son cinéma" sur le site de l'Alliance Géostratégique.

Au passage, je rappelle que j'avais moi-même commis un petit article lors de la sortie du premier opus en 2008 (le temps passe vite !) : Iron man lives again !

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samedi 17 septembre 2011

Les meilleurs ennemis (première partie 1783 / 1953) par Jean-Pierre Filiu et David B.

Les meilleurs ennemis, vise, comme l'indique son sous-titre à retracer l'histoire des relations entre les Etats-Unis et le Moyen-Orient (étendu au Maghreb) depuis la création de l'actuelle plus grande puissance mondiale, c'est-à-dire la fin du XVIIIe siècle.
Lien



Ce premier tome, plus roman graphique que bande dessinée, insiste sur trois temps forts :


  • la guerre contre le pacha de Tripoli au début du XIXème siècle, à une époque où l'armée américaine compte un millier d'hommes

  • l'accord entre le président Roosevelt et le roi d'Arabie Saoudite Ibn Saoud au début des années 1940 (première réelle incursion des USA en Arabie pour des raisons pétrolières)

  • la fameuse Opération Ajax ayant abouti en 1953 au départ du premier ministre iranien Mossadegh, coupable d'avoir voulu nationaliser l'AIOC


En parallèle de la montée en puissance américaine, on assiste en miroir à la perte irrémédiable d'influence des Français et des Britanniques dans la région. Sans céder à l'antiaméricanisme (à la différence d'Une histoire populaire de l'Empire américain), les auteurs égratignent les différents protagonistes (qu'ils soient européens, américains, arabes ou iraniens) en exposant, certes en simplifiant un peu, leurs motivations et travers. Où le fait que Khomeini, alors jeune mollah, fut l'allié objectif des Américains en dénonçant le gouvernement de Mossadegh, se rappelle à notre bon souvenir.

A noter cependant, dès la première page du livre, une incroyable erreur : Gilgamesh d'Uruk (utilisé ici comme une parabole), cela ne remonte pas à 2400 ans mais à 2700 avant JC.

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lundi 12 septembre 2011

La Chine monte en puissance dans le... vin rouge

Dans mon intervention lors du colloque Guerre et Economie du 1er juillet dernier, je citais la viticulture comme exemple de secteur dans lequel une position française forte n'est pas immuable.



Petit clin d'oeil, un vin chinois a remporté le prix Decanter dans la catégorie "Bordeaux rouges internationaux de plus de £10". Bien évidemment, le responsable du domaine a été formé en France.

Pas d'alerte à très court-terme, ceci dit voilà encore un signe qu'il ne faut pas se reposer sur ses lauriers (qui pour certains commencent à être bien poussiéreux), sous peine de réveil très brutal, ou de très lente glissade.

Toujours est-il que d'après mes propres observations, il y a encore un peu de marge pour que l'excellence atteigne les rayons des Jialefu. Mais attention aux volumes (et aux contrefaçons) !

N'oublions pas que les Chinois investissent également le marché du foie gras.

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vendredi 15 juillet 2011

2012 : le G8 en sauveur de l'humanité ?


[Attention : ce qui suit contient des spoilers]

J'ai vu récemment 2012, ce chef-d'oeuvre d'anticipation du grand Roland Emmerich. Je sais c'est pas glorieux. Un détail m'a interpelé dans ce film par ailleurs extrêmement crédible (il n'est évidemment pas question de parler de "réalisme" pour ce genre de divertissement). Le président des États-Unis, interprété par Danny Glover, lorsqu'il apprend la nouvelle de l'imminence de la catastrophe, en 2009 (ce qui laisse tout de même trois ans pour venir voir le cataclysme), décide derechef d'échafauder un plan avec... les autres dirigeants du G8 (Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Canada, Russie).

Eh bien figurez-vous qu'en 2012, le super plan a porté ses fruits au travers de super arches embarquant quelques (milliers de) happy few vers le renouveau de l'espèce humaine. Bien sûr, Himalaya oblige, les Chinois ont fait le gros du travail, même si on ne voit pas la tête d'un leader du PCC de toute l'histoire. Il est à noter que le tournage du film, sorti sur les écrans du monde entier en novembre 2009, a commencé à l'été 2008, juste avant la montée en puissance du G20 (premier sommet réunissant les chefs d'états ou de gouvernements en nombre 2008 à Washington). Ceci dit, cette poussée de multilatéralisme de la part des USA fait très "fin du XXème siècle", peu en phase avec les réalités du monde actuel. Même si Barack Obama a réaffirmé très récemment que l'Occident restait "le plus grand catalyseur d'action mondiale".

La photo de famille lors du sommet du G20 à Washington (15 novembre 2008)
crédits : Wikimedia Commons


On en vient à penser que finalement, les films où les Américains assument seuls l'avenir de l'humanité sont quand même moins incroyables...

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lundi 4 juillet 2011

Liste de lecture prévisionnelle pour la période estivale

Les beaux jours sont là, à défaut des vacances, donc voici quelques ouvrages que je compte lire dans les prochaines semaines (sans aucune garantie, n'étant pas maître de mon emploi du temps).


Michel Kerautret : Histoire de la Prusse



Edouard Pflimlin : Le retour du Soleil Levant, La nouvelle ascension militaire du Japon



Yves Lacoste : Ibn Khaldoun, naissance de l'Histoire, passé du tiers monde


André Clot : L'Egypte des Mamelouks, L'Empire des esclaves : 1250-1516



Olivier Kempf : L'OTAN au XXIe siècle


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lundi 9 mai 2011

Obama, Osama et le micro-management

Un petit détournement (non inédit !) d'une des désormais fameuses images de la Situation Room de la Maison Blanche, montrant un POTUS vraiment au coeur de l'action.


Mullen paraît tendu avant le frag, alors que Webb rentre les cheat codes pour l'assaut final.

Lire également : raccourcissement et intégration de la boucle OODA, double danger.

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lundi 4 avril 2011

Souvenirs de Madrid...


Quelques photos autour d'un thème commun (lequel ?) prises à Madrid en février 2011...











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lundi 3 janvier 2011

Byzance: L'Empire Romain d'Orient par Jean-Claude Cheynet

Profitant des vacances pour combler une partie de mes lacunes en histoire, j'ai compulsé avec beaucoup d'intérêt Byzance : L'Empire Romain d'Orient (Armand Collin, 2007, 192 pages) par Jean-Claude Cheynet, historien spécialiste de l'Empire Byzantin.


L'ouvrage est découpé en trois grandes parties :
  • L'Empire Romain d'Orient (330 - 718)
  • L'Empire Médiéval (718 - 1204)
  • De l'Empire à la Ville-Etat (1025 - 1453)

De Constantin Ier et l'inauguration de Constantinople en 330, jusqu'à la chute finale face aux Ottomans en 1453, en passant par Justinien II, Héraclius, Basile II, Manuel VIII Paléologue, les Croisades, les fréquentes querelles internes, les sièges de Constantinople, les luttes face aux Perses, Arabes, Slaves, Seldjoukides, Ottomans (et autres peuples issus de la steppe), Latins, les bisbilles entre Venise et Gênes... plus de 1000 ans d'histoire sont ainsi passés en revue.

Au-delà des aspects chronologiques (légers sur l'époque "médiévale", entre 800 et 1100), l'ouvrage détaille dans des chapitres séparés, pour les différentes époques (avec parfois des chevauchements compliquant la compréhension du béotien), les aspects démographiques, sociologiques, économiques, politiques, fiscaux, protocolaires et religieux. Ces derniers sont particulièrement développés :
  • Sont notamment détaillés les relations - et leurs évolutions - entre empereur et patriarche(s) et entre chrétiens "romains" et "orthodoxes", même si l'évocation des schismes (hormis celui de Photius en 867) est plutôt succincte.
  • La christologie trouve quant à elle une place de choix, entre arianisme, nestorianisme et monophysisme, au travers notamment des conciles de Nicée, Constantinople ou Chalcédoine et leurs suites (églises syriaque, copte, arménienne)
  • Sont décrits les iconoclasmes du VIIIème et IXème siècle
Bref, j'ai appris énormément de choses, même si l'accumulation
  • de tribus et autres "nations" (cf. plus haut, en ajoutant notamment les Avars, Mongols, Ghassanides, Francs, Vandales, Petchénègues, Bulgares, Hongrois, Arméniens, Mamelouks, Danishmendides et j'en passe)
  • de villes et régions européennes et asiatiques (Cilicie, Phrygie, Thessalie, Epire, Antioche, Monts Athos, Trébizonde, Nicée, Andrinople, Dyrrachion, Mistra, Césarée, Varna, Nicolopolis, Skopje...)
  • d'empereurs, patriarches et dirigeants d'autres sociétés
  • de noms de familles et dynasties byzantines (Doukas, Phocas, Comnènes, Paléologues, Anges...)
  • de titres (archonte, exarque, drongaire, mégaduc, higoumène, domestique, protovestiaire, basileus, éparque...) et dignités (césar, sébaste, patrice, magistre...)
  • sans oublier la foultitude de termes grecs (pronoia, pakton, oikos, doulos, chorion, chrysobulle, dynatos...) utilisés notamment pour la description des dimensions administratives, protocolaires et fiscales...
...rend fréquents les retours en arrière ainsi que la consultation du glossaire et des quelques cartes fournies en fin de chapitres (on en voudrait d'ailleurs plus pour bien comprendre les dynamiques d'extension - rétractation territoriales). D'autant plus que la plupart des termes changent de sens au cours du temps (rappelons que plusieurs siècles sont embrassés en moins de 200 pages) ; et que l'auteur a dans les chapitres "non chronologiques" tendance à déflorer des noms, lieux, évènements, avant de les avoir couverts d'un point de vue historique, voire à évoquer une personne donnée sans la présenter (dates extrêmes, filiation, titre exact) ou un évènement sans donner sa date. Pour un lecteur néophyte, cela rend la compréhension parfois difficile.

Quelques remarques pour finir :
  • il est intéressant de noter que sur des évènements identiques (par exemple les conquêtes arabes ou ottomanes), Jean-Claude Cheynet met beaucoup plus l'accent sur les facteurs internes à l'Empire Byzantin (querelles dynastiques, tensions interconfessionnelles, volontés d'autonomie des provinces...) qu'un John Keegan, spécialiste de l'histoire militaire, dans son Histoire de la guerre, qui lui met en avant les aspects civilisationnels et guerriers.

  • Marc Ferro, dans son Des Grandes Invasions à l'an mille, présente les querelles iconoclastes comme l'une des causes majeures des conquêtes arabes initiales aux dépens de l'Empire Romain d'Orient... alors que chronologiquement, la plupart de celles-ci ont été réalisées dès le VIIème siècle, sous les premiers califes, soit avant le premier iconoclasme

  • Le quatrième de couverture commence ainsi : "L'Empire Romain d'Orient a vu les jours sur les rives du Bosphore, lorsque Constantin, premier empereur romain chrétien, fonda la nouvelle Rome, Constantinople, plus tard appelée Byzance". Il me semble qu'il y a ici une petite erreur : la cité impériale a été fondée par les Grecs plus de 5 siècles avant JC, et s'appelait originellement Byzance. Le nom de Constantinople lui fut donné postérieurement, en 330 lors de l'inauguration par Constantin Ier. Par contre, il est vrai que le terme d' "Empire Byzantin" a été forgé a posteriori, au XVIème siècle, par l'historien Hieronymus Wolf, et que les Romains d'Orient ne s'appelaient pas eux-mêmes "Byzantins"

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mercredi 22 décembre 2010

Jeux du Colonel Blotto : une étude expérimentale

Pour ceux qui s'intéressent à la théorie des jeux, en particulier les jeux à somme nulle, et il y en a en France ne serait-ce que si l'on en juge par la place que prend l' "intelligence économique", je conseille l'étude expérimentale autour des jeux du Colonel Blotto (moins connus que le dilemme du prisonnier) réalisée par trois étudiants du MIT fin 2009 : An Experimental Study of Classic Colonel Blotto Games.

La théorie des jeux, voilà un thème sur lequel je reviendrai prochainement (il est déjà temps de prendre de bonnes résolutions pour l'année qui vient !).

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lundi 20 décembre 2010

Quelques ouvrages à glisser sous le sapin

S'il reste de la place dans la hotte du Père Noël, voici quelques ouvrages lus (mais pas forcément parus) cette année, et dont j'ai déjà parlé, que je recommande pour bien finir 2010 :


Sur Clausewitz de Raymond Aron



Histoire de la guerre de John Keegan



Le casque et la plume d'Olivier Kempf



Res Militaris de Michel Goya



Cyberguerre et guerre de l'information sous la direction de Daniel Ventre



La géopolitique et le géographe d'Yves Lacoste



La guerre des Gaules de Jules César



Mao stratège révolutionnaire de Gérard Chaliand


Voir aussi ma bibliothèque.

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samedi 18 décembre 2010

A lire : le repas du guerrier

A lire sur Lemonde.fr, un article sur les rations alimentaires des soldats des différents contingents engagés en Afghanistan : Le repas du guerrier.


Voir également le portfolio qui illustre les différents menus qui font le régal des soldats américains, français, italiens ou sud-coréens.

Bon appétit !

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vendredi 8 octobre 2010

Quelques ouvrages relatifs à la cyberguerre

Pour approfondir la réflexion en cours sur l'Alliance Géostratégique, voici une petite liste d'ouvrage relatifs à la cyberguerre ou à des thématiques connexes (sécurité dans le cyberespace, guerre de l'information, guerre électronique...).

Il ne s'agit bien évidemment pas d'une bibliographie exhaustive, d'ailleurs je vous remercie d'avance pour toutes vos suggestions additionnelles.


***

Cyberguerre et guerre de l'information. Stratégie, règles et enjeux

Ouvrage collectif, sous la direction de Daniel Ventre, Lavoisier, 2010

Une exploration du concept de cyberguerre et des rapports de force dans le cyberespace. A signaler, l'article "Intelligence, the first defence ? La guerre de l'information dans son rapport à la surprise stratégique" de Jospeh Henrotin

couverture_cyberguerre-daniel-ventre

La guerre de l'information

Daniel Ventre, Lavoisier, 2007

Une analyse en profondeur du concept de guerre de l'information, avec des descriptions très poussées de la situation aux États-Unis, en Chine, en Inde, en Russie, au Japon et à Singapour.

daniel-ventre-guerre-info

La cybersécurité

Nicolas Arpagian, PUF, 2010

Une introduction dans le format "Que sais-je ?" aux tenants et aboutissants de la cybersécurité, avec parfois quelques raccourcis (notamment sur les aspects techniques) et un manque de liant entre les différents chapitres

nicolas-arpagian-cybersecurite_g

La cyberguerre. La guerre numérique a commencé

Nicolas Arpagian, Vuibert, 2009

Une analyse des récents évènements en Estonie, en Géorgie ou en Chine ainsi que des différentes parties prenantes étatiques, internationales ou privées qui se disputent la gouvernance du cyberespace, depuis l'apparition d'ARPANET en 1969.

nicolas-arpagian-cyberguerre

Surveillance électronique planétaire

Duncan Campbell, Allia, 2003

Le rapport rédigé pour le Parlement européen sur Echelon, le système de surveillance électronique mis en place par les Etats-Unis, permettant d'espionner conversations téléphoniques, fax ou emails à l'échelle du globe.

campbell_surveillance

War 2.0. Irregular Warfare in the Information Age

Thomas Rid et Marc Hecker, Praeger Security International, 2009

Le titre est autoporteur, mais voir également l'article de Stéphane Taillat consacré à l'ouvrage sur Alliance Géostratégique (L'internet social et la guerre 2.0).

war202

Cyberwar: the next threat to national security and what to do about it

Richard A. Clarke, ECCO Press, 2010

Les cyberarmes sont légion, les USA sont vulnérables, le Pentagone est pénétré par des espions étrangers... un appel d'un expert américain au lancement du débat public sur les risques de cyberguerre.

cyberwar

Inside Cyber Warfare. Mapping the Cyber Underworld

Jeffrey Carr, O'Reilly, 2009

Des informations assez fouillées sur la cybercriminalité et notamment le marché aux logiciels malveillants, aux cyberdonnées volées, ou la géographie des pirates informatiques des Etats-Unis à la Russie. Ce livre décrit notamment le processus de développement d'un malware ou de planification d'une cyberattaque.

cyberwarfare

La France dans la guerre de l'information. Information, désinformation et géostratégie

Jacques Myard, L'Harmattan, 2006

Rapport parlementaire, principalement focalisé sur les stratégies de désinformation médiatique à l'ère de l'Internet (avec des gros morceaux de offline), développant notamment les exemples du Rwanda et des préparatifs et du début de l'opération Iraqi Freedom.

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La guerre électronique. Maître des ondes, maître du monde...

Général Jean-Paul Sifre, Lavauzelle, 2005

Ouvrage posthume d'un des pionniers de la guerrélec en France. Assez technique, mais offrant un panorama assez complet du champ de bataille électromagnétique, complément essentiel du cyberespace.

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Terroristes et Internet

Limore Yagil, Trait d'Union, 2002

Un essai assez intéressant, vu son âge (huit ans, soit une éternité dans le cyberespace), sur les enjeux et les dangers de la rencontre du terrorisme et du réseau des réseaux.

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Halting State

Charles Stross, Orbit, 2008

Un roman, pas facile d'accès pour les non-initiés, qui fait le trait d'union parfait entre le thème du mois consacré aux stratégies dans le cyberespace et celui d'août sur les jeux stratégiques.

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mardi 21 septembre 2010

La guerre ? Un jeu d'enfant !

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mercredi 1 septembre 2010

Petit post sur le thème d'août d'AGS ("jeux stratégiques")

Pas vraiment actif ce mois-ci sur le front AGS, je me rattrape un petit peu avec ces quelques lignes en réponse à Olivier Kempf concernant la "règle du jeu", différence essentielle entre monde virtuel et guerre réelle.

Un jeu vidéo est nécessairement marqué par un certain déterminisme lié au choix de ses créateurs, qu'il s'agisse de l'Intelligence Artificielle (au moins jusqu'à l'apparition de Skynet ;)) ou même des possibilités offertes aux joueurs humains. Il y a toujours une "règle du jeu", plus ou moins flexible. Et ceci même quand il s'agit de profiter d'un exploit (utiliser un bug de la machine, est-ce de la triche, s'il s'applique à tout le mon de et qu'il n'y a pas d'asymétrie de l'information ?) ou des possibilités offertes par le metagaming, c'est-à-dire tout se qui se passe en dehors du jeu (donc souvent dans le monde réel) et qui peut influencer se qui se passe pendant le jeu. Dans les jeux en ligne actuels, cela peut concerner par exemple l'achat en monnaie sonnante et trébuchante (euros ou dollars) à d'autres joueurs d'armes ou équipements virtuels.


Mes références personnelles sont super vieilles (j'ai arrêté de jouer il y a environ 10 ans) mais déjà fin du IIème millénaire le développeur de Total Annihilation avait laissé la possibilité à la communauté des joueurs de créer et d'ajouter des unités terrestres (véhicules, robots, fortifications, artillerie, extraction d'énergie et minerais, silos nucléaires, usines d'armement...), aériennes (chasseurs, bombardiers), navales (PA, sous-marins, cargo...) ou amphibie "home made" : rapidité, persistance, portée et puissance de feu, complexité de fabrication, tout pouvait être défini par les programmeurs amateurs, qui ensuite mettaient leurs créations à la disposition de tous (certains sites Web doivent encore exister). Du coup des unités extrêmement puissantes, increvables et quasiment "dissuasives" sont apparues, qui mettaient en déroute toute stratégie (et toute tactique) existant dans l'univers des possibles préalable.

Cependant, car on est dans un "jeu" qui se veut amusant et ludique (et que l'intérêt réside précisément dans le déroulement de la guerre, qui est une fin en elle-même), avant chaque partie un accord était trouvé sur les unités autorisées pour la partie, afin que cela reste équilibré et jouable.

Bien sûr les "cheat codes" (ressources naturelles en abondance, invincibilité de certaines unités...) se sont pas permis.

Total Annihilation est d'autant plus intéressant dans ce débat qu'il s'agit d'un affrontement entre robots, dont certains rêvent qu'il s'agira de la "proxy war" du futur. Une sorte d'affrontement entre "champions désignés", un peu comme, à l'autre bout du spectre historique, un David vs Goliath remis a goût du jour technologique.

Deux détails supplémentaires (et qui bien entendu ne sont pas des exclusivités de Total Annihilation) mettant en exergue le côté "codifié" :
  • la possibilité de désactiver le "fog of war", qui dans le jeu a une signification littérale puisqu'il est purement lié à la visibilité de ce qui se passe sur le champ de bataille hors du champ de vision "normal" des unités
  • la définition du critère de fin d'une bataille : soit la mort du Commander (l'unité principale, unique pour chaque camp, en gros sur l'image ci-dessus), soit l'extermination de toutes les unités
Bref, malgré le titre du jeu, tous les moyens ne sont pas bons pour parvenir à ses fins, fins qui sont négociées au préalable avec l'adversaire. Et qui d'ailleurs sont les mêmes que les siennes (sauf dans le cas où l'on joue des scénarios).

Dans la vraie vie, c'est autre chose... enfin surtout depuis que la guerre est devenue "totale" et qu'elle n'est plus une question de rivalités de personnes partageant le même référentiel culturel, et pouvant reconnaître leur défaite (et leur victoire) avant l'annihilation d'une des parties (voir Il y a guerre limitée et guerre limitée).

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jeudi 12 août 2010

Age of Empires : souvenirs, souvenirs...

En lien avec le thème d'août d'AGS, voici pour les nostalgiques l'introduction du premier opus de la série Age of Empires. Tout cela ne nous rajeunit pas, puisque le jeu date de 1997 :



Bien sûr pour les puristes il ne s'agit pas forcément d'un jeu de stratégie. Cependant de par sa dépiction assez exhaustive, quoique simpliste et stéréotypée, des différents aspects des civilisations considérées (avec notamment leur arbre technlogique spécifique), il n'en demeure pas moins très intéressant. C'est notamment par son biais que j'ai découvert dans le temps les termes "trirème", "hoplite" ou "baliste".

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mercredi 4 août 2010

Thème d'août d'AGS : jeux stratégiques

Mois d'août oblige, le thème mensuel de l'Alliance Géostratégique se fait plus ludique...quoique.



Bien que je ne sois pas vraiment un hardcore gamer, je garde quelques bons souvenirs de Starcraft, Total Annihilation, Age of Empires, Sid Meier's Gettysburg, Pandemic 2 ou... Richesses du Monde.



Le jeu, qu'il soit vidéo ou non, du niveau le plus élémentaire (à la Street Fighter) au plus intergalactique, simule souvent un combat. Mais même si ce dernier en est ainsi rendu virtuel, ce n'est pas le cas du jeu lui-même, qui de tous temps, mais paradoxalement encore plus à notre époque, a revêtu des dimensions sociales, politiques, économiques... La Coupe du Monde de football de cette année a pu nous en apporter l'exemple éclatant.


Si l'on reste dans le jeu vidéo, l'exemple de Halting State, oeuvre de Science-Fiction "proche" qui tourne autour d'un clone de World of Warcraft, illustre ce que peut être une guerre née d'un jeu en ligne et tirant parti des ghostnets (La Chine au coeur d'une affaire de cyberespionnage de masse ?) et autres joyeusetés rendues possibles par l'Internet.

Et puis comment ne pas mentionner également les "jeux sérieux" (Serious games et autres mondes virtuels : quoi de neuf pour la défense ?), moitié buzzword marketing, moitié mini-révolution, qui sont en train de monter en puissance, qu'il s'agisse de la simulation de conduite d'engin ou de guerre mondiale (par ex. Quand les politiques jouent à la guerre ou Simulation de guerre économique au Pentagone : c'est la Chine qui gagne) ?

Bref, encore une fois un sujet très riche, mais on commence à être habitués !

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