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lundi 3 août 2009

[Le B.A.-BA] : missile balistique et missile de croisière

Je reçois pas mal de visites d'internautes qui cherchent "missile balistique" sur Google, donc en avant pour un petit article.

Tout d'abord, définissons ce qu'est un missile. Il s'agit d'un projectile doté de trois éléments :
  • un propulseur, qui va le faire se mouvoir (fusée, réacteur)
  • un système de guidage (laser, radio, infrarouge, vidéo, fil, gyroscopes...)
  • une charge (explosive ou non)

Missile balistique

Un missile balistique, c'est quoi ? Tout simplement un missile dont une partie de la trajectoire est balistique. Nous voilà bien avancés...surtout pour ceux qui n'ont pas suivi une série scientifique au lycée. Un corps suit une trajectoire balistique si les seules forces auxquelles il est soumis sont son poids (du fait de la gravité) et la résistance du fluide dans lequel il se trouve (donc ici les frottements de l'air, parallèles à sa trajectoire).

Un tel missile peut être lancé depuis un sous-marin, un silo terrestre ou un camion. La première phase du vol d'un missile balistique, la propulsion, ne l'est pas (balistique). Le carburant, solide ou liquide, est consommé et permet au missile d'atteindre rapidement une grande vitesse. Une fois cette courte étape réalisée, le missile entre en vol balistique, et va monter à une altitude très élevée : en général extra atmosphérique, c'est-à-dire plus de 100 km, sauf pour les missiles balistiques à faible portée. Cette phase est la plus longue du vol, et peut durer plusieurs milliers de kilomètres pour les missiles intercontinentaux. Enfin, la dernière phase du vol est la rentrée dans l'atmosphère, où le missile va subir de forts frottements, et la chute sur la cible. La durée de cette phase est de l'ordre de grandeur de celle de propulsion. Un missile balistique va donc avoir une trajectoire en cloche.

Corollaire important : si en phase balistique le missile n'est soumis qu'à des forces externes (gravité, friction), il est donc impossible de modifier sa trajectoire au-delà de la phase de propulsion.

J'en ai déjà un peu parlé, les missiles balistiques vont du tactique SRBM (soutien à l'artillerie sur un théâtre d'opérations, avec une portée de quelques centaines de kilomètres) aux fameux intercontinentaux ICBM (qui parcourent des milliers de kilomètres), généralement dôtés d'une charge nucléaire, relevant à ce titre des forces stratégiques de dissuasion. Il faut noter que la technologie utilisée pour un ICBM est du même type que celle des lanceurs spatiaux, comportant ainsi plusieurs étages.

Le premier des missiles balistiques fut le V2 allemand. Aujourd'hui de nombreux pays en possèdent, notamment l'Iran avec son Shahab-3 ou la Corée du Nord avec son Taepodong, sans oublier la France et ses Pluton, Hadès (tactiques) et M-41/M-51 (équipant les SNLE). La famille des SS-9/SS-18 russes peut avoir une portée de 16 000 km.


Un ICBM SS-18 en phase de propulsion
crédits : Kosmotras


Missile de croisière

Contrairement à un missile balistique, un missile de croisière n'a pas une trajectoire en cloche et va effectuer la totalité de son vol à une altitude relativement basse, par le biais de son système de propulsion actif pendant tout ce vol mais aussi à la portance. Celle-ci est la force perpendiculaire (donc vers le haut pour un déplacement horizontal) au mouvement d'un mobile placé dans un fluide, qui fait par exemple que les avions volent grâce à leurs ailes.

Le système de propulsion d'un missile de croisière est en général composé d'un moteur à réaction. Après son lancement, depuis la terre (infrastructure fixe ou véhicule), un navire, un sous-marin, un aéronef, le missile est autonome, se dirigeant de façon inertielle et/ou au moyen d'autres capteurs (GPS, TERCOM - topographie...). Attention cependant, malgré son intelligence, le missile de croisière n'est pas un drone (UAV), car le véhicule est intégré à la munition, et donc sacrifié à chaque mission.

Il existe des missiles de portées et de vitesses différentes (subsoniques ou supersoniques). Ils peuvent être équipés d'une charge conventionnelle ou nucléaire (en général pour la composante aéroportée de la dissuasion). C'est notamment le cas de l'ASMP (Air Sol Moyenne Portée) de l'armée française (Super Étendard, Mirage 2000 N et bientôt Rafale).


Un ASMP sur un Mirage 2000N
crédits : aviation-francaise.com

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3 commentaires:

MDOuragan a dit…

Bonjour Monsieur,

En dépit de la pertinence du sujet, je me permet de relever le manque de profondeur de votre article sur certains points.

''un propulseur, qui va le faire mouvoir'',
il vaudrait mieux afficher la phrase suivante:
une enveloppe renferment du carburant ou des ergols (solides ou liquides) afin d'alimenter respectivement un ou plusieurs turboréacteurs ou moteurs-fusées (véhicule monoétage ou multiétage).

Missile balistique
''un tel missile peut être lancé depuis un sous-marin, un silo terrestre ou un camion''
Là encore, il vaudrait mieux écrire :
Un tel missile peut être lancé depuis une plateforme maritime (sous-marin, navire) ou terrestre (en surface,depuis un silo, un véhicule, etc.)

''le carburant solide ou liquide, est consommé,...''
Sur ce sujet, vous oubliez le comburant sans lequel le missile ne pourrait fonctionner hors de l'atmosphère.
Donc pour ne rester que dans le jargon des moteurs-fusées, il serait bon d'employer le terme de propergol (en singulier, signifiant la présence de deux ergols _voire trois_ destinés à alimenter le ou les moteurs-fusées.

''Missile de croisière''
A mes yeux, bien que vous ne le mentionner pas, le V-1 constitue le premier missile de croisière, et ce en dépit de son caractère rustique le reliant à l'époque de sa mise en oeuvre.

J'espère que mon commentaire vous permettra d'affiner vos futurs articles.
Bon courage

JGP a dit…

Bonjour,

Merci de ce commentaire.

La "rubrique" dans laquelle s'inscrit l'article est intitulée "le B.A.-BA", d'où ce "manque de profondeur" qui est largement voulu, notamment dans la volonté d'éviter le trop-plein de jargon. Il est évident que ceci n'excuse pas les imprécisions qui se glissent ici ou là.

Pour le V-1 c'est un oubli de ma part d'autant que je mentionne le V-2 auparavant.

JGP a dit…

Addendum : d'ailleurs il est assez vrai que j'ai souvent du mal, notamment dans ce genre d'article, à trouver le juste milieu entre la simplification à outrance et le trop jargonesque. Bref, des progrès à faire dans la vulgarisation...

D'autant que le facteur "temps disponible pour la rédaction de l'article" joue également un rôle important et structurant dans la finition.

Ce que je pense donc faire dans un futur proche, si je trouve la disponibilité et l'inspiration, ce sont des articles un peu plus avancés sur certains sujets "technologiques" précis, toujours en lien avec la défense, où je me permettrais donc de détailler et jargonner un peu plus, tout en prenant simultanément quelques raccourcis que le souhait de vulgarisation rend difficiles à utiliser.

Tout en continuant à compter sur mes lecteurs avertis pour me remettre constructivement dans le droit chemin si nécessaire.