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jeudi 6 juin 2013
samedi 11 mai 2013
vendredi 12 avril 2013
Publication "Guerre et économie : de l’économie de guerre à la guerre économique"
En juillet 2011 j'a participé au colloque "Guerre et économie : de l'économie de guerre à la guerre économique" organisé entre autres par AGS à l'Ecole Militaire. Mon intervention s'est faite autour du sujet "Etat, grande stratégie et protection de l'économie".
Les actes, grâce à la persévérance sans faille d'Olivier Kempf, ont enfin été publiés récemment chez L'Harmattan, reprenant et enrichissant les propos tenus lors de cette journée particulièrement variée et intéressante. Je reproduis ici l'article d'Olivier sur l'ouvrage, et je vous invite bien évidemment à l'acquérir le plus rapidement possible !
***
AGS, il y a quelques mois, avait coorganisé un colloque sur Guerre et économie (voir ici). Les actes viennent d’en être publiés. Mais le livre est un peu plus fourni que de simples actes d’un colloque, et il est un peu plus qu’un simple ouvrage collectif. En effet, par son thème et par sa volonté de réunir deux aspects des relations entre la guerre et l’économie, il a pour ambition de revisiter un sujet curieusement négligé en France, celui de l’économie de défense. Cette dernière est un peu plus vaste que la simple « économie de l’industrie de défense » à laquelle elle est souvent assimilée. Aussi, avoir un livre qui rassemble, entre autres, Jacques Sapir, Ch. Schmidt, N. Bouzou, Ch. Harbulot, Ali Laïdi suscite l’intérêt.
Voici donc les Actes du colloque organisé par Participation et progrès, Alliance géostratégique et l’École de guerre économique, en partenariat avec EPEE, le 1er juillet 2011 à l’École militaire. Aperçu sur l’avant-propos et le sommaire complet:
Avant-propos
Guerre et économie : ç’aurait pu être un de ces colloques courants, aux sujets rebattus, où les figures habituelles dispensent à répétition leurs non-messages monotones. Et pourtant, cela fait des lustres qu’un colloque ne s’est pas interrogé sérieusement sur les rapports entre guerre et économie. Soyons ici précis : il y a bien sûr des colloques évoquant « l’économie de défense », et d’excellents : mais ils sont surtout orientés vers l’industrie de défense, sa concurrence, ses conditions, son avenir. Or, ce n’est pas ce dont nous parlerons.
Quant à l’économie de défense, si elle avait connu une certaine effervescence à la fin des années 1990, (grâce à des auteurs comme Christian Schmidt, Nicole Chaix, Jean-Paul Hébert (+), Jacques Aben, Jacques Fontanel, …), l’impulsion initiale n’a pas été suivie, à la différence des pays anglo-saxons où une école de « défense and peace economics » témoigne d’une vigueur certaine .
Pourtant, il faut bien constater, aujourd’hui, l’interpénétration de la guerre et de l’économie : l’économie étant guerrière, et la guerre teintée d’économie.
1/ L’économie est-elle en guerre ?
L’utilisation du vocabulaire de la stratégie dans le monde de l’économie, notamment celui de l’entreprise, ne date pas d’hier : stratégie, tactique, cible, offensive, objectif, … autant de mots utilisés par les managers ou les dirigeants de Bercy. il faut également constater une inflation du mot guerre dans le discours ambiant (guerre à la drogue, à la délinquance, à la pauvreté, à la mucoviscidose…) et plus particulièrement dans celui de l’économie : la « guerre économique » est une expression qui fait florès, sans même parler de la guerre des monnaies, la guerre des taux, la guerre des matières premières, …. Cela mérite qu’on s’y attarde à nouveau en posant cinq questions :
- a/ Cette guerre économique recouvre-t-elle seulement la concurrence exacerbée entre les entreprises, dont les conditions seraient plus intenses aujourd’hui ? si oui pourquoi ? qu’est-ce qui a changé ? et comment expliquer les phénomènes de coopétition, qui paraissent bien loin d’une expérience guerrière qui chercherait toujours la destruction de l’opposant ?
- b/ S’agit-il de l’effet d’une mondialisation plus poussée qu’avant et qui verrait l’apparition de nouveaux acteurs, dit émergents : ceux-ci utiliseraient des atouts économiques (faut-il parler d’armes ?) qui mettraient en danger les structures économiques des leaders précédents ?
- c/ Faut-il évoquer la compétition accrue pour des ressources rares : l’énergie vient la première à l’esprit, si on pense aux débats sur le pic pétrolier ou « la guerre du gaz », mais on voit apparaître des tensions sur l’ensemble des matières premières qui toutes, à tour de rôle, connaissent des flambées spéculatives qui ne sont pas dues seulement au dérèglements des marchés ; de même, la question des « terres rares » monopolisées par la Chine, les disputes accrues sur la maîtrise de l’eau, l’achat croissant de terres arables constituent autant d’indices qu’il y a une interpénétration entre le jeu économique (meilleure allocation des ressources rares) et la réalité écologique.
- d/ On a de même l’impression que l’espace économique s’est compliqué avec le cyberespace : l’informatique mise en réseau facilite le développement économique, mais ouvre dans le même temps de nouvelles failles que la concurrence exploitera : tout le domaine de l’intelligence économique a ainsi un soubassement cyber qui est le lieu d’affrontements discrets, mais ô combien efficaces, et que l’analyse économique doit appréhender, par exemple en se posant la question : s’agit-il de deux espaces conflictuels distincts, ou faut-il les intégrer ?
- e/ Dernière question, celle du rôle des acteurs, et tout d’abord de l’État : celui-ci avait été remisé lors de la mondialisation bienheureuse, on s’aperçoit, avec la crise, qu’il conserve encore quelque utilité : il ne s’agit pas seulement de régulation, mais aussi d’assurer une garantie en dernier ressort, notamment quand les dettes privées ne sont plus couvertes par les mécanismes de marché. Cependant, outre ce rôle que l’on pourra dire traditionnel, n’y a-t-il pas place pour un rôle plus actif de l’État, au service des entreprises, et selon une logique nationale et souveraine ? de ce point de vue, la « guerre économique » constituerait la conjonction des intérêts publics et privés, aussi bien dans l’offensive que dans la défensive, et selon des règles tacites d’autant plus vigoureuses que les conditions « extérieures » seraient plus pressantes.
Autant de questions qui veulent analyser cette notion de guerre économique, et ne pas la prendre pour « argent comptant ». Mais il faut aussi aborder les choses selon un autre point de vue, celui de la guerre.
2/ La guerre n’est-elle dorénavant qu’affaire d’économie ?
Les historiens et les stratèges évoquent depuis longtemps l’économie de guerre : la guerre industrielle, initiée au milieu du XIX° siècle, a conduit aux guerres totales du XX° siècle : si on sait donc qu’économie et guerre ont parties liées, on se rend compte aujourd’hui que la façon de conduire la guerre dépend directement du mode d’accumulation et de production. Là encore, cinq questions se posent.
- a/ Tout d’abord, une interrogation vient immédiatement à l’esprit : les modifications actuelles des systèmes de production et d’accumulation économiques vont-ils avoir des conséquences sur la conduite de la guerre, et lesquelles ?
- b/ En supposant que oui et en allant plus dans le détail, comment la complexité de l’économie (qu’on vient d’évoquer) affecte-t-elle déjà le déroulement de la guerre ? Y a-t-il des gammes de la guerre comme il y a des gammes de produits ? Peut-on parler de guerres low-cost qui s’opposeraient aux guerres high-cost, qu’on n’ose dire haut de gamme ? Et comment ces deux types de guerre peuvent-ils coexister ? Un acteur de la guerre, régulier ou irrégulier, a-t-il le choix lorsqu’il construit son appareil militaire ? Est-il optimal (à supposer que cela soit possible) de vouloir se positionner dans toutes les gammes, ou la préférence donnée à l’une ne conduit-elle pas à une asymétrie systémique ? Ne faut-il pas parler de « concurrence » des modèles de guerre, en utilisant les outils de l’analyse économique pour déterminer le choix le plus efficient ?
- c/ La guerre contemporaine connaît une profonde mutation, n’étant plus que rarement régulière. Cet élargissement de la conflictualité paraît d’ailleurs similaire à l’élargissement de la compétition économique que nous avons déjà évoqué. Ne faut-il pas, dès lors, introduire l’espace économique comme un des nouveaux espaces lisses de la guerre, le macro renvoyant au stratégique, le micro au tactique ?
- d/ Pareillement, la notion de crise est également utilisée par les stratèges et les économistes : y a-t-il une liaison de cause à effet entre une crise économique et une crise stratégique ? Cette liaison obéit-elle d’ailleurs à une causalité simple ?
- e/ Comment les stratèges contemporains utilisent-ils les outils économiques ? cette question se pose au travers de la privatisation de la guerre (développement des sociétés militaires privées, mais aussi des sous-traitants locaux) et donc du partage du monopole étatique de la violence ; elle se pose aussi dans le contexte de l’approche globale, l’action militaire ne pouvant plus à elle seule décider de l’issue d’un conflit et devant donc se conjuguer avec d’autres actions (sécuritaires, diplomatiques, d’éducation, de justice, de développement) : quelle coopération envisager avec les acteurs économiques, à buts lucratifs ou non, dans la sortie de crise ? Comment concilier le profit des uns et les buts de guerre des autres ?
On l’a compris, les questionnements sur la guerre et l’économie ont pris une épaisseur nouvelle, à l’aune des évolutions tant du monde économique (mondialisation, crise de 2008, émergence) que du monde stratégique (guerre irrégulière, développement de réseaux privés, crise écologique, révoltes arabes).
Un colloque ne propose que des réponses forcément partielles à ces questions : espérons simplement qu’il contribuera à relancer l’intérêt pour ce champ passionnant qu’est l’économie de défense.
Les textes réunis ici ne reprennent pas l’ordre adopté lors du colloque : ils ont été réordonnés et augmentés de quelques contributions nouvelles. Une première partie s’intéresse à la guerre face à l’économie, afin de penser économiquement la guerre (A) mais aussi de décrypter le rôle de l’économie dans la conduite de la guerre (B).
Une deuxième partie étudie la guerre économique, en évoquant l’économie en guerre (A) puis en décrivant quelques procédés de guerre économique (B).
Avant propos : des relations entre la guerre et l’économie (O. Kempf)
1ère partie : la guerre face à l’économie
- Thème 1 : Penser économiquement la guerre
- Crises et guerres : de la crise économique à la crise stratégique (Christian Schmidt)
- L’économie de guerre a-t-elle encore un avenir (Jacques Sapir)
- La guerre et l’économie : de la micro à la macro ; du tactique au stratégique (Olivier Marcotte)
- Mutations de l’économie, formes de la guerre (Nicolas Mazzucchi)
- Thème 2 : rôle de l’économie dans la conduite de la guerre
- Le modèle low cost appliqué à la guerre (Stéphane Dossé)
- Guerre irrégulière, actions civiles, actions militaires (François Chauvancy)
- La guerre, la ville et l’économie (Bénédicte Tratnjek)
- Entreprenariat militaire et modèle économique : esquisse d’une typologie historique du recours au mercenariat (Georges-Henri Bricet des Vallons & Sébastien Le Gal)
2ème Partie : la guerre économique.
- Thème 3 : L’économie en guerre
- État, grande stratégie et protection de l’économie (Jean Pujol)
- La grille de lecture Puissance/Marché/Territoire (PMT) (Christian Harbulot)
- Les pays en guerre économique (Ali Laïdi)
- La piraterie maritime : un business porteur ? (Sonia Le Gouriellec)
- La guerre et l’entreprise (Jacques Hogard)
- Cyberguerre et économie (Guillaume Tissier)
- Thème 4 : procédés de la guerre économique
- Monnaies : l’Europe doit s’armer pour éviter la guerre (Nicolas Bouzou)
- Guerre en coalition et guerre des normes (Florent de Saint Victor)
- De la sécurité énergétique à la sécurité des flux (Olivier Kempf)
- Stratégie des approvisionnements (Matthieu Anquez)
- L’affrontement sino-américain autour des terres rares, entre survie et expansion des puissances (Edouard Chanot)
Conclusion (Pierre Pascallon)
- Bibliographie
- Table des matières
jeudi 11 avril 2013
dimanche 10 mars 2013
dimanche 30 septembre 2012
Café Stratégique "Les conséquences stratégiques des élections américaines" le 11/10 avec Maya Kandel
C'est parti pour la troisième saison des Cafés Stratégiques de l'Alliance Géostratégique !
Venez nombreux au café Le Concorde le jeudi 11 octobre à 19h pour discuter des conséquences stratégiques des élections américaines autour de Maya Kandel de l'IRSEM.
L'entrée est libre mais soyez à l'heure !
dimanche 24 juin 2012
Défense et des bulles – juin 2012 : Notre mère la guerre de Kris et Maël
J'ai eu un gros coup de coeur pour le premier tome (« Première complainte ») de Notre mère la guerre, par Kris au scénario et Maël au dessin. Certes, j'ai un faible pour les BD traitant de la Première Guerre Mondiale (voir par exemple Le soldat inconnu vivant), mais celle-ci vaut vraiment le détour.
Janvier 1915, sur le front de la der des ders, en Champagne pouilleuse, l'histoire rencontre l'Histoire quand trois femmes sont retrouvées assassinées, toutes avec une lettre d'adieu signée de la main de leur meurtrier.
Le lieutenant Vialatte, gendarme originaire du Sud-Ouest (Tarn-et-Garonne), catholique et humaniste, amateur de Péguy et qui a grandi avec une image « romantique », selon ses propres termes, de la guerre, est chargé de l'enquête. Il se heurte rapidement à l'Etat-Major, qui veut rapidement clore l'affaire, mais également aux Poilus, qui voient d'un mauvais oeil un « cogne » de l'arrière venir les accuser de meurtre, alors qu'ils tentent tous les jours de survivre à l'hiver rigoureux et aux obus allemands.
La barrière qui le sépare des autres personnages est ainsi explicitée par un échange avec un capitaine d'infanterie :
- Mais lui a-t-on dit, à votre général, que les gendarmes sont des militaires ?- Des militaires, oui... mais pas des soldats..
Au travers du lieutenant Vialatte, le lecteur découvre progressivement le quotidien de la ligne de front, entre échanges de tirs avec le camp adverse, stress post-traumatique et cambriolages des tranchées pendant les phases de repli. Le dessin et l'encrage particulièrement léchés contribuent fortement à créer une atmosphère sombre voire désespérée, synthèse réussie des genres du polar noir et du récit de guerre. Les dialogues, remplis d'argots régionaux et d'époque, sont particulièrement vivants et colorés. Les allusions politiques restent subtiles, notamment lors des échanges entre le gendarme et un caporal « internationaliste » mais consciencieux et dévoué à ses hommes (il faut dire que depuis août 1914 « le socialisme s'est découvert patriote »). Le style est très différent de celui d'un Tardi (Putain de guerre !) mais l'effet est tout aussi fort.
Certes, depuis un certain temps les films, documentaires, romans et bandes-dessinées sur la Grande Guerre s'accumulent, en véhiculant plus ou moins le même type de message, mais on lit d'une traite l'histoire de cet idéaliste qui tente de préserver la dignité humaine et la recherche de la vérité au milieu de l'enfer. Particulièrement quand il s'entend dire par un pauvre bougre envoyé en première ligne, en référence à la mort de Gavroche dans Les Misérables :
Les livres mentent. Et ceux d'Hugo en premier. Quand on meurt, sur la barricade ou dans la tranchée, on ne chante pas. On chie dans son froc.
Je viens de me plonger dans le deuxième tome, qui commence par une séquence assez "graphique" (calque de l'anglais) illustrant une offensive, que l'on peut résumer par le dialogue suivant :
- Bon... certain de sa mort ? Vous avez vérifié le corps ?- Son corps ? Il était éparpillé sur mon visage, mon lieutenant...
P.S. : au passage, je signale à tout hasard que l'excellent Capitaine Conan de Betrand Tavernier figure au nombre des chefs d'oeuvre du film de guerre de la collection créée par Guerres & Histoire. A voir absolument !
samedi 9 juin 2012
Chronique industrie – juin 2012 : impacts sur l’économie US des réductions du budget de défense
Chez nous, le débat sur la réduction du budget de défense en cette période de crise agite la scène politique (voir notamment l’interview de Michel Goya « Crise ou pas, réduire les dépenses en matière de dépense serait tragique » par Romain Mielcarek). Je souhaite revenir sur une étude publiée fin 2011, analysant les impacts des réductions de budget prévues pour 2013 aux Etats-Unis.
Cette étude, menée par Stephen S. Fuller de l’université George Mason, intitulée The US Economy impact of approved and projected DOD spending reductions on equipment in 2013, en arrive au fait implacable qu’un dollar d’économisé représente bien plus d’un dollar de richesse « perdue » dans l’économie américaine. Ainsi, les 45 G$ de coupe budgétaire pourraient amputer près de 25% la croissance du PIB. Et ceci pour plusieurs raisons.
En premier lieu parce que les fournisseurs du Pentagone sont eux-mêmes intégrés à un écosystème de sous-traitants très vaste, où les SMB se taillent la part du lion, et qui emploient des millions d’Américains, qu’il faut donc ajouter au million d’employés directs de l’industrie de défense. Au total, 164 G$ en moins seraient injectés dans l’économie, du fait principalement (à 71%) de l’impact sur la consommation des salariés licenciés ou subissant des baisses de revenus. Lesquelles s’élèveraient à un total de 60 G$ dont près de 50 G$ en dehors du secteur de la défense.
Par ailleurs, le chômage ferait un bon de 0,6 point, avec un million d’emplois détruits en tout : un peu plus de 100 000 chez les fournisseurs de rang 1 (les Boeing, Raytheon, Northrop Grumman…) mais plus de 650 000 en dehors du secteur de la défense (prime contractors et sous-traitants) : distribution, construction, santé, loisirs…
L’étude mentionne également les conséquences négatives sur l’investissement des entreprises, autre composante de la croissance économique, pour un montant 27 G$, touchant principalement, là encore, les secteurs autres que la défense.
Au total, le PIB des Etats-Unis serait amputé de 86 G$.
Certains Etats américains seraient particulièrement touchés, notamment la Californie, le Texas, la Virginie, ce qui ne manquerait pas, dans une période ou même les Etats-Unis connaissent un chômage élevé, de provoquer des remous locaux.
Bien évidemment, une telle étude, largement mise en avant par l’AIA (Aerospace Industries Association, lobby des entreprises aérospatiales), doit être prise avec des pincettes. Car en premier lieu il est évident que la période est à la rigueur budgétaire, et que quels que soient les arbitrages pris, ils auront des impacts sur la croissance. Cependant, elle a le mérite de rappeler que la BITD, et c’est le cas également en France, de par la variété de ses métiers, des technologies mises en œuvre, est un maillon très important de la chaîne de valeur globale de l’économie américaine. Que ce soit au travers du recours aux sous-traitants, de la consommation de ses employés (massivement localisés aux Etats-Unis) ou de l’investissement de ses entreprises.
Si Michel Goya dans l’article cité ci-dessus évoque surtout l’impact des réductions budgétaires sur les capacités de défense, il ne faut donc pas négliger non plus les effets sur l’économie ; qui, dans le monde actuel, est plus que jamais un facteur de puissance et une dimension non négligeable de la « grande stratégie » de nos Etats.
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lundi 28 mai 2012
Défense et des bulles – mai 2012 : Des soldats d’honneur (Donjon)
Tous les fans de BD franco-belge connaissent la série d’heroic fantasy Donjon, créée par Lewis Trondheim (Lapinot, Les cosmonautes du futur…) et Joann Sfar (Le chat du rabbin, Le minuscule mousquetaire, Socrate le demi-chien…) en 1998, et constituée à ce jour de plus d’une trentaine d’albums– un rythme assez exceptionnel pour de la bande-dessinée, bien que la dernière publication remonte à 2009.
S’inspirant du jeu de rôle Donjons et Dragons, elle est centrée sur l’histoire d’un Donjon, où des aventuriers viennent tenter leur chance de rafler une partie du trésor, bien gardé par toute une troupe de monstres et autres guerriers, placés sous l’autorité bienveillante du Gardien.
L’originalité tient au fait que les histoire sont racontées du point de vue de ces derniers, et non des intrépides aventuriers qui presque tous sans exception viennent mourir leur épée à la main. A noter, comme très souvent chez Trondheim, que les personnages sont tous des bipèdes de diverses espèces (chiens, oiseaux, reptiles) anthropomorphiques.
La série, ni historique ni militaire, mais au sein de laquelle la guerre est omniprésente, est elle-même découpée en cinq sous-séries :
- Donjon Potron-Minet, qui raconte la jeunesse du gardien, avant la création du Donjon
- Donjon Zénith, ou l’époque de la splendeur du Donjon
- Donjon Crépuscule, après la chute du Donjon, qui se déroule dans un monde post-apocalyptique
- Donjon Parade, des aventures plutôt humoristiques centrées sur deux des personnages principaux, chronologiquement au milieu de Donjon Zénith
- Donjon Monsters, dont chaque album sert de « back story » à l’un des personnages secondaires de Donjon Porton-Minet, Donjon Zénith ou Donjon Crépuscule
Pour la chronique de ce mois-ci, je souhaite faire un focus plus particulier sur le Tome 10 de Donjon Monsters, intitulé Des soldats d’honneur, se situant chronologiquement entre Donjon Zénith et Donjon Crépuscule, et pour lequel Sfar et Trondheim au scénario se sont adjoints les services de Bézian au dessin (la collaboration avec des dessinateurs différents pour chaque album est l’une des caractéristiques de Donjon Monsters).
L’on y suit deux frères draconistes (terme jamais vraiment défini à ma connaissance, mais désignant des reptiliens adeptes d’une religion de type chamanique), membres de la Géhenne, l’armée du Grand Khan, qui règne alors sur le Donjon et une grande partie de Terra Amata, la planète de la série Donjon.
Initialement, ils sont totalement dévoués à leur empereur, comme en témoigne le quatrième de couverture :
Le Grand Khan est notre chef et je luis obéis aveuglément. Être sous les ordres d’un tel leader est un privilège rare. Il illumine nos vies et comble nos incertitudes. Je donnerais ma vie pour lui. D’autant plus qu’il la prendrait si je ne la lui offrais pas.
Tellement dévoués qu’ils prennent très à coeur un poste de surveillance insignifiant, à la finalité inepte, qui consiste principalement à combattre des cailloux. Mais suite à la faute de l’un d’entre eux, lourdement condamné pour l’exemple, ils vont s’embarquer dans une quête pendant laquelle ils vont commencer à se poser des questions, sur le sens de l’honneur, de leur engagement, de leur vie.
Il s’agit probablement de l’un des albums les plus singuliers de l’ensemble de la série.
Premièrement, parce qu’il peut se lire de façon totalement indépendante, n’ayant qu’un lien ténu avec l’histoire principale de Donjon Crépuscule, même si seuls ceux qui ont lu Donjon Crépuscule pourront en apprécier l’ensemble des subtilités.
Ensuite parce qu’il est noir, très noir. L’humour qui marque la plupart des albums, dans les situations ou les dialogues, est ici totalement absent. Le dessin de Bézian y est certainement pour quelque chose : très crayonné, très sombre – il en existe d’ailleurs une série limité en noir et blanc – dans un récit où la mort est omniprésente, alors que les autres albums de Donjon sont dans l’ensemble très colorés.
Troisième caractéristique, ajoutant à l’effet mélancolique, l’absence de dialogue, laissant la place au monologue intérieur, à la manière d’une voix off, de l’un des deux frères draconistes. Ses ruminations exposent peu à peu, même de façon inconsciente, les côtés absurdes de la guerre, de l’obéissance aveugle et du sens de l’honneur poussé à l’extrême.
En conclusion, il s’agit de mon point de vue de l’un des meilleurs tomes de Donjon, toutes séries confondues, même s’il n’est pas représentatif du reste de la série, dont j’espère voir la suite publiée très bientôt.
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vendredi 11 mai 2012
Chronique industrie – mai 2012 : « l’Europe de la défense, vu de moi elle ne fonctionne pas »
Le mois dernier, je faisais ici un résumé de l’intervention du général Jean-Robert Morizot lors de la conférence « Défense-Aéronautique : quelle adaptation des stratégies des industriels », sur le thème « quelles attentes des armées face aux industriels de la défense ? ». En ce mois de mai, je reviens succinctement sur les paroles du DGA Laurent Collet-Billon, qui avait ouvert la conférence.
Même sans révélation fracassante, l’intervention de Laurent Collet-Billon résonne d’une façon particulière, au lendemain d’une campagne présidentielle pauvre sur le plan international mais avec quelques saillies sur l’importance de l’industrie française, dont notre BITD est une part non négligeable (250 000 emplois avec la sous-traitance).
Un constat pour commencer : les USA, dont la suprématie technologique et militaire est et sera de plus en plus contestée par l’Asie (le DGA mentionne ici implicitement la Chine, mais il est vrai que ce terme est extrêmement vague d’un point de vue géopolitique), se désengagent de l’Europe. Cette dernière doit donc, même si elle a du mal à y croire, assumer sa propre défense ; ce dont aucun des pays membres de l’Union Européenne n’est actuellement capable. Alors que les budgets militaires indiens et chinois ne cessent de croître, que celui des Etats-Unis reste loin devant tous les autres, seuls les Britanniques sont dans une démarche similaire à celle des Français sur le Vieux Continent. Ainsi les deux pays couvrent à eux seuls les 2/3 de la Recherche & Développement de défense de l’UE, alors que les autres pays sont plus favorables aux achats sur étagère (aux Américains principalement).
France et Royaume-Uni figurent d’ailleurs dans le Top 5 des producteurs d’armements dans le monde – relativement stable ces dernières années, représentant 90% des ventes –, avec la Russie, Israël, et bien évidemment les Etats-Unis, qui « jouent dans une autre cour ». Une hiérarchie qui est de plus en plus remise en question par les émergents, chinois bien sûrs, mais également coréens (notamment dans le naval) ou turcs. Ces nouveaux acteurs, sans surprise, s’appuient sur les transferts de technologies – car il est aujourd’hui impossible d’exporter sans montrer qu’il y a création de valeur locale – pour monter en puissance, et essayer de transformer leurs achats à l’étranger d’hier ou d’aujourd’hui en ventes demain. Toujours est-il que la France, qui a réalisé 6,5 milliards d’euros de ventes à l’export en 2011, a un catalogue qui pour Laurent Collet-Billon constitue une alternative crédible à l’offre américaine sur son périmètre, permettant à ses clients (d’une diversité régionale assez importante) de disposer d’une « souveraineté réelle ».
Notre pays pousse l’émergence d’une BITD de dimension européenne, hormis sur certains domaines comme la dissuasion ou la cryptographie. Ce qui n’est pas l’idée de tous les membres de l’UE dont certains, au-delà de l’appétence citée plus haut pour le made in USA, favorisent une mise en concurrence totale au sein de l’Union, y compris pour ce qui touche aux études amont (les Suédois notamment, champions du low cost dans l’aéronautique). En tout état de cause, la mutualisation semble être le seul moyen de pallier l’augmentation qui semble sans fin des coûts des programmes d’armements depuis la Deuxième Guerre Mondiale (de 2% par an pour les équipements à faible contenu technologique comme les véhicules de transport de troupes à 5% par an pour les chars de combat).
Nous ne sommes cependant pas prêts à la mise en place d’une Europe de la défense de l’Atlantique à la Mer Noire, pour des raisons tant politiques qu’économiques. Mieux vaut s’appuyer sur un petit noyau de bonnes volontés et des initiatives bien ciblées pour obtenir des résultats concrets sans dilapider les faibles moyens dont nous disposons, tout en assurant l’alignement avec nos objectifs stratégiques. Laurent Collet-Billon, préconise donc pour avancer rapidement de privilégier les échanges bilatéraux avec le Royaume-Uni, à l’image des accords de Lancaster House en 2010, et de laisser les autres pays de l’UE adhérer ou non. Inutile de dire que devant une assemblée où EADS était bien représentée, et dans le contexte politico-budgétaire actuel, de tels propos ont entrainé la question de l’axe franco-allemand. Le DGA a répondu qu’il était très dubitatif sur la volonté de nos amis d’outre-Rhin de coopérer dans le domaine de la défense, et a souligné la divergence de vision entre nos deux pays. Une divergence qui s’est manifestée notamment dans le partage industriel relatif à l’A400M, ainsi que dans les variations concernant les volumes commandés.
Autre moyen : les « travaux pratiques », pour reprendre l’expression de Laurent Collet-Billon, où autour d’un projet amont, la coopération se fait d’abord entre industriels (et non entre Etats), qui ont la responsabilité d’assurer l’adhésion de leur pays ; ce qui peut être aléatoire dans un contexte de cloisonnement encore fort des marchés nationaux. Ceci doit permettre à la fois de mettre en valeur la R&D de l’UE et de préparer de futurs programmes communs, tant sur les aspects technologiques que sur la gouvernance desdits programmes.
Dans une intervention où l’Agence Européenne de Défense n’a, à ma connaissance, pas été citée, le DGA est également revenu sur le nécessaire soutien aux petites entreprises innovantes, donnant l’exemple du dispositif RAPID, sans lequel « nous nous ferons bouffer ».
En résumé, la pérennité de notre BITD nationale passe paradoxalement par une plus grande coopération, mais réfléchie et ciblée, avec (certains de) nos partenaires européens, même si cela ne va pas jusqu’à une « Europe de la défense ». Ceci, pour paraphraser Ulrich Beck, nécessiterait certainement de mettre de côté une partie de notre autonomie, mais favoriserait un gain réel de souveraineté à plus long terme.
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mercredi 9 mai 2012
mardi 8 mai 2012
Colloque « Se révolter au 21ème siècle » le 14 Mai 2012 !
Voici donc le prochain colloque qu’organise « Participation et progrès » et l’École de guerre économique » : « Se révolter au XXI° siècle« . Parce que le vocabulaire de la révolte a changé par rapport au 19° mais aussi au 20° siècle, et qu’on voit apparaître plein de choses nouvelles qu’il s’agit de comprendre. Un colloque interdisciplinaire, intergénérationnel, parce que le mélange est un bon moyen d’acquisition de la connaissance.
Avec des beaux noms comme Dominique Wolton, Gérard Chaliand, Jean-LucRacine, Frédéric Charillon, Jean Dufourcq, Hervé Kempf , Jérémy Ghez, François-Bernard Huyghe …
Inscription (gratuite et obligatoire : comme l’école) ici (précisez nom prénom, indispensables pour franchir le filtrage à l’entrée de l’EM, et si possible statut : étudiant/enseignant/journaliste/professionnel dans le public/professionnel dans le privé/retraité pour un petit sondage de fréquentation). Je vous serai très reconnaissant si vous repreniez ce billet sur vos blogs perso, ou le fassiez relayer via twitter/FB/G+ à tous vos réseaux… Programme ci-dessous.
Les révolutions du début de l’année 2011, connues sous le vocable de « printemps arabe », nous ont montré que le pouvoir de la rue existe encore et qu’il devient encore plus fort lorsqu’il se mêle aux nouvelles technologies. Dans le même temps, le succès planétaire du livre de Stéphane Hessel rencontre des mouvements qui s’indignent, résistent, se révoltent comme en témoigne le mouvement des Indignados parti d’Espagne qui se répand dans toute l’Europe et aux États-Unis. Ces formes de la révolte, même lorsqu’elles ne conduisent pas à un effondrement des États, prennent une ampleur certaine depuis deux ou trois ans.
Ainsi, la révolte redevient un phénomène observable : on peut dire qu’elle émerge à nouveau de l’histoire.
Il faut tout d’abord constater la permanence de formes traditionnelles de révolte, comme les mouvements maoïstes dans le sous-continent indien, les guérillas d’Amérique du sud, ou des révoltes africaines (Nigéria et Soudan) : l’activisme existe encore. Bien qu’il soit négligé, sa perpétuation pose plusieurs questions sur les motivations de ces révoltes et leur adaptation au nouvel environnement stratégique, politique, économique et social.
L’attention publique a porté plus d’intérêt aux nouvelles révoltes dans des zones émergentes : Iran, Thaïlande, printemps arabe sont autant de manifestations de nouvelles conditions démographiques, culturelles et économiques : qu’ont-elles en commun ? Y a-t-il un facteur féminin dans le développement de ces révoltes ? À quel modèle aspirent-elles ?
Dans le même temps, on observe l’apparition de révoltes qu’à défaut d’autre mot, on dénommera « occidentales ».
Ainsi, il faut constater la naissance de nouvelles formes de révoltes liées, par leur contenu et leur mode de diffusion, aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Les technologies 2.0 ont permis à toute une série de groupes organisés sur une base idéologique non-nationale de faire connaitre leurs idées et développer des actions « coup-de-poing » de nature antiétatique et anti-entreprise. Toutefois, même ces révoltes d’apparence anarchiques peuvent, par endroits, être instrumentées ou manipulées par les puissances traditionnelles.
Enfin, dans les pays développés, de nouvelles formes de contestation se font jour et manifestent des aspirations d’apparence contradictoire, qui peuvent être conservatrices (retour à un état précédent considéré comme préférable), consuméristes (réaction à la crise économique depuis 2008) ou écologiques : autant de motivations variées pour ce qui n’est pas encore des « révoltes du pain ».
Ce colloque est co-organisé par l’Ecole de Guerre Economique et le club Participation et progrès. Il se tiendra à l’école militaire le 14 mai 2012, sur une journée avec deux tables rondes le matin et deux l’après-midi, afin de laisser la place au débat avec la salle.
1. 9h00 : TR1 les révoltes « traditionnelles » qui subsistent présidée par Frédéric Charillon, directeur de l’IRSEM, professeur à l’Université d’Auvergne : La « traditionnalité » de ces révoltes tient-elle seulement à leur ancienneté/motivation/racines ? n’y a-t-il pas eu des adaptations et si oui lesquelles pour qu’elles demeurent virulentes ? Enfin, quels réseaux extérieurs ces révoltes ont-elles organisée ?
- a. Maoïstes et naxalistes du sous-continent indien (JL Racine, CNRS, EHESS)
- b. Anciennes et nouvelles révoltes en Amérique Latine (JJ Kourliandsky, IRIS)
- c. Révoltes africaines (Nigéria et Soudan), du pétrole à la religion (A. Gnanguenon, IRSEM)
- d. Hmong, des années 1950 à aujourd’hui (F de Saint Victor, AGS)
- Débat avec la salle – Pause
2. 11h00 : TR2 : les nouvelles révoltes présidée par Jean Dufourcq, rédacteur en chef de la Revue Défense Nationale, directeur de recherche à l’IRSEM, membre de l’académie de marine : Les données structurelles (alphabétisation, démographie et emploi) sont-elles les seuls déclencheurs de ces révoltes ? quelle influence des réseaux dans la mise en œuvre de ces révoltes ? que cherchent vraiment les révoltés : liberté politique, développement économique, impartialité de la justice, ouverture sociale ? selon quel modèle (occidental ou émergent) ?
- a. La vague verte iranienne : pourquoi le blocage perdure (A. Amir Aslani, avocat)
- b. Le printemps arabe (Tunisie, Yémen, Syrie,…) : pourquoi le blocage n’a pas duré ? (JB Beauchard, IRSEM, AGS)
- c. Le mao-islamisme (Gérard Chaliand)
- d. Les femmes et les révoltes (Irène Eulriet, IRSEM)
- Débat avec la salle – Déjeuner
Après-midi : Des révoltes occidentales ?
3. 14h00 TR 3 : les cyber-révoltes présidée par Dominique Wolton Le cyberespace n’est-il qu’un instrument utilisé par des révoltés qui se seraient exprimés autrement ? ou à l’inverse, les possibilités du cyber génèrent-elles des révoltes d’un nouveau type ? enfin, les Etats manipulent-ils ces cyber-révoltes ?
- a. Anonymous (Guillaume Grandvent, AGS)
- b. Wikileaks (Eric Hazane, AGS)
- c. Instrumentalisation publique de cyber-initiatives privées (Russie en Estonie et Géorgie, Etats-Unis dans les révoltes du Porche et Moyen-Orient….) (FB Huyghe, IRIS)
- Débat avec la salle – Pause
4. 16h00 TR4 : les simili-révoltes conservatrices ou consuméristes présidée par O. Kempf (P&P, AGS, égéa) : Un certain nombre de mouvements se déroulent dans le monde occidental : s’agit-il de révoltes conservatrices voulant préserver « le monde d’avant » ? S’agit-il de révoltes consuméristes voulant préserver un mode de vie ? s’agit-il de réactions à une mondialisation qui n’est plus mue par l’occident et qui menace les équilibres établis ?
- a. Indignados espagnols et révoltés grecs : raisons économiques (N. Mazzuchi, EGE, Pomémos)
- b. Tea Party vs « Occupons Wall Street », ou la crise comme facteur de révolte (Jeremy Ghez, HEC, Rand)
- c. Emeutes anglaises de l’été 2011 vs émeutes françaises de l’automne 2005. (Danièle Joly, Warwick university)
- d. Révoltes écologiques (faucheurs OGM, gaz de schiste, …) (Hervé Kempf, journaliste spécialisé en écologie politique)
Conclusion synthèse Pierre Pascallon, P&P
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mardi 1 mai 2012
Café Stratégique "Traques sur le Net" le 10 mai avec Eric Freyssinet
Pour cette 16ème (déjà !) édition des Cafés Stratégiques, l'Alliance Géostratégique a le plaisir de recevoir jeudi 10 mai Eric Freyssinet, en charge de la lutte contre la cybercriminalité au pôle judiciaire de la gendarmerie nationale, animateur du blog Criminalités numériques, qui interviendra à titre personnel.
Nous aborderons les "Traques sur le Net", qu'il s'agisse de cybercriminalité ou plus largement des méthodes utilisées par les forces de l'ordre dans le cyberespace (comme dans le cadre de l'affaire Merah).
Comme d'habitude, le café aura lieu à partir de 19h (précises !) au café Le Concorde, 239 boulevard Saint-Germain à Paris.
L'entrée est libre (l'achat d'une consommation au bar étant fortement encouragée), venez nombreux !
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