jeudi 6 juin 2013
lundi 2 avril 2012
Café stratégique "Jeux d'influence en Somalie" le 12/04 à 19h avec Roland Marchal
lundi 1 août 2011
Les 100 lieux de la géopolitique, coordonné par Pascal Gauchon et Jean-Marc Huissoud

Comme son nom l'indique, de "Afghanistan" à "Vienne", en passant par "Ormuz", "Malacca",, "Sarajevo", "Shanghai" ou "Chiapas", l'ouvrage passe en revue les lieux "d'où rayonne la puissance", "dont le contrôle donne la puissance", "d'affrontement de la puissance" (coeur de l'ouvrage) ainsi que "les espaces qu'organise la puissance".
Les auteurs sont partis du principe que, à la manière du médecin chinois analysant l'organisme, "le géopoliticien recherche dans le corps de notre planète les forces d'attraction et de répulsion, les mouvements de concentration et de dispersion, les points où se concentrent le pouvoir...".
Il en résulte une centaine de petits articles (de quelques lignes à deux pages) donnant un aperçu, certes non exhaustif (car choisir c'est renoncer, mais on peut par exemple être étonné de la sélection d'Amritsar comme seule ville indienne du chapitre "Les grandes villes mondiales", ou du grand nombre d'articles consacré à l'Europe) et manquant parfois de détail (c'est l'une des règles de l'exercice), des principaux théâtres d'affrontements humains.
On peut également regretter l'absence de carte, ce qui est toujours un manque dans ce type d'ouvrage où la géographie joue un grand rôle.
A signaler que Sonia Le Gouriellec signe une dizaine d'articles consacrés à l'Afrique.
lundi 4 juillet 2011
Liste de lecture prévisionnelle pour la période estivale
Michel Kerautret : Histoire de la Prusse

Edouard Pflimlin : Le retour du Soleil Levant, La nouvelle ascension militaire du Japon

mercredi 8 juin 2011
Lybie : OTAN, Russie, Monitor Group et Michael Porter
Alors qu'elle s'est rangée, tout comme (apparemment) les Chinois qui ont pris langue avec les rebelles, dans le camp de ceux qui souhaitent un départ de Kadhafi (lors du G8 de Deauville), elle se pose depuis fin mai en médiatrice entre le régime en place, les rebelles et la coalition internationale, qu'elle envisage donc comme belligérante. L'envoi d'un émissaire à Benghazi, tout comme la visite de Jacob Zuma, n'ont pas pour le moment porté leurs fruits...
On voit là que les deux membres permanents du Conseil de Sécurité, qui s'étaient abstenus lors du vote relatif à l'intervention armée, veulent reprendre la main, ce qui fait sens si les champs d'hydrocarbures se retrouvent tous dans les régions contrôlées par les rebelles, appuyés par les avions et hélicoptères occidentaux. Rappelons ici que Kadhafi avait au début de l'année réaffirmé qu'il souhaitait attirer les investissements russes, chinois ou indiens. Un Kadhafi, qui, aux dires des Français, Allemands et Britanniques n'est pas vraiment un interlocuteur pertinent pour des négociations.
Monitor Group et la proposition libyenne
Pour tous ceux qui travaillent dans le conseil en stratégie, Monitor Group a longtemps eu une image d'excellence, notamment par son statut de boutique "exclusive" et au travers de Michael Porter, le célèbre gourou de la stratégie d'entreprise, l'un de ses fondateurs.
Or il est apparu récemment que le cabinet avait proposé ses services en 2006 au régime libyen, avec une proposition commerciale visant à redorer le blason du colonel sur la scène internationale (à lire en ligne : A proposal for expanding the dialogue around the ideas of Muammar Qadhafi). Ceci principalement au travers d'une biographie que l'on suppose impartiale ;-) de Kadhafi écrite par Monitor, réalisée notamment par le biais de "visites" d'experts internationaux en Libye. Le tout pour environ 3 millions de dollars.
Si le manuscrit n'a jamais été publié, le lobbying a fait son oeuvre, puisque des articles élogieux sont parus dans la presse américaine (Gaddafi's Libya: an ally for America?) et que des contacts ont été établis au sommet entre les deux exécutifs. Cependant, la crise libyenne a stoppé net les élans de Monitor et le scandale a éclaté aux USA. D'autant que le cabinet avait semble-t-il oublié de déclarer ses activités de conseil auprès de gouvernements étrangers à l'administration américaine.
Bref, de quoi sérieusement écorner la réputation de Monitor, mais également de Michael Porter, qui s'est mouillé personnellement pour défendre et promouvoir la Libye (Michael Porter on Libya's potential). Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, comme dit le proverbe, mais pour la crédibilité de la profession il serait sage qu'ils assument leurs actes.
vendredi 11 février 2011
Citation de la semaine : Hama Amadou, ancien premier ministre du Niger

La citation est extraite d'un entretien accordé à la revue Géoéconomie dans son numéro de l'hiver 2010-2011 (L'âge d'or de la diplomatie économique), réalisé fin 2010 :
Prenons l'exemple des infrastructures en énergie, qui manquent cruellement à l'Afrique pour développer son économie alors qu'elle possède toutes les ressources nécessaires, comme l'uranium au Niger. Depuis quarante ans, la France exploite notre uranium et maîtrise cette technologie mieux que quiconque dans le monde, mais elle n'a pas su en faire bénéficier le Niger et les pays frontaliers, alors qu'elle aurait énormément à y gagner, surtout dans ce contexte avec l'arrivée de concurrents étrangers plus coopératifs sur ces sujets.
Plusieurs fois dans l'entretien revient cette allusion à la Chine, qui se pose depuis un certain temps déjà comme une alternative aux anciens colonisateurs et plus largement aux Occidentaux en Afrique.
Voir à ce sujet mon article La Chine, une puissance néocoloniale en Afrique subsaharienne ? (mai 2010)
samedi 15 janvier 2011
Tunisie : réflexions intéressantes de Stent
- l'absence de cause à effet entre l'issue et la posture de la communauté internationale (notamment occidentale d'ailleurs), cf. l'Iran ou même la Côte d'Ivoire
- la pertinence limitée du terme de "surprise stratégique" dans ce cas
- le désavantage qu'aura toujours le camp "réactionnaire", quelle que soit l'orientation socio-politique de la "révolution"
vendredi 14 janvier 2011
Photos de Côte d'Ivoire
lundi 6 décembre 2010
Défense et énergie : pour une coopération à l'échelle européenne

La question de la sécurité énergétique européenne et française dépasse bien sûr les seules questions de défense, car elle implique diversification des sources, des fournisseurs, diminution des impacts sur l'environnement (en cette période où le "vert" est à la mode, au moins dans les discours)...autant de sujets sociétaux, politiques et commerciaux, pour lesquels il serait important et urgent qu'une réelle coordination européenne émerge, et qu'une réelle concertation internationale, intégrant les puissances dites émergentes, comme la Chine, l'Inde et le Brésil, soit mise en place.
Cependant, les moyens de défense ont un rôle important à jouer, notamment sur la problématique de sécurisation des approvisionnements, dont la chaîne (zones d'extraction, raffineries / usines de transformation, entrepôts de stockage, routes de transport, zones de consommation) fait le tour du monde. La situation en Afrique subsaharienne (Sahel, Nigéria...), au large de la Somalie ou dans cercle arctique sont là pour rappeler que les points de tensions sont de plus en plus nombreux.
Des missions de renseignement, de protection et d'intervention (notamment contre des actes de piraterie, ou pour remédier à une instabilité géopolitique dans certaines zones) sont à mettre en regard des capacités de nos armées, que ce soit sur terre, mer, ou dans les airs, même si la France a historiquement associé plus tardivement énergie et armée que les États-Unis ou le Royaume-Uni. Le périmètre à couvrir étant très vaste, et pour des raisons de taille critique, il est primordial qu'une mission de défense axée sur l'énergie au niveau européen soit clairement définie et mise en oeuvre.
Il faut pour cela mettre à profit :
- les accords bilatéraux (intra et extra européens) existants pour faciliter les interventions et pacifier si possible les zones les plus instables (avec mandat onusien), qui sont souvent riches en énergie
- les réseaux diplomatiques (des pays européens) existants autour du globe, essentiels pour la connaissance et la compréhension des situations locales, le recueil d'information, les négociations en vue de déploiements
- les capacités des différentes armes : marine pour la surveillance et la sécurisation des routes maritimes, air et terre plutôt pour des interventions ponctuelles et la protection d'installations fixes
jeudi 4 novembre 2010
Arc de crise : menace ou victime ?

Étant donné le nombre de pays que traverse cet arc, leur diversité économique, culturelle, de même que leur intégration dans le concert des nations, il est évident que les mettre dans un même sac procède d'une approche simplificatrice ; et que même si, dans une optique de "global war on terror" que tout le monde n'a pas abandonnée, c'est une notion qui s'avère bien pratique, elle peut être contre-productive dans la "conquête des coeurs et des esprits" chère aux tenants de la COIN.
Par contre, il ne faut pas oublier que comme le souligne Antonio Guterres, haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés (UNHCR) et ancien premier ministre portugais, cette zone est à l'origine des deux-tiers des réfugiés que compte notre planète :
There is an arc of crisis reaching from Pakistan and Afghanistan through the Middle East to Yemen, Somalia, Sudan and Chad that produces two-thirds of the world's refugees,La situation des Somaliens est particulièrement peu enviable, avec une population d'à peu près 700 000 réfugiés fin 2009 :
These problem areas were increasingly linked. They became "breeding grounds" for terrorism. And all such problems were exacerbated, in turn, by global megatrends – population growth, urbanisation, food and energy insecurity, water scarcity and, particularly, climate change
I do not believe there is any group of refugees who are as systematically undesired, stigmatised and discriminated against as Somalis … It is difficult to conceive a situation more abject than that of the Somali refugee
Sans surprise, Guterres appelle à un "new deal" et à débat international permettant notamment une plus grande coopération (particulièrement dans l'accueil des déplacés) et un plus grand équilibrage du fardeau entre pays développés et pays ayant besoin d'aide. Il plaide également pour plus de "prévention", au coup à long-terme moins élevé. Cette prévention passe bien évidemment, entre autres, par une lutte (multidimensionnelle, dont la composante militaire ne doit pas être sur- ni sous-estimée) contre les facteurs favorisant le terrorisme international. Reste à savoir si les guerres d'Irak et d'Afghanistan, puisqu'il s'agit des points focaux les plus proéminents, ont bien joué ce rôle ou si au contraire elles ont pour le moment plutôt attisé les braises.
lundi 31 mai 2010
Coupe du monde de football : les équipes africaines et leurs sélectionneurs
Un constat s'impose : à l'exception de l'Algérie, toutes les équipes africaines ont un sélectionneur non seulement étranger, mais carrément non-africain
- Nigéria : Lars Lagerbäck (Suède)
- Ghana : Milovan Rajevac (Serbie)
- Côte d'Ivoire : Sven-Göran Eriksson (Suède)
- Cameroun : Paul Le Guen (France)
- Afrique du Sud : Carlos Alberto Parreira (Brésil)
Est-ce significatif ou surprenant ? Après tout, même l'Angleterre, qui figure parmi les favoris, a un sélectionneur non anglais, italien en l'occurrence. Cependant, parmi les 5 confédérations qui regroupent l'ensemble des fédérations nationales du globe (UEFA pour l'Europe, CAF pour l'Afrique, AFC pour l'Asie et l'Océanie, CONCACAF pour l'Amérique du Nord, centrale et les Caraïbes, CONMEBOL pour l'Amérique du Sud), c'est un cas unique cette année. Même les pays asiatiques, qui ont par le passé eu recours à des sélectionneurs européens, ont en 2010 des nationaux à la tête de leur équipe.
Si l'on revient aux éditions précédentes, on se rend compte qu'en 2006, seul l'Angola avait un sélectionneur local (Luís Oliveira Gonçalves), alors que les quatre autres engagés du continent étaient menés par des Européens :
- Roger Lemerre pour la Tunisie
- Henri Michel pour la France
- Radomir Dujkovic pour le Ghana (notez la filière serbe)
- Otto Pfister pour le Togo
La plupart des noms figurant ci-dessus sont ceux de "sélectionneurs professionnels", ayant dirigés plusieurs équipes nationales, pas toujours celle de leur propre pays. On note que de nombreux sélectionneurs français sont à la tête d'anciennes colonies, liens historiques et linguistiques obligent.
D'une manière générale, il est courant dans l'univers du sport que des ressortissants de pays "avancés dans la discipline" soient sollicités par des nations qui n'ont pas la même maturité et donc le même réservoir de compétences. Ce dernier est d'abord alimenté par les structures (clubs, championnats, fédération) locales, qui permettent aux entraîneurs de se révéler, après avoir émergé des rangs des joueurs professionnels (bien qu'un bon entraîneur n'a pas toujours eu une grande carrière de joueur, et inversement). L'établissement et la professionnalisation de ces structures ne se font pas en un jour, et nécessitent certains moyens financiers sur la durée, afin d'en assurer la pérennité.
Rien de bien original, dans le domaine industriel il se passe la même chose : un pays émergent a d'abord besoin d'investisseurs et d'experts étrangers dans un secteur donné, puis par le biais de transfert de compétences sa base industrielle propre se développe jusqu'à ce qu'il soit autonome et concurrence même ses anciens fournisseurs.
Dans le football, de nombreux pays africains peuvent s'appuyer sur un intérêt marqué du public, qu'il s'agisse des clubs ou de l'équipe nationale, d'un bon taux de croissance économique et de l'intérêt croissant pour le continent (avec une distribution très inégale, bien entendu) de la part de grands acteurs mondiaux (les fameux partenaires ou sponsors). Cependant, cela ne semble pas pour le moment se traduire dans la nationalité des sélectionneurs (mais cette répartition est-elle significative ?) des plus grandes équipes. Ceci peut-il s'expliquer en partie par le fait que la plupart des joueurs prometteurs (notamment en Afrique subsaharienne) partent très tôt pour les championnats européens où ils ont très peu de chance de reconversion après leur première carrière, voire naissent carrément en Europe (en France notamment, cf. par exemple Frédéric Kanouté) ou y arrivent très jeunes avec leur famille ?
lundi 17 mai 2010
L'Afrique et la montée en puissance du Brésil

Le nouveau géant d'Amérique du Sud, comme ses compères les autres BRIC, s'affirme de plus en plus hors de ses frontières. Sous l'impulsion de son président Lula, il cherche à renforcer ses liens avec plusieurs pays africains, avec une approche qui n'est ni celle des Occidentaux (Européens ou Américains) ni tout à fait celle des Chinois. En mettant notamment en avant son excellence dans le secteur de l'agroalimentaire et sa position au sein de la Communauté des pays de langue portugaise.
mardi 11 mai 2010
Le pentecôtisme, bras armé de l'impérialisme américain en Afrique subsaharienne ?
Avec pour problématique principale sa possible utilisation par l'Oncle Sam à des fins géopolitiques, dans une zone marquée par des luttes d'influence entre puissances, occidentales ou non, mais également par la forte progression de l'islam.
C'est à lire sur le site d'AGS : Le pentecôtisme, bras armé de l’impérialisme américain en Afrique subsaharienne ?
J'en reproduis cependant le texte ci-dessous, une fois n'est pas coutume.
Le pentecôtisme, courant de l'évangélisme issu des États-Unis et connu pour ses manifestations liturgiques de masse très démonstratives, mais également ses méthodes fortement matérialistes, connaît un fort développement en Afrique Noire, comme dans le reste du monde.
Associé à l'image de Simone Gbagbo ou à une certaine extrême droite américaine (proche de l'ancien président George W. Bush), il est souvent vu comme un instrument de l'impérialisme US, chargé de propager à coup de prosélytisme leurs valeurs et leur vision du monde. Cependant, sur le terrain, le pentecôtisme africain obéit à des dynamiques un peu plus complexes que cette vue manichéenne ne pourrait le laisser penser.

Une implantation centenaire
Le pentecôtisme naît au début du XXème siècle aux États-Unis (en 1901 dans une église blanche du Kansas et en 1906 dans une église noire de Los Angeles) et au Royaume-Uni, d'une dissidence au sein d'églises réformées. Son dogme est fondé sur une interprétation littérale de la Bible, mais ce qui le différencie des autres mouvements protestants est l'importance accordée au « baptême par le Saint-Esprit », manifesté par les charismes (ou dons de Dieu aux croyants) et le lien direct et intime entre Dieu et le croyant.
Très vite, des missionnaires pentecôtistes arrivent en Afrique anglophone, par le biais de la colonisation britannique, notamment en Afrique du Sud, au Liberia et au Burkina Faso. Ceci est facilité par la création, dès 1914, des Assemblées de Dieu, fédération de communautés pentecôtistes américaines, disposant d'une puissante branche missionnaire qui fait de l'Afrique de l'Ouest son terrain privilégié d'évangélisation. Des Assemblées équivalentes apparaissent en Europe de l'Ouest et du Nord au milieu du XXème et vont envoyer des missions en Afrique Centrale. Ceci va résulter en la création d'églises nationales africaines autonomes, qui elles mêmes vont évangéliser les pays voisins. En parallèle, vont apparaître des églises totalement indépendantes et de taille très variable, comptant parfois quelques fidèles autour d'un pasteur.
Après une période d’ « institutionnalisation », un renouveau pentecôtiste est perceptible dès les années 1970, suivant celui observé en Amérique du Sud, d'abord marqué au sein des pays anglophones (Nigeria, Ghana) puis francophones (les deux Congo). Enfin, plus récemment, et avec moins de succès, le pentecôtisme tente de pénétrer les pays musulmans comme le Sénégal et le Maghreb.
Aujourd'hui répandu à travers tout le continent, principalement dans les zones urbaines, il n'est cependant majoritaire nulle part, et sa répartition reste très inégale. Malgré la difficulté à obtenir des chiffres, de par la disparité même du mouvement, sa porosité avec les autres croyances évangéliques et protestantes et l'absence d'autorité centrale, certains estiment qu'il y a plus de 100 millions de pentecôtistes en Afrique Noire. Le Nigeria étant, derrière le Brésil, la Corée du Sud et les États-Unis, le pays comptant le plus d'adeptes. Au niveau mondial, il s'agit de la branche de la chrétienté connaissant aujourd'hui la plus forte croissance (prosélytisme oblige), et en serait, derrière le catholicisme, la seconde plus grande dénomination.
Une certaine adéquation au moule anglo-saxon
Dans nombre de ses caractéristiques, le pentecôtisme promeut des valeurs en rupture avec la tradition africaine et compatibles avec la vision anglo-saxonne du monde.
L'image la plus connue est celle de manifestations de masse dans des mega-churches ou des stades remplis de fidèles en transe, galvanisés par un prêcheur « télévangéliste », qui pratique en direct des guérisons miraculeuses, véritables batailles contre le Malin. De vrais «shows à l'américaine » dans lesquels la « machine narrative » tourne à plein. Ces « délivrances », extrêmement spectaculaires et violentes, consistent à extraire du corps du pauvre sujet les forces diaboliques, sources de tous ses problèmes. La puissance de conviction de tels actes fait que de plus en plus d'églises pentecôtistes, même initialement réticentes, l'intègrent à leurs rituels... Il ne s'agit là qu'un des exemples de la forte dimension « marketing » du mouvement, par ailleurs passé maître dans l'utilisation des médias, marqué également par des dérives mercantiles de la part de nombreux pasteurs, plus hommes d'affaires qu'hommes de Dieu, qui confondent le denier du culte et leur compte en banque, qui roulent en 4x4, portent des montres en or et collectionnent les costumes sur mesure.
Plus fondamentalement, le pentecôtisme (ou du moins une grande partie des églises s'en réclamant) promeut la réussite financière et matérielle et l'initiative personnelle. C'est ce que l'on appelle la « théologie de la prospérité » teintée de libéralisme et issue, sans surprise, des États-Unis. La situation favorable d'un individu y est vue comme résultant des grâces divines, ce qui rencontre à la fois un écho favorable auprès des populations pauvres aspirant à une vie meilleure et des plus riches, qui y trouvent là une justification bien pratique de l'ordre social établi, voire de l'augmentation des inégalités. En poussant plus loin, cela justifie également l'enrichissement personnel du pasteur que nous évoquions il y a quelques lignes. Certains en concluent que le pentecôtisme est un « supermarché de la foi ».
Elisabeth Dorie-Aprill et Robert Ziavoula, dans leur article « La diffusion de la culture évangélique en Afrique Centrale », citent ainsi un pasteur aux accents néo-wébériens :
Dieu ne parle que de vous enrichir, c'est ce qu'il a dit à Abraham : "enrichissez-vous!" Mais comment on peut s'enrichir en restant comme ça là ? (...) Quand vous lisez la Bible de A à Z ce n'est que l'idée de la construction.[...] D'ailleurs les pays anglo-saxons qui sont protestants, ils ont mis l'accent sur le travail.
Cette promotion des valeurs entrepreneuriales est finalement très en accord avec les messages que des institutions comme la Banque Mondiale ou le FMI peuvent véhiculer. D'ailleurs, les Assemblées de Dieu font directement référence, dans leurs brochures, à la mauvaise santé économique de l'Afrique, dont les causes sont bien connues :
guerres fratricides..., mauvaise gestion de certains dirigeants..., aspects négatifs du colonialisme et du marxisme, dette extérieure toujours croissante à cause des importations de produits manufacturés, agriculture souvent rudimentaire.
Au niveau social et sociétal, en promouvant un lien intime entre Dieu et le croyant, le pentecôtisme met en avant l'individualisation et l'individualisme au détriment des traditions locales. Sont introduites de nouvelles logiques de solidarités entre les individus, détachées des contraintes familiales et de la communauté existante. La famille, quant à elle, est resserrée à son acception nucléaire. En ce sens, le pentecôtisme (finalement comme toute religion prosélyte) implique une acculturation du croyant qui rejoint ses rangs, en l'enjoignant de rompre avec le passé pour conjurer les maux qui le rongent.
Une montée en puissance politique
Jusqu'à très récemment, les églises pentecôtistes africaines ne se souciaient pas de politique. Cependant, souvent par intérêt (pour convertir, moraliser ou pour assouvir une ambition personnelle du pasteur), cet état de fait a changé dès les années 1990. Ainsi le pentecôtisme s'est rapproché des cercles du pouvoir. L'exemple de la Côte d'Ivoire est particulièrement parlant. Il a longuement été commenté dans la presse francophone, notamment pour l'impact supposé que les conseillers religieux du couple présidentiel auraient eu dans la relation avec la France.
La conclusion du dernier discours sur l'état de la nation de l'ancien président béninois, Mathieu Kérékou, en décembre 2005, est particulièrement éloquente :
En ce moment crucial où la tendance est aux invectives, aux provocations, aux appels à peine voilés à la violence, j’exhorte tous nos compatriotes a plus de retenue, car ceux qui pactisent avec le diable ne seront sûrement pas capables d’éteindre le feu de la haine qu’ils auront inconsciemment allumé. Quant à mon Gouvernement, les générations montantes et futures retiendront que la mission est accomplie et bien accomplie. C’est sur ces mots de foi et d’espérance en l’avenir radieux pour notre cher et beau pays, le Bénin, que je termine mon message sur l’état de la Nation devant la Représentation Nationale. Que Dieu bénisse le Peuple béninois et ses Dirigeants !
L'action dans le champ politique se fait, comme l'explique Cédric Mayrargue (Les dynamiques paradoxales du pentecôtisme en Afrique subsaharienne), à la fois
· par le haut : conversion des élites (à titre d'exemple, Thomas Yayi Boni, successeur de Kérékou, est un pentecôtiste converti d'origine musulmane), fidèles nommés à des postes clés, postes de conseillers pour les pasteurs...
· par le bas : ouverture d'écoles, de cliniques, de centres sociaux, création d'ONG, autant de nouveaux outils de prosélytisme
Cet investissement, sans surprise, permet de peser sur les politiques publiques. Cédric Mayrargue donne l'exemple de l'abandon de la campagne « Abstain, Be Faithful, Use Condoms » en Ouganda grâce à l'appui de l'épouse « born again » du président, Janet Museveni. On peut également citer la stigmatisation des « non-chrétiens » et des « nordistes » en Côte d'Ivoire. Ou la participation de l’ancien président de Zambie, Frederick Chiluba, à des « croisades » et conventions pentecôtistes.
Des influences extérieures
La diffusion des valeurs pentecôtistes, au-delà de la période initiale décrite plus haut, est accompagnée de l'extérieur. Ainsi les Assemblées de Dieu américaines, ainsi que d'autres, fournissent des moyens financiers à certaines églises locales. De même, elles alimentent les pasteurs en matériel : brochures, vidéos...Les best-sellers des télévangélistes américains sont disponibles dans toutes les « bonnes » librairies, tout comme des programmes TV made in USA tournent en boucle sur certaines chaînes de télévision. Certains prêcheurs américains, tels des stars du rock, effectuent de véritables tournées en Afrique, remplissant les stades et écoulant leurs produits dérivés.
Les Assemblées de Dieu comptent, comme d'autres institutions évangéliques et pentecôtistes, aujourd'hui encore plusieurs centaines de missionnaires qui font en permanence le tour du monde dans le but d'apporter la bonne parole. De même, les églises anglo-saxonnes ont mis sur pied de nombreuses ONG à vocation humanitaire, comme Samaritan's Purse, qui travaillent sur le terrain africain avec les pentecôtistes locaux.
Origine américaine, promotion de valeurs anglo-saxonnes, intégration du politique, investissement du champ social, soutiens extérieurs, évangélisme offensif, prosélytisme auprès de populations musulmanes (et parfois conflits interconfessionnels ouverts, comme au Nigéria) : il n'en faut pas plus pour que surgisse le spectre d'infiltration à des fins géopolitiques. Et cela va plus loin qu’une simple « américanisation » de la chrétienté africaine.
Il faut dire que les évangélistes américains, associés aux néo-conservateurs, promeuvent un christianisme radical, ultraconservateur et très offensif allant de pair avec une vision simpliste du « bien » et du « mal », et n'ont pas hésité à parler de « croisade » dans le cadre de la guerre d'Irak. Il convient également de rajouter que, notamment en Afrique du Sud, le pentecôtisme a frayé avec l'extrême-droite, qui a alimenté son fond théologique (voir Paul Gifford, The Complex Provenance of Some Elements of African Pentecostal Theology). Et si l'on inclut les Églises sionistes (présentes en Afrique du Sud depuis la fin du XIXème) à l'équation, on a de quoi alimenter le feu conspirationniste pendant des décennies.
D'autant que certaines rumeurs concernant des opérations montées par les services secrets américains vont bon train. Même s'il est avéré que des initiatives de recensement d'églises dans plusieurs pays africains sont lancées et financées depuis les États-Unis, il n'y a cependant pas, comme pour l'Amérique du Sud, de théories très structurées relatives à l'appui direct de sectes évangéliques visant à contrer des influences néfastes, communistes ou autres. On se souvient que, dans les années 1980, Ronald Reagan avait très peur de l'infiltration marxiste et de la théologie de la libération au sein de l'Eglise catholique en Amérique Latine. Et donc, naturellement, Washington voyait d'un bon œil le développement de concurrents moins rouges. Cependant, comme le montrent David Stoll (Is Latin America Turning Protestant? The Politics of Evangelical Growth) et David Martin (Tongues of Fire: The Explosion of Protestantism in Latin America), il n'y a pas eu de soutien direct de la part des États-Unis.
Nous allons le voir, il faut relativiser l'influence nord-américaine dans la propagation du pentecôtisme africain, largement marqué par des dynamiques propres au Continent Noir.
Le pentecôtisme autochtone, entre culture populaire et mondialisation
Nous l'avons déjà évoqué, il y a en Afrique un nombre incalculable d'églises pentecôtistes. Certaines rassemblant des millions de fidèles, d'autres quelques uns à peine. Certaines sont issues des missions occidentales, mais de plus en plus sont celles qui ont éclos de façon locale. Certaines existent depuis près de cent ans, d'autres apparaissent et disparaissent en un clin d'œil. Et dans leur immense majorité, elles sont indépendantes, à la fois les unes des autres, mais également de leurs homologues nord-américaines, brésiliennes ou européennes, même si des liens (surtout moraux et confessionnels) peuvent exister. L'absence d'autorité centrale renforce la mobilité théologique des différents mouvements.
La mobilité concerne également l'allégeance des fidèles. La fragilité de la plupart des églises, l'absence d'exclusivisme (contrairement à d’autres sectes) et la porosité entre les mouvements y sont pour beaucoup. De même que la très forte concurrence qui existe en Afrique subsaharienne : le paysage religieux y est marqué par une extrême complexité, entre le catholicisme, les nombreuses sectes protestantes (évangéliques ou non), l'islam et les cultes locaux toujours actifs, sans oublier les syncrétismes occidentalo-africains, comme le kimbanguisme au Congo, qui compte entre 3 et 4 millions de fidèles. Cette double mobilité est un sérieux frein à toute tentative de mainmise extérieure globale. Le développement actuel du pentecôtisme en Afrique est dû, plus qu’aux influences extérieures, au terreau propice (difficultés économiques, aspiration au développement) et à l’établissement de ce que l’on peut appeler une culture populaire. Où quand l’expérience et la pratique passent avant le fond théologique.
Comme le souligne Cédric Mayrargue, les églises pentecôtistes les plus dynamiques aujourd'hui sont autochtones et sont menées par des pasteurs locaux, comme la Redeemed Christian Church of God (dont le pasteur, Enoch Adejare Adeboye, a été nommé homme le plus puissant d'Afrique par Newsweek) ou la Deeper Life Bible Church nigérianes, le Christian Action Faith Ministries ou l’International Central Gospel Church ghanéens, la Family of God zimbabwéenne. Ces églises ont su traverser les frontières et se doter d'une ambition universelle, drainant chaque semaine des milliers de fidèles lors de « croisades » dans des stades ou sur des places publiques.
Leur présence dépasse aujourd'hui les frontières africaines. La Church of Pentecost ghanéenne est ainsi implantée au Royaume-Uni, en France, aux États-Unis, en Ukraine et en Inde. Les flux ne sont plus simplement dirigés dans le sens Nord-Sud mais s'orientent désormais selon un axe Sud-Sud et même Sud-Nord, notamment grâce aux diasporas. Cela ne concerne pas uniquement les transferts d'argent, mais aussi et surtout le fond religieux : l'Afrique participe activement à la production liturgique et théologique du pentecôtisme, notamment grâce aux interpénétrations avec la culture et d'autres religions locales. Où le Continent Noir n'est plus seulement importateur mais aussi exportateur d'influence, une marque de plus de son intégration à la mondialisation actuelle.
*
Pour aller plus loin :
- Cédric Mayrargue, Les dynamiques paradoxales du pentecôtisme en Afrique subsaharienne (PDF)
- Asonzeh Ukah, African Christianities : Features, Promises and Problems (PDF)
- Allan Anderson, Evangelism and the growth of Pentecostalism in Africa
jeudi 6 mai 2010
La longue marche des think tanks africains

L'enjeu principal, plus encore que dans les autres régions du monde, étant d'assurer la stabilité et l'indépendance financière de ces centres de réflexion.
C'est bien évidemment à lire sur AGS : "La longue marche des think tanks africains"
mardi 4 mai 2010
La Chine, une puissance néocoloniale en Afrique subsaharienne ?
Où il est question de la stratégie de Beijing pour sécuriser ses approvisionnements en pétrole, des initiatives de type soft power, de la popularité de la Chine auprès des populations, de l'impact sur les économies locales...
C'est bien sûr à lire sur AGS : "La Chine, une puissance néocoloniale en Afrique subsaharienne ?"
J'ai d'autres idées concernant le thème du mois, qui ne concernent pas forcément des influences étatiques... A suivre si je trouve le temps de coucher cela par écrit.
Je vous invite d'ailleurs tous, comme d'habitude, à soumettre vos propositions d'articles à alliancegeostrategique@gmail.com.
lundi 19 avril 2010
De BRIC à BRICS ? Possible, si IBSA devient CHIBSA
La semaine dernière s'est tenu à Brasilia un sommet de l'IBSA (Inde - Brésil - Afrique du Sud), forum de dialogue qui vise à favoriser la coopération entre ses membres, tous états du Sud. L'IBSA existe depuis 2003, sa création résultant assez directement de l'échec du sommet de l'OMC à Cancun.
Coïncidence ou non, avait lieu en même temps (plus exactement, juste avant) dans la capitale brésilienne une rencontre (la deuxième) des chefs d'état du BRIC, qu'on ne présente plus, si ce n'est pour rappeler que l'appellation a été inventée par la banque d'investissement Goldman Sachs au début des années 2000.
En marge de ces festivités Hu Jintao et son homologue brésilien Lula en ont profité pour s'offrir un petit tête-à-tête, afin de signer quelques accords de coopération. Rien de bien nouveau, si ce n'est que, caché parmi d'autres articles, figure une proposition visant à renforcer les liens entre Chine et IBSA...après tout, la Chine est déjà son premier partenaire commercial. De quoi donner raison à l'adage qui veut que tout pays de taille moyenne ou importante souhaitera à terme rejoindre tout groupe d'autres pays qu'on lui présentera.
Mais voilà, certains ne voient pas d'un bon oeil ce rapprochement. En particulier LE membre de l'IBSA qui n'est pas inclus dans le BRIC (mais qui fait partie du BASIC de Copenhague), c'est-à-dire l'Afrique du Sud, pour laquelle ce forum est une sorte de tremplin vers la scène internationale. L'Inde n'y est pas non plus favorable. Il faut dire que l'IBSA est pour le moment un groupe de trois démocraties, qui selon ses promoteurs a un esprit propre, et que fatalement, la Chine ne satisfait pas à ce critère.
L'Afrique du Sud, quant à elle, ne serait pas contre une intégration au BRIC, qui deviendrait BRICS. Le grand prophète Goldman Sachs a souvent appelé de ses voeux une telle extension du périmètre du groupe dont il a "révélé" l'existence. Reste que, même si on a en général énormément de peine à voir clairement ce qui fait le ciment entre ces différents pays, au-delà de leur croissance et de leur appétit sur la scène internationale, l'Afrique du Sud ne boxe pas dans la même catégorie que les quatre autres qui assurent près du quart de la production mondiale et sont assez complémentaires :
- la Chine, c'est l'industrie et la finance
- la Russie, c'est l'énergie et la technologie dans certains secteurs clés
- Le Brésil, c'est l'agriculture (mais pas seulement)
- l'Inde, c'est l'IT, la pharmacie, l'agriculture également
mardi 15 décembre 2009
Sécurité Globale n°9 : La ruée vers l'eau

Sommaire du dossier :
L'eau, un problème de sécurité collective, par Franck Galland, directeur de la sûreté de SUez Environnement et auteur de nombreux articles sur l'eau
Eau et catastrophes : rassembler les compétences, par Loïc Fauchon, président du Conseil Mondial de l'Eau
Quelle stratégie régionale pour l'eau au Proche-Orient ?, par Fadi Georges Comair, directeur général des ressources hydrauliques et électriques du Liban
Vers une sécurité hydrique extensive, par Alexandre Taithe, chargé de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique
La maîtrise de l'eau en Afrique de l'Est : tensions et territoires, par Mathieu Mérino, chercheur associé au CREPAO (Université de Pau et des Pays de l'Adour)
Géopolitique de l'eau en Afrique australe, par David Blanchon, maître de conférences à l'Université Paris Ouest Nanterre, et Agathe Maupin, géographe et enseignante-chercheuse à l'Université de Bordeaux
Lutter contre la vulnérabilité des réseaux d'alimentation en eau potable, par Ilan Juran, professeur au Polytechnic Institute de la New York University, Bruno Nguyen, directeur des opérations d'eau de Paris, et Sion Cohen, vice-président du planning et des infrastructures du Mekorot (société nationale de l'eau israélienne)
Même s'il est géographiquement non-exhaustif, ce dossier offre un bon aperçu de la notion d'hydropolitique, et des problématiques de relations internationales liées au partage et à la valorisation de l'eau. Il lie également le sujet à ceux de l'énergie et de l'alimentation, qui en sont devenus indissociables.
A noter que l'ouvrage contient également un court article de Philippe Chapleau sur les services médicaux des armées de plus en plus confrontés aux SMP (complétant ainsi le précédent numéro de Sécurité Globale, La privatisation de la guerre) ainsi qu'un autre intitulé Bangladesh et terrorisme national, écrit par Emeline Barrière, étudiante à l'IEP de Toulouse.
mercredi 21 octobre 2009
[Le blog de la semaine] : Good Morning Afrika
mardi 19 mai 2009
[Le blog de la semaine] : Ifriqiya
Stéphane Mantoux, le déjà très prolifique et très lu auteur d'Historicoblog(2), se propose d'y remédier en partie au travers du blog Ifriqiya, ayant pour principaux thèmes l'histoire, la politique et la défense du continent.
Bienvenue donc à un nouveau blog pas si nouveau, même si apparemment tout n'est pas encore en place.
dimanche 10 mai 2009
Tchad : quelques sources d'information tchadiennes
A l'heure où les combats font rage au Tchad, voici quelques sources d'information "de l'intérieur", plus ou moins partisanes, mais toujours intéressantes :
- Tchad Actuel : anti-Déby, reprend partiellement la presse locale
- laleonline : fondé dans les années 90 par un groupe de jeunes Tchadiens, assez ouvertement hostile à Idriss Déby
- Alwihda : journal en ligne du mouvement d'opposition Front National du Tchad Rénové
- Ramajdi : en anglais, ayant un layout proche de laleonline, lancé en 2003, ouvertement pour la Défense des Droits de l'Homme au Tchad
- ialtchad : portail de présentation et d'information sur le Tchad
- Zoom sur le Tchad : opposé à Déby, très critique envers la France
- Les pages Tchad d'Afrik.com
- Les pages Tchad d'Afrol News

















