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samedi 11 septembre 2010

Salvatore Giunta, premier récipiendaire vivant de la Medal of Honor depuis la guerre du Vietnam

Ayant servi en Irak et en Afghanistan, Salvatore Giunta va devenir le premier soldat américain décoré de son vivant de la Medal of Honor (plus haute distinction militaire américaine) depuis la guerre du Vietnam, pour son attitude lors d'une embuscade tendue par des Talibans en octobre 2007.


Salvatore Giunta

Voici la description donnée par la Maison Blanche :

Then-Specialist Salvatore A. Giunta distinguished himself by acts of gallantry at the risk of his life above and beyond the call of duty while serving as a rifle team leader with Company B, 2d Battalion (Airborne), 503d Infantry Regiment during combat operations against an armed enemy in the Korengal Valley, Afghanistan on October 25, 2007.

When an insurgent force ambush split Specialist Giunta's squad into two groups, he exposed himself to enemy fire to pull a comrade back to cover. Later, while engaging the enemy and attempting to link up with the rest of his squad, Specialist Giunta noticed two insurgents carrying away a fellow soldier. He immediately engaged the enemy, killing one and wounding the other, and provided medical aid to his wounded comrade while the rest of his squad caught up and provided security. His courage and leadership while under extreme enemy fire were integral to his platoon's ability defeat an enemy ambush and recover a fellow American paratrooper from enemy hands.

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Le 11 septembre, nouveau marronnier ?

C'est triste, mais c'est un peu ce que je me demande en lisant ceci.

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vendredi 10 septembre 2010

IED : apprendre à penser comme les insurgés

Inspiré par l'expérience d'Hideshi Sasaki, sergeant major US au sein du 506ème régiment parachutiste d'infanterie, particulièrement touché par les IED dans le triangle sunnite en 2004 et 2005, l'Institute for Creative Technology de l'University of Southern California a développé (en partenariat avec le Joint IED Defeat Organization du Pentagone) le Mobile Counter-IED Trainer
(MCIT).

L'objectif et de doter les forces armées (et en premier lieu celles amenées à opérer en Irak et Afghanistan) des clés pour comprendre les IED et le mode de pensée des insurgés qui les mettent au point et les dissimulent dans la nature.

La vidéo de présentation est digne d'Hollywood, dont les talents ont d'ailleurs été mis à contribution. Mettant l'accent sur la mise en pratique (il s'agit bien d'un jeu sérieux), les créateurs du MICT insistent sur son côté "anti-PowerPoint".



Constitué de quatre séquences, d'une durée totale de 90 minutes, le système permet selon ses promoteurs de former une centaine de soldats par jour. L'apprentissage se veut progressif :
Et il semble bien que l'incarnation du "méchant insurgé", point d'orgue de la formation, soit le plus instructif, car, émulation aidant, les stagiaires prennent le rôle très au sérieux et prennent donc pleinement conscience de l'importance :
  • de la connaissance des particularités physiques du terrain
  • du positionnement des différents protagonistes (guetteur, déclencheur, caméraman - car une bonne attaque à l'IED doit être filmée !)
En bref, il s'agit de mettre dans les mains des troupes américaines un nouvel outil permettant de lutter contre la principale arme dont disposent aujourd'hui les insurgés en Afghanistan. A date, trois MICT ont été mis en oeuvre, pour un coût unitaire d'environ 2 millions de dollars.

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mercredi 8 septembre 2010

Inondations au Pakistan : les islamistes à la conquête des coeurs et des esprits

En fin de semaine dernière, le FMI a enfin décidé d'une aide d' "urgence" (combien de temps après la catastrophe ?) de 450 M$ en faveur du Pakistan, touché depuis juillet par de graves inondations.

Sur le terrain, et ce n'est pas une exclusivité (cf. l'Algérie par exemple), les islamistes n'ont eux pas perdu de temps, se retrouvant souvent les premiers à fournir vêtements, nourriture et eau à la population qui a tout perdu. Ce qui a pour effet de marquer des points auprès de l'opinion, qui leur en est reconnaissante.

crédits : Paris Match

En Occident, et particulièrement en Europe, il a été souligné que la faible empathie globale de la population (et des dirigeants) résultait d'un manque de proximité culturelle. Pourtant, si l'on considère les discours de nos dirigeants, la première menace pesant sur le monde est le terrorisme islamiste mené par Al-Qaida et ses franchises, dont les zones tribales du Pakistan constituent la principale base arrière. Aussi, il apparaît assez paradoxal de voir que tout n'est pas fait au plus tôt, dans de telles situations, pour montrer que la communauté internationale est là pour aider massivement la population pakistanaise, qui joue par ailleurs un rôle pivot dans la lutte contre les Talibans, Al-Qaida et leurs alliés.

Il y a un proverbe chinois qui dit à peu près "pour séduire une femme, un homme doit traverser mille murs de pierre, alors que pour séduire un homme, une femme doit seulement franchir un mur de papier". Malgré la réalité du terrain (plus des deux tiers des victimes civiles de la guerre en Afghanistan sont le fait des insurgés), nous sommes de fait un peu dans cette situation : les États-Unis et l'OTAN doivent accomplir des efforts autrement plus importants que leurs adversaires pour persuader la population locale qu'ils ne sont pas que des occupants voire des envahisseurs.

C'est une réalité, le sentiment anti-américain prévaut dans la rue pakistanaise, même si les gradés US veulent croire que les images de soldats paskistanais et américains oeuvrant ensemble pour aider les sinistrés ont pu contribuer à la conquête des coeurs et des esprits :

Le général Nagata, le deuxième plus haut gradé américain sur le terrain, a néanmoins assuré que les civils pakistanais "sont impressionnés lorsqu'ils voient les soldats pakistanais et américains travailler côte à côte, voler dans les mêmes hélicoptères et oeuvrer ensemble sur les zones d'atterrissage".

Dans le Nord-Ouest du pays, zone particulièrement sinistrée, alors que les opérations militaires (notamment dans la vallée du Swat) de l'armée pakistanaise ont dû être interrompues à cause des intempéries et des destructions qu'elle a causées, les Talibans ont eux été relativement épargnés, notamment grâce à l'altitude de leurs camps. Ils viennent par ailleurs juste de rompre la trêve en vigueur depuis le début des inondations avec le triple attentat de Lahore ayant fait des dizaines de victimes chiites : la division des communautés, facteur de déstabilisation du pays, joue également en leur faveur. Et ils ne se privent pas de souligner toutes les insuffisances des puissances étrangères, et même de menacer directement les humanitaires déployés sur le terrain :
Aucune aide n'atteint les gens affectés, et quand les victimes ne reçoivent pas d'aide, cette horde d'étrangers est pour nous totalement inacceptable

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lundi 6 septembre 2010

La France en manque de MALE

Alors que les médias ont dernièrement relaté les discussions franco-britanniques sur diverses formes de coopération, l'attention s'est portée, et c'est assez normal, sur d'hypothétiques porte-avions, des missiles ou même des pétroliers-ravitailleurs.

Cependant, il est également un autre domaine dans lequel France et Royaume-Uni considèrent l'union de leurs efforts : les drones, et notamment les MALE (Medium Altitude Long Endurance), comme l'indique un article des Echos :

Parmi les sujets de discussion figurent les drones, ces avions sans pilote très en vogue. Paris est engagé depuis des années dans une coopération avec Berlin et Madrid, avec EADS à la manoeuvre industrielle. Mais le projet, baptisé « Talarion », a du plomb dans l'aile, car il est hors d'accès financièrement. Du coup, la DGA sonde les Américains pour un éventuel achat de Predator, mais elle a aussi demandé à Dassault et BAE de regarder ce qu'il serait possible de faire selon un axe transmanche

Un drone Reaper

Oui, le Talarion connait quelques soucis, mais EADS ne perd pas espoir et continue à le financer, au cas où France, Allemagne et Espagne prendraient le relais en s'engageant fermement. Il ne faut pas oublier non plus le SDM, programme concurrent mené par Thales et Dassault Aviation (avec Indra et Israeli Aerospace Industries). Deux programmes européens (en plus du Mantis britannique et des Sky X et Y italiens), sur un secteur largement dominé par les Etats-Unis et Israël... capital pour l'indépendance technologique et le futur de l'aéronautique militaire (et de l'ISR, au coeur de la guerre réseau-centrée), alors qu'un gros point d'interrogation demeure sur la prochaine génération d'avions de chasse.

Car il n'y aura a priori aucune nouveauté sur ce front en Europe dan les deux prochaines décennies. Et comme l'a souligné le patron de Dassault Aviation Charles Edestenne, 90% des technologies développées pour les UAV (drones aériens) sont destinées aux capacités de combat aérien.

L'indépendance technologique européenne sur ce sujet apparaît donc menacée par la division des industriels et des pays membres, ces derniers n'étant pas nécessairement prêts à mettre la main à la poche pour financer des programmes à long terme. Mais le besoin opérationnel immédiat, en particulier en Afghanistan, joue son rôle à plein : les USA l'ont bien compris, et c'est pourquoi ils proposent des Reaper (ou Predator B) au coût également moins évlevé que les alternatives européennes. La décision d'achat devrait être prise cet automne, selon Hervé Morin, ministre de la défense.

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vendredi 3 septembre 2010

C4ISR Journal

Peut-être connaissez-vous le C4ISR Journal, une référence internationale dans tout ce qui touche au Network-Centric Warfare (Un livre pour s'initier au concept de guerre en réseau et au NCW).



Comme son nom l'indique, il s'intéresse à l'actualité du Command, Control, Communication, Computers, Intelligence, Surveillance, Reconnaissance. Un domaine assez large, avide de technologies de l'information, particulièrement concerné par la dualité militaire / civil (voir par exemple Les Playstation de l'armée américaine).

Il y a juste un petit détail qui m'étonne, c'est la manière dont ils se présentent :

C4ISR Journal was launched in 2002 to fill the need for an authoritative information source on intelligence, surveillance and reconnaissance, a fast-growing field that is shaping the face of modern warfare.

On retrouve bien le I, le S et le R, mais les 4 C sont manquants ! Alors c'est sûr que les drones, les satellites, les jumelles IR ou le GPS c'est assez parlant et funky, mais ça ne fait pas l'intégralité de la boucle OODA (sans parler de l'infrastructure technique qui sous-tend le réseau dont il est question).

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mercredi 1 septembre 2010

Petit post sur le thème d'août d'AGS ("jeux stratégiques")

Pas vraiment actif ce mois-ci sur le front AGS, je me rattrape un petit peu avec ces quelques lignes en réponse à Olivier Kempf concernant la "règle du jeu", différence essentielle entre monde virtuel et guerre réelle.

Un jeu vidéo est nécessairement marqué par un certain déterminisme lié au choix de ses créateurs, qu'il s'agisse de l'Intelligence Artificielle (au moins jusqu'à l'apparition de Skynet ;)) ou même des possibilités offertes aux joueurs humains. Il y a toujours une "règle du jeu", plus ou moins flexible. Et ceci même quand il s'agit de profiter d'un exploit (utiliser un bug de la machine, est-ce de la triche, s'il s'applique à tout le mon de et qu'il n'y a pas d'asymétrie de l'information ?) ou des possibilités offertes par le metagaming, c'est-à-dire tout se qui se passe en dehors du jeu (donc souvent dans le monde réel) et qui peut influencer se qui se passe pendant le jeu. Dans les jeux en ligne actuels, cela peut concerner par exemple l'achat en monnaie sonnante et trébuchante (euros ou dollars) à d'autres joueurs d'armes ou équipements virtuels.


Mes références personnelles sont super vieilles (j'ai arrêté de jouer il y a environ 10 ans) mais déjà fin du IIème millénaire le développeur de Total Annihilation avait laissé la possibilité à la communauté des joueurs de créer et d'ajouter des unités terrestres (véhicules, robots, fortifications, artillerie, extraction d'énergie et minerais, silos nucléaires, usines d'armement...), aériennes (chasseurs, bombardiers), navales (PA, sous-marins, cargo...) ou amphibie "home made" : rapidité, persistance, portée et puissance de feu, complexité de fabrication, tout pouvait être défini par les programmeurs amateurs, qui ensuite mettaient leurs créations à la disposition de tous (certains sites Web doivent encore exister). Du coup des unités extrêmement puissantes, increvables et quasiment "dissuasives" sont apparues, qui mettaient en déroute toute stratégie (et toute tactique) existant dans l'univers des possibles préalable.

Cependant, car on est dans un "jeu" qui se veut amusant et ludique (et que l'intérêt réside précisément dans le déroulement de la guerre, qui est une fin en elle-même), avant chaque partie un accord était trouvé sur les unités autorisées pour la partie, afin que cela reste équilibré et jouable.

Bien sûr les "cheat codes" (ressources naturelles en abondance, invincibilité de certaines unités...) se sont pas permis.

Total Annihilation est d'autant plus intéressant dans ce débat qu'il s'agit d'un affrontement entre robots, dont certains rêvent qu'il s'agira de la "proxy war" du futur. Une sorte d'affrontement entre "champions désignés", un peu comme, à l'autre bout du spectre historique, un David vs Goliath remis a goût du jour technologique.

Deux détails supplémentaires (et qui bien entendu ne sont pas des exclusivités de Total Annihilation) mettant en exergue le côté "codifié" :
  • la possibilité de désactiver le "fog of war", qui dans le jeu a une signification littérale puisqu'il est purement lié à la visibilité de ce qui se passe sur le champ de bataille hors du champ de vision "normal" des unités
  • la définition du critère de fin d'une bataille : soit la mort du Commander (l'unité principale, unique pour chaque camp, en gros sur l'image ci-dessus), soit l'extermination de toutes les unités
Bref, malgré le titre du jeu, tous les moyens ne sont pas bons pour parvenir à ses fins, fins qui sont négociées au préalable avec l'adversaire. Et qui d'ailleurs sont les mêmes que les siennes (sauf dans le cas où l'on joue des scénarios).

Dans la vraie vie, c'est autre chose... enfin surtout depuis que la guerre est devenue "totale" et qu'elle n'est plus une question de rivalités de personnes partageant le même référentiel culturel, et pouvant reconnaître leur défaite (et leur victoire) avant l'annihilation d'une des parties (voir Il y a guerre limitée et guerre limitée).

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