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Mon Blog Défense

samedi 14 novembre 2009

La tournée "asiatique" de Barack Obama

Les médias se font l'écho de la tournée actuelle de Barack Obama en Asie. Quels pays va-t-il visister ? C'est simple : le Japon, Singapour, la Chine et la Corée du Sud.

A cette occasion, les "Obama veut renforcer les liens entre les Etats-Unis et l'Asie" fleurissent (voir ici notamment).

Comme je l'ai déjà souligné, de même qu'Olivier Kempf sur l'Alliance Géostratégique, il s'agit encore d'un abus de langage ultra-simplificateur, puisqu'en guise d'Asie, il s'agit plutôt de l'extrême Est de ce continent majuscule...qui en contient certes les deux plus grandes puissances économiques actuelles.

Évidemment la Chine et le Japon sont dans l'opinion publique les deux figures les plus évocatrices de l'Asie, mais les journalistes pourraient faire un effort minime, quitte à parler d'Asie de l'Est. Voire d'Asie-Pacifique, dans la mesure où c'est bien d'un pendant aux relations transatlantiques dont il s'agit, même si la nature des liens entre les Etats-Unis et ces pays n'est pas la même qu'avec l'Europe.

vendredi 13 novembre 2009

[Le blog de la semaine] : Actu Défense

Cette semaine, je rajoute à ma blogroll Actu Défense, le blog du jeune Romain Mielcarek, qui traite comme son nom l'indique de l'actualité de défense, qu'il s'agisse d'armements, de technologie, de géopolitique ou des conflits actuels.

Sa publication d'article est quasi quotidienne depuis fin mai 2009 avec un certain tropisme vers la vie des forces armées, et notamment l'Afghanistan, actualité oblige.

Je reproduis ici une partie de sa "lettre de mission" :
Alors les questions de Défense doivent-elles rester simplistes pour le grand public ou élitistes et réservées à un public averti ? Je ne crois pas. Il me semble que le lien Armée-Nation passe également par l'information. Plus que par l'information, il passe par la découverte, la curiosité et pourquoi pas l'émerveillement ? Beaucoup d'entre nous, jeunes ou vieux, ont un jour rêvé de porter un bel uniforme ou de piloter un avion de chasse. Pour d'autres, l'attitude martiale ou l'usage des armes sont une plaie. Pourtant nous pouvons tous avoir des questions à poser sur les armées françaises, européennes ou étrangères, sur les hommes qui les composent et leur quotidien ou sur les causes et le déroulement des conflits.

jeudi 12 novembre 2009

[Le B.A.-BA] : la CIEEMG

Alors que le procès de l'Angolagate a livré ses conclusions, en attendant l'appel, je souhaite revenir sur un dispositif qui est au coeur des exportations d'armements en France, à savoir la Commission Interministérielle pour l'Étude des Exportations de Matériel de Guerre (CIEEMG).

Créée dans sa forme actuelle en 1955, elle a pour missions, comme indiqué dans les textes officiels :
  1. D'examiner les demandes d'autorisation relatives à la fabrication et à l'exportation des matériels de guerre à l'étranger et de donner un avis motivé sur lesdites demandes
  2. D'étudier l'orientation à donner à la politique de fabrication des matériels de guerre pour l'étranger et les moyens d'agir sur le volume et la qualité des fabrications et exportations
Placée sous l'autorité du Premier Ministre, elle est composée des membres suivants qui se réunissent tous les quinze jours, examinant ainsi plusieurs milliers de dossiers par an :
  • Le secrétaire général de la défense nationale (SGDN, rattaché à Matignon) ou son représentant, président
  • Un représentant du ministre des affaires étrangères
  • Des représentants du ministre de la défense nationale et des forces armées (état-major des forces armées, direction des services financiers et des programmes)
  • Un représentant du ministre des finances et des affaires économiques
  • Si pertinent, un représentant pour tout ministère/secrétariat d'état concerné (intérieur...)
En clair, elle donne un avis sur toute démarche commerciale (présentation d'une offre, essai, proposition commerciale, prise de commande...) d'un industriel français de la défense envers un pays étranger. Elle traite aussi bien les agréments préalables (accord écrit donné par le Premier Ministre à toute personne ou organisme public ou privé qui désire effectuer l'exportation de biens et prestations soumises à la législation des matériels de guerre) que les Autorisations d'Exportations (AEMG, nécessaires au franchissement physique des frontières) en elles-mêmes, et s'occupe également des dérogations (cas des pays en guerre notamment). Bien sûr elle n'est pas décisionnaire, mais aide plutôt le SGDN et donc le Premier Ministre, autorité de décision dans le domaine des exportations. Ses travaux s'appuient sur des expertises techniques réalisées par des intervenants de différents ministères : DGA/DDI pour le matériel en lui-même, DAS et DGSE pour les aspects liés au renseignement, Quai d'Orsay pour les aspects diplomatiques, Finances pour la dimension financière...

En cas de désaccord entre ministères, des arbitrages de plus haut niveau (cabinets des ministres et ministres) peuvent être réalisés.

Un Rafale, dont l'exportation se fait attendre
crédits : interet-general.info

Voici un extrait du Journal intime de marchand de canons, roman de Philippe Vasset, concernant la commission :
Présidé par le Premier Ministre (sic) , le (sic) CIEEMG contrôle toutes les ventes d'armes françaises à l'étranger : son autorisation est nécessaire pour faire une proposition commerciale, a fortiori pour signer un contrat. C'est un processus extrêmement bureaucratique, mais qui, en raison du secret qui l'entoure et du nombre relativement élevé de ministères concernés (Défense, Affaires étrangères, Finances), laisse une assez large place au lobbying. On peut intervenir soit auprès des experts qui vont rédiger les recommandations pour les membres du comité, soit directement au niveau ministériel : le soutien d'un politique est alors préférable. L'exercice demande beaucoup de doigté : il faut rester le maître d'un circuit de décision auquel on ne participe absolument pas, tout en apparaissant humble et responsable.
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Voir également :

mercredi 11 novembre 2009

14-18 : le bruit et la fureur

Alors que nous célébrons aujourd'hui le 91ème anniversaire de l'armistice de 1918, je signale que 14-18 : le bruit et la fureur est toujours disponible en DVD.



Ce film a été réalisé avec le soutien du Ministère de la Défense :

Tout n’a pas été dit sur la "Der des ders", l’histoire de cette immense tromperie, de ce gâchis infini. Loin de là.

Ce film a pour ambition d’expliquer l’inexplicable, comment des dizaines de millions d’hommes ont-ils pu supporter la dureté inouïe de la vie des tranchées pendant 4 ans, saisons après saisons, jour après jour, nuit après jour ?

Comment ont-ils accepté la perspective d’une mort ou d’une blessure quasi certaine alors qu’ils ne savaient pas clairement pourquoi ils se battaient ?

Ce que vous allez voir peut paraître fou : la Grande Guerre a été entretenue par un consentement général.

Cette oeuvre cinématographique se pose à la limite du documentaire et de la fiction (sans clairement l'afficher ?), de par le parti pris du narrateur omniscient et inventé, alors que des témoignages directs existent, mais également à cause de la sonorisation de certaines images. Lors de sa diffusion en prime time sur France 2, il avait, au milieu d'un concert de louanges assez large, fait couler un peu d'encre (voir notamment ici ou ), notamment en raison de la thèse de la "guerre par consentement général" qu'il défend.

mardi 10 novembre 2009

Manoeuvres terrestres

Selon la Tribune datée du 29 octobre, le ministère de la Défense met la pression sur Thales pour que le systémier prenne le contrôle de Nexter, anciennement GIAT. Le DGA Laurent Collet-Billon a ainsi plaidé devant les députés pour la consolidation d'un pôle français de l'armement terrestre, et a rappelé que l'ancien PDG Denis Ranque avait une ambition forte de positionner son groupe comme le leader de l'intégration des systèmes terrestes et navals. Reste à voir ce que va faire Luc Vigneron, successeur de Raque et ancien PDG de... Nexter. D'autant que le feu vert de Dassault, actionnaire industriel de référence de Thales, et plutôt présent dans l'aéronautique, n'est pas acquis.



Reste que Nexter, fabricant du FA-MAS et du Leclerc, partie prenante du programme FELIN et, de même que Thales, de la future BOA (Bulle Opérationnelle Aéroterrestre), même avec ses bénéfices et son carnet de commandes plutôt rempli, garde une taille relativement modeste qui freine son développement international. Outre un rapprochement avec Thales, d'autres hypothèses d'alliances sont envisagées afin d'y pallier :
  • L'intégration par Nexter de TDA, l'ancien Thomson Armement, aujourd'hui propriété de... Thales
  • La piste de l'Allemand Rheinmetall (véhicules et armement terrestres)
  • Des coopérations avec le Belge FN Herstal (fusils, mitrailleuses, pistolets) sur le petit calibre, afin d'éviter une perte de savoir-faire chez Nexter
La France sur ce dossier essaie de jouer la bonne élève de l'UE en montrant des bonnes dispositions en faveur d'une rationnalisation de la Base Industrielle de Défense de niveau européen, du moins pour le terrestre. Il faut dire que depuis les achats réalisés par General Dynamics puis Bae Systems au début des années 2000, il reste une certaine marge de manoeuvre pour des rapprochements entre champions nationaux.

lundi 9 novembre 2009

20 ans après la chute du mur, de Pierre Verluise

Pour marquer le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, je signale l'ouvrage de Pierre Verluise, 20 ans après la chute du mur, l'Europe recomposée (264 pages, Éditions Choiseul).


En voici le quatrième de couverture :

Le 9 novembre 1989, une foule immense abattait le mur de Berlin, symbole d’un monde bipolaire. Mstislav Rostropovitch jouait les Suites de Bach, les caméras du monde entier étaient braquées sur l’Allemagne, un vent de liberté soufflait.
Aujourd’hui, la Guerre froide n’est plus qu’un lointain souvenir. L’Union soviétique a disparu, les États-Unis sont devenus la seule puissance globale et la géopolitique de l’Europe a été révolutionnée.

Vingt ans ont suffi à opérer de profonds changements dans les relations internationales. Des stratégies déployées par les États-Unis pour défaire le bloc soviétique, à l’émergence d’une Union européenne rassemblant vingt-sept états, cet ouvrage révèle les aspects les plus méconnus du chemin parcouru : jeux américain et russe, ambiguïtés de la relation franco-allemande, enjeux des élargissements de l’OTAN, intégration d’anciens pays communistes à l’Union européenne.
A travers de nombreux témoignages et entretiens recueillis par l’auteur, qui marquent l’originalité de cet essai, Pierre Verluise dégage les lignes de force de la saga européenne. Il nous donne les clés pour comprendre les enjeux et les perspectives de l’Europe du XXIe siècle.
L'auteur se pose en témoin et observateur des bouleversements géopolitiques observés en Europe après la chute du mur et la fin de la Guerre Froide. La retranscription de nombreux entretiens donne au livre un ton assez inédit et contribue à rendre vivant et concret le déroulement de ces évènements majeurs.

La première partie revient sur les stratégies américaine et russe particulièrement durant la période Gorbatchev, menant à l'effondrement du bloc de l'Est et de l'URSS. L'auteur décrit ainsi ce "moment américain" marqué par la période difficile traversée par la Russie post-soviétique ainsi que l'élargissement de l'OTAN à des anciens pays communistes, et les interférences que cela provoque avec la construction européenne.
La deuxième est entièrement consacrée au couple franco-allemand, et illustre notamment les erreurs commises par la France, son retard à l'allumage au moment de la réunification, ainsi que ses défauts d'appréciation du nouveau contexte géopolitique européen, marqué par l'entrée dans l'UE de pays fortement atlantistes.
Enfin, la troisième et dernière partie revient sur les défis qui attendent l'Union Européenne :
  • élargissement, avec le dossier turc et la question des Balkans, mais aussi l'Ukraine et la Moldavie, voire la Russie, posant ainsi la question de la limite de l'UE
  • question du budget, reflet des ambitions de l'Union
  • place de l'Europe dans le monde, notamment face aux États-Unis, à la Chine et la Russie
Un livre à lire, ne serait-ce que pour son approche très et pour les éléments peu connus, sinon inédits qu'il révèle sur la géopolitique européenne depuis une vingtaine d'années.

samedi 7 novembre 2009

Bilan d'octobre du blog

Quelques bonnes nouvelles pour ce mois d'octobre, puisque mon blog progresse à la 1957ème place du classement général de Wikio (874ème dans la catégorie "Divers"), et qu'à l'occasion de la dernière Google Dance, son PageRank est passé à 4.

La fréquentation est également en progression puisque le nombre de visites avoisine les 3700 (3200 en septembre) et le nombre de pages vues les 6000 (5200 en septembre). Les abonnés au flux RSS sont quant à eux 120 en moyenne par jour.

Cependant la principale nouveauté est bien sûr mon intégration à l'Alliance Géostratégique à l'invitation de cette dernière.

Merci encore à tous, pour la reconnaissance des efforts que ce blog représente !

J'essaie de préparer quelques surprises pour la fin de l'année...