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mercredi 17 février 2010

Crowdsourcing contre menace chimique

Le US Department of Homeland Security et la NASA sont en train de développer des téléphones mobiles contenant des capteurs sensibles à certaines substances chimiques nocives, et notamment celles utilisées dans les attaques terroristes. Cell-All, c'est le nom de l'initiative, prévoit le déploiement de 40 à 60 téléphones d'ici la fin de l'année pour les besoins d'une maquette.



L'idée consiste en la mise en place d'un réseau de détecteurs mobiles, dont la densité suivrait celle de la foule, et donc serait plus importante dans les centres commerciaux, les transports, les stades... alors que la philosophie actuelle de protection contre les menaces chimiques repose sur un nombre restreints de senseurs fixes positionnés en des points clés des centres urbains.

Il s'agit donc réellement d'un projet de crowdsourcing, c'est-à-dire le fait de faire réaliser (en "sous-traitance") certaines tâches par un grand nombre de membres d'une communauté. Une façon distribuée de résoudre les problèmes. Ici c'est au sens littéral du terme (crowd = foule), alors qu'il est en général utilisé dans un contexte Web. La technique utilisée s'appuie sur des courants électriques faibles qui parcourent les capteurs, et dont l'intensité va être modifiée par certains composants chimiques, ce qui provoque le déclenchement d'une alarme sonore.

Les capteurs considérés font la taille d'un timbre-poste et peuvent donc s'intégrer facilement sur un téléphone mobile moderne. Ce n'est pas le cas des capteurs de substances biologiques, beaucoup plus complexes à réaliser : ils nécessitent plusieurs composants et souvent des fluides à réfrigérer. Un projet séparé est donc en cours afin de réduire le volume des systèmes actuels, qui vont de la lunchbox au semi-remorque, selon les substances traquées.

Bien sûr, des problèmes liés au respect des libertés sont levés par Cell-All : quelle information est collectée ? Qui y a accès ? Comment est-elle stockée ? Le tracking est-il permanent ? Une initiative du Homeland Security est nécessairement à surveiller sur le plan de la vie privée. Le spectre de Big Brother n'est jamais très loin. Les réflexions en cours évoquent, pour pallier ces difficultés, un système de souscription volontaire (i.e. les utilisateurs doivent activement s'inscrire et sont par défaut non-participants) ou une distribution limitée à des personnes sélectionnées (employés gouvernementaux, personnel de sécurité...).

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2 commentaires:

MGN a dit…

Je me permets d'ajouter que ce programme est en cours depuis (au moins) trois ans et ne semble pas avoir connu de grandes avancées.

JGP a dit…

Ils annoncent un POC pour cette année, on verra bien ;)