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mercredi 28 avril 2010

Le Rafale furtif, par Thibault Lamidel

Crédit : Defense Talk

C’est un véritable serpent de mer. La naissance du Rafale a posé une question pour l’avenir de l’aéronautique française : et si c’était le dernier chasseur de conception nationale ? Répondre oui à cette question, c’était écarter un possible chasseur de combat de cinquième génération conçu en France.

La cinquième génération, combien de divisions ? On citera très facilement le F-22 Raptor… Tout comme le F-117 et le (chimérique) F-35 du côté américain. Venant de Russie, l’ancien ( ?) grand n’est pas en reste avec la « tentative » de réalisation d’un chasseur pouvant être qualifié de cinquième génération. C’est le rôle du prototype T-50 de Sukhoï. Il faudra donc encore confirmer de quoi ce programme est capable. Et du côté chinois, un lecteur anonyme de ce blog nous signalait une tentative avec le « J-XX ». Il existe un « certain nombre » de photographies d’un appareil auquel l’on colle cette dénomination. En l’état des connaissances, il est difficile de certifier quoi que ce soit… Par contre, rappelons le « transfert » du programme israélien IAI Lavi vers la Chine dans les années 80 (après le refus américain qu’Israël développe ce programme). Un certain nombre de créations chinoises ont une parenté proche de ce transfert non-reconnu. Il serait intéressant de savoir si des chercheurs israéliens travaillent vraiment sur un chasseur furtif chinois… Tout comme il est difficile de ne pas évoquer quelques « black projects » encore secrets du côté du Shunk Works de Lockeed Martin.


Projet J-XX chinois, crédit inconnu


La cinquième génération


Elle fait suite à la très riche quatrième génération qui comprend différents niveaux selon les auteurs, les revues et le temps qui passe (on parle aussi bien de 4+, 4++ ou autre). La nouvelle génération doit prendre le pas sur l’ancienne avec de nouvelles capacités. Evoquons celles dont nous parlerons le moins : une meilleure intégration des senseurs ou fusion des données, des capacités de combat en réseau et la « super croisière ». Concernant les deux premières capacités, elles ne sont pas strictement exclusives à la nouvelle génération. D’où la diversité d’appréciation de ce qu’est un appareil de quatrième génération. Le Rafale est un bon exemple d’appareil de cette génération qui pratique la fusion des données et qui rend ainsi difficile son classement. La super croisière est la capacité pour un appareil à croiser à vitesse supersonique sans enclencher la post-combustion. Avec les F-22 et T-50 cela s’illustre par des réacteurs « lourds » (plus de 13 tonnes de poussée unitaire, presque le double du Rafale). Cette capacité uniquement mécanique ne nous (me) paraît pas déterminante. Si on considère la cinquième génération comme l’aboutissement des systèmes d’armes intégrés et le règle de l’électronique qui prend le pas sur la mécanique, cette capacité de super croisière est plutôt un rappel de la nécessité de disposer de plates-formes capables d’affronter le milieu aérien et ses défis. Et non pas de servir seulement à être un « ascenseur à ordinateur ». Toutefois, cette capacité n’est bien sûr pas inintéressante en pratique.

Par rapport à la génération précédente, l’évolution principale retenue pour qu’un appareil appartienne à cette catégorie est la « furtivité ». Pourquoi parler surtout de cela ? Plus haut, nous avons dit rapidement que l’évolution électronique des systèmes d’armes n’était pas cantonnée exclusivement à un système d’arme. Et tout simplement aussi parce que c’est la caractéristique la plus spectaculaire. C’est elle qui pousse à redessiner le fuselage de l’appareil. Et donc, dans l’imaginaire collectif, c’est ce qui illustre le mieux le passage d’une génération à l’autre. Pensez donc à la différence entre un escorteur d’escadre, une frégate furtive de première génération et la corvette Visby suédoise (qui constituerait la deuxième génération). Le Rafale n’est pas furtif à l’origine mais « discret ». C’est-à-dire qu’un soin particulier a été apporté à la conception de sa cellule et de son système de guerre électronique pour réduire sa signature et les risques qu’ils soient détectés. Mais pour être furtif, il convient de s’attacher à tenter de faire quasiment disparaître (et non pas seulement de réduire) trois signatures principales d’un aéronef :

  • la furtivité radar : diminuer la « surface équivalente radar » d’un appareil, c’est-à-dire ce qui apparaît sur un écran radar. Et rendre discret ou furtif le fonctionnement du système d’arme pour qu’il ne rende pas détectable l’appareil par son fonctionnement ;
  • la furtivité infrarouge (diminuer la signature infrarouge que laissent les réacteurs).
  • la furtivité électronique (que le système d’arme fonctionne sans se faire repérer ou qu’il participe à la disparition de l’appareil en le faisant disparaître de l’atmosphère électronique).
  • la discrétion acoustique sera à poser un jour. Pour le moment, les appareils qui se réclament de la cinquième génération tendent à avoir des réacteurs lourds (plus de 13 tonnes de poussée en moyenne). Il se posera peut être la question de les rendre discrets à l’oreille aussi. Ce n’est pas primordial pour un avion. Néanmoins, il peut être intéressant de relire le billet de JGP sur la furtivité des sous-marins qui passe par la furtivité acoustique.

Dès lors, à la seule définition, se distinguent deux axes principaux pour rendre (ou concevoir) un appareil furtif :

  • un travail sur la structure générale de l’appareil pour répondre aux « lois de la furtivité » ;
  • la conception d’un système d’annulation active

Disparaître de l’atmosphère électronique, tel est le leitmotiv des furtifs.


Le système d’annulation active


Il est courant de distinguer les appareils qui tentent l’enjeu de la furtivité par leur seule forme extérieure. Le résultat est spectaculaire en raison des formes non-conventionnelles que cela impose. Cependant, la furtivité pourrait aussi être obtenue par un système de brouillage électronique. Gilles Corlobé nous traduit la définition de l’annulation active donnée par Aviation Week :

La suppression active signifie d’empêcher un radar de détecter une cible en renvoyant un signal avec la même fréquence que le signal reçu, mais décalé précisément d’une demi-longueur d’onde. Résultat : l’énergie atteignant le radar n’a aucune fréquence et ne peut être détectée

L’article d’Aviation Week poursuit en rappelant la (ou l’une) des tentatives où se sont essayés les ingénieurs américains pour ajouter cet atout à la furtivité du B-2. Ce ne sont d’ailleurs pas les seules puisqu’il est prêté ici et là des tentatives aux Russes pour l’obtenir. Et sur beaucoup de lieu francophone on loue les travaux de Dassault Aviation et de Thalès pour développer cette technique, au point que certaines rumeurs se risquent à annoncer que le système ferait partie intégrante du SPECTRA depuis le standard F2.

L’article précité permet de recadrer le débat en laissant entendre que les avancées françaises seraient telles qu’elles justifieraient le financement d’un « démonstrateur » :

Le fait qu’un nouveau démonstrateur est envisagé, laisse supposer que la technologie pourrait ne pas avoir été à la hauteur la première fois [l’article fait référence aux capacités supposés du SPECTRA dans les années 90]. Mais comme la suppression active utilise de l’électronique et du traitement, cela pourrait avoir changé. MBDA et Thales, qui a absorbé Dassault Electronique et est maintenant chargé du développement de Spectra, ont depuis confirmé qu’ils travaillaient sur la suppression active pour les missiles

Dès lors, tout l’intérêt si la confirmation venait, serait de constater que la France pourrait être à la pointe d’un développement clef des technologies furtives. Un système de guerre électronique a l’avantage de laisser une certaine liberté sur la conception d’une cellule furtive. Ce travail étant par nature lourd et coûteux… Ce qui serait un terrible pied de nez face aux programmes américains (F-117, B-2, F-22 et F-35) et russe (PAK-FA ou T-50).

Petit commentaire hors du temps : la compétition aéronautique militaire de pointe se résumerait à trois acteurs (américain, russe et français) ? Ce serait la consécration d’une hiérarchie nouvelle (on ne vise presque personne).

Mais est-il possible de tout miser sur le seul aspect électronique de la furtivité, et donc de refuser de s’engager sur la création d’une cellule naturellement furtive ?

French government is funding a demonstration of improved stealth technology for the Dassault Rafale fighter”, dixit Aviation Week.

D’ailleurs, rien ne dit ce que sera le « démonstrateur » Rafale, ni si la démonstration se limitera à la seule électronique…


Un Rafale aux formes furtives ?


Crédit inconnu

Dès lors, l’autre pendant de la furtivité serait de concevoir une cellule d’avion de chasse pour qu’elle réponde à ses exigences. Ce serait donc presque la nécessité de développer un appareil nouveau à l’image des F-22 ou T-50, dans l’hypothèse où l’annulation active ne donnerait pas un avantage supérieur ou égal à une machine furtive. Cependant, il n’est pas nécessaire de préciser qu’il est presque impossible de développer un nouveau chasseur français avant quelques longues années. On n’écrira pas l’une des raisons par respect pour nos lecteurs (le budget !). Mais si la France développe une solution intermédiaire dans la guerre électronique pour compenser cette impossibilité à lancer un programme d’avion de chasse de cinquième génération, n’existerait-il pas une solution intermédiaire pour adapter une cellule existante autant que possible ?

Il convient donc de présenter l’une des évolutions étudiées pour le F-15. Le vénérable chasseur américain (dont les Golden Eagle resteront en service jusqu’en 2030 comme le signale le blog des avions légendaires ) a été l’objet d’une étude de furtivité améliorée. Sous le doux nom de « Silent Eagle », il est question de rendre le F-15 plus furtif (ou discret). Quelles sont les solutions retenues par Boeing ?


(Photographie du Silent Eagle)

Credit: Boeing/Ron Bookout

Noter l’emport de missile dans les réservoirs conformes reconvertis en soute interne.

La solution la plus spectaculaire est la nouvelle utilisation des réservoirs conformes de l’Eagle. Ces deux réservoirs situés sous les ailes de l’avion sont destinés à l’origine à emporter du carburant supplémentaire. S’ils sont dit conformes c’est qu’ils sont étudiés pour être intégrés à cellule de l’appareil de manière à perturber au minimum la traînée aérodynamique de l’appareil. Ces réservoirs sont destinés à servir de soute interne. De sorte que, en configuration lisse, l’appareil présente moins de surface équivalente radar (SER) par l’emport interne des armements. Cette modification de la cellule s’accompagne d’une autre un peu moins spectaculaire. Les deux dérives du Silent Eagle sont inclinées de 15° vers l’extérieur. De cette manière le dessin de l’appareil se rapproche de celui du Raptor.

Enfin, les autres transformations seront plus proches de ce qui a été fait en France. L’une d’elles est l’utilisation d’un revêtement absorbant d’onde radar. Le Rafale est susceptible d’être peint avec une peinture ayant ce même rôle (à la manière du Tigre) mais l’appareil français n’en bénéficiera que pour les « grandes occasions ». Enfin, les dernières solutions concernent l’électronique avec un nouveau radar APG-63 et un système de guerre électronique qui tendent, peut être, à jouer le même rôle que le SPECTRA décrit plus haut.

Alors, tentons d’appliquer l’étude américaine au Rafale. Les travaux sur le SPECTRA et l’évolution du RBE2 vers l’AESA sont déjà en cours. L’existence d’une peinture furtive pour le Rafale permet d’avoir un point de départ vers un revêtement furtif (coûteux, à en juger par l’entretien de ce revêtement sur B-2 et F-22).

Il reste donc la question des modifications structurelles. La dérive verticale du Rafale pourrait peut être constituer un frein à la recherche de la furtivité. Mais c’est un élément isolable de la cellule. De sorte que, il soit imaginable de trouver une solution pour transformer cette dérive sans entraîner de modification structurelle impossible à réaliser.

(photo du Rafale avec CFT)

crédit : Burkharde Domke 2001

Noter la bosse à l’arrière du cockpit, à mi-chemin entre la jointure de l’aile et le dos du Rafale.

Et comment obtenir une configuration lisse du Rafale avec un emport en armement interne ? Le Rafale a vu se développer pour lui l’étude de deux réservoirs conformes dorsaux. Est-ce rédhibitoire ? Il est possible que non, certains avions ont vu l’étude de capacité de tir de missile accroché à leur dos, telle la revalorisation du Jaguar pour l’Inde. Il peut être imaginable donc de faire le même travail que Boeing mais sur les CFT [Conformal Fuel Tanks] dorsaux du Rafale. La solution peut paraître spectaculaire, mais elle ne le serait pas plus que pour le Silent Eagle. En réalité, c’est le côté non-conventionnel qui surprendra. D’ailleurs, pour revenir à plus conventionnel, il ne serait pas non plus déraisonnable de proposer la création d’un CFT ventral.


Recadrage des propositions pour conclure


La somme des propositions, en ses aspects techniques, a pour but de retenir les capacités d’annulation active développées en France et de les coupler à un travail accru de discrétion sur la cellule du Rafale. Il est donc tenté de se rapprocher de la furtivité par deux solutions que l’on qualifiera d’intermédiaires (en rappelant que l’annulation active semble être un défi technologique). L’intérêt de proposer la création d’un démonstrateur Rafale furtif est donc technique.

Il ne sera pas difficile de dire que l’Armée de l’Air (et la Marine) n’ont pas comme priorité de former un escadron ou deux flottilles avec un Rafale en version furtive. Il conviendra de dire donc qu’il faudrait prouver que ce Rafale furtif serait plus coûteux qu’un Rafale de base. En effet, les coûts de développement du SPECTRA et de la peinture furtive sont déjà engagés. On doutera que l’intégration des diverses solutions proposées soit démesurément coûteuse par rapport à une version classique du Rafale. L’évolution du Silent Eagle sera déterminante pour l’avenir de ce genre de solution intermédiaire. Ces deux appareils sont, d’une certaine manière, un essai pour atteindre la furtivité à moindre coût.

Mais c’est aussi un pari politique. Seuls les États-Unis et la Russie ont, aujourd’hui, développé des avions dits de cinquième génération (car furtifs). Si la France, même de manière symbolique, rejoignait ce club très fermé, elle en tirerait un avantage politique indéniable.

De plus, pour l’existence de l’industrie aéronautique militaire française ce serait un porte étendard flamboyant. Et permettrait à la France d’appuyer sa politique d’armement avec la symbolique d’appartenir aux grands. Et donc de bouleverser la hiérarchie mondiale comme l’ont fait les Russes avec le T-50… Et les Chinois qui pourraient créer la surprise avec le programme J-XX quand ils voudront bien révéler l’état de leurs capacités au monde…

Et élargissement à la sixième génération

Face aux difficultés de la cinquième génération, les Etats-Unis ne perdent pas leur temps et parlent déjà d’une « sixième génération ». C’est ce que relate sérieusement Joseph Henrotin dans cet article. Il est question de pousser encore plus la logique du règne de l’électronique dans cette génération. Mais la distinction avec la « précédente » n’est pas évidente comme le montre l’auteur. Et nous vous invitons à prendre connaissance aussi des points de vue tout aussi sérieux du site defensa.org qui relate l’affaire de la sixième génération avec une pointe d’humour.


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11 commentaires:

Rob1 a dit…

Juste pour signaler, l'image du J-XX est très probablement du photoshop plutôt qu'une vraie photo.

Thibault Lamidel a dit…

Bonjour,

Je confirme votre appréhension. J'ai choisit une image qui illustré plus ou moins se qui traîne sur la toile. Une bonne partie des clichés publics fleurent bon l'image de synthèse. Ce J-XX est à prendre avec des pincettes...

Cordialement,

Thibault Lamidel

Etchenic Bruno a dit…

Concernant la partie de l'article sur la super croisière:

Le rafale dispose aussi de la supercroisière, qui d'ailleurs ne me semble pas avoir été définie dans l'article. Il s'agit de passer le mur du son en vol de croisière et sans post-combustion. Le rafale en est tout à fait capable, au même titre que l'eurofighter. Cela necessite un emport quasiment lisse, c'est à dire sans bombes et sans bidons externes.
En ce qui concerne les moteur, il ne faut pas comparer uniquement la poussée de tel ou tel avion, mais le rapport poussée/poid. Dans l'idéal il est supérieur à 1, c'est à dire que l'avion pousse plus qu'il ne pèse. Si le F22 a de plus gros moteurs, il ne faut pas oublié qu'il est aussi beaucoup plus lourd qu'un rafale ou eurofighter. Quand au F35, il n'a qu'un seul moteur... il n'empeche que le rafale possède toujours un rappord poids/poussé plus faible que le F22, chose qui devrait s'équilibré avec l'arrivée hypotétique du m88-3 que les EAU demandent.

Je joins maintenant la super croisière à la furtivité. Le F22, comme le F35, lorsqu'ils sont furtifs sont très faiblement armés. Nous avons fait un saut capacitaire avec le rafale, capable d'emporter 2x3 bombes de 250kg +2réservoir + 4 missiles mica. Auparavant, au mieux nous avions (200-5 et -9 mis à part) seulement 2 missiles et 2 ou 3 bombes avec seulement 1H d'autonomie grand max.
Intégrer l'armement en soute fait perdre aux russes et aux américains le bonus d'emport qu'ils avaient auparavant. Et honettement j'aimerai savoir à quelle occasion et contre qui ses avion seront ammenés à jouer de la furtivité radar avec leurs armements en soute... contre les talibans, les insurgés irakien, les rebelles yemenites ? Les iraniens ?
HA! on tiens avec ses derniers quelque chose qui nous ferait dire que la furtivité a du bon (merci les S300 russes)
Pourtant, ne pas oublié qu'un avion furif n'est pas invisible. Qui se souvient de la perte d'un F117 abattu par un missile serbe ? Et oui, un radar fonctionnant à basses fréquence les voient, même si ils ont du mal à les accrocher.
Quand on considère de plus que la durée de vie d'un programme tel que le F22 ou le F35 entre la conception et la fin de vie de l'appareil prends au bas mot 50ans, qui gageras que les milliards de dollars dépensés dans des formes et des matériaux anti-radars fonctionneront encore. Au jeu du chat et de la souris, le radar évoluera bien plus vite que ça, surtout quand on voit de quoi on été capable les serbes il y a 11 ans maintenant !

Si les français réussissent effectivement cette intégration de la furtivité dite active, ils auront bien eu raison de ne pas faire la bêtise de developper une célulle de conception furtive! surtout qu'un équipement électronique ça s'amméliore, une cellule, non !

Quand au parallelle entre le F15 discret et le rafale, c'est quasiment hors propos. Le rafale, dans le milieu des années 80 intégrait déjà des amélioration de discretion, comme une jointure "propre" du fuselage aux hélices, la forme des entrées d'airs, l'aube des réacteurs non visibles par les radars.
Le f15 lui, date des années 70 et ces concepts étaient encore floues, d'où le rattrapage. Le rafale n'a rien à rattraper, mis à par le fait de prendre toute son électronique et de l'embarquer dans une nouvelle cellule, ce qui veut dire aussi nouveaux moteurs: en partant de ce point de vue là, on a pas fini de gaspiller les sous du contribuables alors qu'on est meme pas fichu de dépenser quelques centaines de millions pour un drone qu'on est capable de faire ou même de fabriquer une armé légère pour nos fantassins...

Thibault Lamidel a dit…

Bonjour,

Nous sommes d'accord et... pas d'accord.

Le Rafale ferait de la super-croisière en convoyage ? Vous avouerez que cela relève plus de l'anecdocte que de la capacité militaire.

C'est vrai que j'aurais pu m'attarder un peu plus sur la super-croisière et le rapport poids/poussées. Mais ce n'est pas l'objet de mon article.
De plus, je ne vois pas du tout en quoi vous montrez l'intérêt de la super-croisière pour la furtivité . Alors, permettez moi de dire que c'était peut être une chose à ne pas trop traiter dans cet article qui est centré sur les solutions de furtivité et de discrétion du Rafale. Pour parler autant de la super-croisière et tenter d'en montrer l'intérêt, il faudrait un nouvel article (ce qui serait intéressant).

J'aurais pu aussi mieux introduire ma critique des "gros réacteurs". En toile de fond, c'est la critique qu'un avion furtif de cinquième génération, serait forcément lourd (classe des 30 tonnes). Il y a des choix doctrinaux et stratégiques qui ont amené à disposer d'avions de la classe des 30 tonnes. Alors, je vous l'accorde, c'était à mieux introduire. Au moins, je pouvais (aussi maladroitement soit-il) signaler cet état de fait ?

Je me permettrais de vous faire remarquer encore une chose. Mon article est là pour dire que le Rafale, par compromis, pourrait devenir furtif. Je cite l'annulation active. Et je cite le F-15 Silent Eagle. Ce qui est à propos, ce sont les améliorations qui peuvent être apportées à une cellule pour la rendre plus discrète, et dans le cadre du développement de l'annulation active, furtive. Vous détournez complètement mon propos qui est de proposer un Rafale amendé pour un développement modique. Je n'ai pas proposé de concevoir une cellule furtive. Mais j'ai proposé d'améliorer la cellule avec ce qui existe partiellement (les réservoirs CFT).
D'ailleurs, la comparaison avec le Silent Eagle est très à propos. Si on relit ce que vous dites sur la super-croisière avec des CFT qui serviraient de soutes internes, n'est-ce pas pertinent ?

De plus, je ne parierai pas sur un choix français pour la seule électronique comme vous le sous-entendez. Je pense plutôt qu'il n'y avait ni moyen, ni volonté d'avoir une cellule furtive.

Enfin, peut-on tout miser sur l'électronique ? Cela impliquerait une mise à jour permanente ou régulière des systèmes d'armes. Je ne suis pas convaincu que ce soit un fait intégré (et pourtant si nécessaire)qu'un système d'armes se modernise régulièrement (voir le cas des Mirage 2000 français).

Et pour finir, si on pouvait connaître l'ensemble des missions accomplies par les F-117 (dont celles qu'un avion non-furtif n'aurait pu faire), ne pourrait-on pas considérer que la perte d'un appareil est plutôt un petit exploit ? Ou l'impossibilité du "zéro perte" absolu ?

Cordialement,

Thibault Lamidel

gaetan a dit…

Merci pour cet excellent article...
Et pour le backlink...

Par contre, F-117 et cinquième génération, je reste perplexe !

Etchenic Bruno a dit…

Effectivement, la perte d'un F117 est un exploit, tant du point de vue technique, que tactique!
Les serbes ont remarqués que les nighthawks passaient toujours par le meme couloir aérien pour leur vol retour. Il suffisait donc de mettre un missile antiaérien au bon endroit pour faire mouche. Car de trop loin, il est extremement difficle d'accrocher en poursuite un tel engin, mais pas impossible non plus. Alors si les serbes l'ont fait en 99, l'iran, la chine, la russie seront capable de faire beaucoup mieux d'ici quelque années, et annuler la furtivité d'un chasseur de 5eme génération dont la partie étude ram et ras aura couté quelques milliard de dollars, ça la fout mal quand meme. D'où à mon avis la bonne idée prise par la france de ne pas developper de cellule furtive.

Très bon article en tout cas, c'est vrai que j'ai oublié de le préciser, j'ai été égoïste en y allant directement par mes commentaires et remarques.

Thibault Lamidel a dit…

Bonsoir,

Je me permet de signaler une chose. J'ai classé hâtivement le F-117 Nighthawk dans la catégorie des chasseurs de cinquième génération. Je suis allé un peu vite en besogne. Sans ouvrir un débat sans fonds de classification, on peut dire néanmoins que ce n'est pas véritablement un chasseur de cinquième génération.

Je dis ceci, pour illustrer une chose. C'est le fait que depuis le F-117, développé dans les années 70, du chemin a été parcouru. Notamment sur le dessin général d'une cellule furtive. Et par exemple, sur l'annulation active. Ce qui me fait dire que si, éventuellement, la Russie ou d'autres, ont fait du chemin sur la lutte contre les appareils furtifs, les appareils furtifs eux-mêmes ont fait du chemin. C'est l'antique lutte entre le glaive et le bouclier. D'ailleurs, les avancées chinoises et indienne ne sont pas encore probante. Leurs réalisations "indigènes" ne semblent pas satisfaisante, même pour eux. Les chinois copie le SU-27 extension illégale de la production sous licence. Et les indiens croulent sous les tentatives de réalisation locale qui n'aboutissent pas (LCA). Donc, cela m'oblige à dire que la furtivité fait du chemin, ses ennemis potentiels non. D'ailleurs, seule la Russie aurait avancé dans ce domaine. La Chine étant un pays entretenant la raison d'état sur ses véritables capacités. Alors, je peux que ne pas être d'accord avec vous sur le fait de dire que d'autres puissances aéronautique, ancienne, ou en devenir, puissent contester en 2010 ou d'ici 2020 la puissance conféré par la furtivité (et les avancées actuelles et futures dans l'aéronautique).

Je comprends bien que vous êtes contre la production d'une cellule étudiée physiquement pour la furtivité. Cela se voit quand vous prenez votre postulat. Il est de dire qu'un te programme est un gouffre financier pour toutes luttes asymétriques. Si jamais j'avais pu me positionner pour dire qu'il faut préparer l'éventualité de combat entre forces égales, la furtivité resterai un gain. Je n'ai pas eu à le dire puisque vous le faites. Car de nouveau, vous avez changez votre postulat pour dire que la furtivité est inutile dans une guerre symétrique. Donc, finalement, vous êtes allergiques aux cellules furtives quoi qu'il arrive. C'est votre droit.

De plus, vous vous acharnez à deux reprises à me faire dire ce que je n'ai jamais dit. J'ai voulu, souhaité, tenter de montrer dans cet article que l'on pouvait "furtiviser" le Rafale en poussant la logique de discrétion plus loin. En améliorant une cellule existante en changeant peu de chose au final. Juste de quoi faire en sorte que ce soit faisable à peu de frais et directement transposé sur la chaîne de montage.
Je n'ai jamais dit que je voulais un nouvel appareil entièrement conçu autour d'un cellule furtive. Je me répète, je propose des améliorations sur l'existant. De l'asymétrie industrielle et technologique même. Vous avez peur de perdre des milliards dans une telle démarche. Nous sommes donc d'accord, car moi non plus, je n'ai pas souhaité le faire. Par contre, j'ai tenu à remarquer qu'on aurait pu le faire, peut être, si on en avait eu les moyens. En l'absence de ces derniers, l'annulation active a été une solution intermédiaire des plus intéressantes. D'ailleurs, mes propositions se veulent dans ce creuset des solution intermédiaires entre la discrétion et la furtivité.

D'ailleurs, nous sommes bien d'accord, la perte d'un F-117 au-dessus de la Serbie est un exploit isolé dû plus à la routine. Cela ne dégrade pas le mérite des assaillants. Mais je doute de la pertinence de cet exemple.

Je ne suis pas contre les commentaires, la critique, au contraire, j'adore recevoir l'écho des personnes qui se donnent la peine de me lire. Mais, avec un grand respect, je vous ferez remarquez que vous esquivez mes réponses et mes contre-remarques.

Très cordialement,

Thibault Lamidel

n.minh63 a dit…

Excellent article.
je propose que la France achète quelques F35 pour étudier: furtilité, éléctronique, moteur...

Anonyme a dit…

On sait maintenant que le J20 va utiliser le plasma stealth
qui va reduire sa SER par 100,
les russes egalement sur leur T50,
J'espère que la France va suivre,
l'annulation active, c'est bien mais plus qu'insufisant pour repondre a ces nouvelles menaces.
il faut au rafale une furtivite plasmique meme partielle pour augmenter la reduction de sa ser.

Anonyme a dit…

voila un des liens que j'ai trouvé
pour la France.

J'espère que le demonstrateur rafale sera performant et que l'annulation active ne sera pas un placebo a cause d'un manque d'argent.

J'espère qu'on sait pas laisser distancer, sinon on sera mal
pour les prochains conflits.

http://www.onera.fr/vo-portrait/2006-02.php

http://www.techno-science.net/definition/Plasma-stealth.html

Anonyme a dit…

Bonjour,

Quand on parle du silent rafale, il pointe justement son nez.

Il y a un excellent article dans Air & Cosmos no 2269, 10 Juin 2011

http://img51.imageshack.us/img51/1831/66598291.jpg

La DGA prépare le Rafale du Futur

on peut résumer pour ce qui concerne le silent rafale.

Premier test en 2012, à suivre

DEDIRA (DEmonstrateur de DIscrétion RAfale), FRENCH STEALTH RAFALE PROJECT.

DEDIRA is now the official name of the global project to reduce rafale radar signature which contain passive and active solutions.

The features that very are likely to be integrated to reduce further rafale radar signature are :

-Improved air intake design
-New generation RAM
-Stealth Cocoon and hard point to hide weapons
-GaN spectra (already in development since 2009 under the INCAS project (INsert CApability Spectra)
-Other features kept secret by the french Mod

Bon, ca met déjà en bouche