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Mon Blog Défense

lundi 14 février 2011

Café Stratégique n°5 sur les Guerres low-Cost : jeudi 24 février à 19h

Pour leur cinquième édition, les Cafés Stratégiques (CGS) reçoivent Stéphane Dossé, membre de l'Alliance Géostratégique, qui a dirigé la rédaction de l'ouvrage Les guerres low-cost. On me dit d'ailleurs que depuis trois semaines il ne se vend pas trop mal, ce qui est évidemment encourageant. Merci donc à nos lecteurs !


Le CGS aura lieu le jeudi 24 février au Café le Concorde, 239 bd Saint-Germain à Paris à partir de 19h. L'entrée est libre mais vous pouvez vous inscrire sur la page de Facebook de l'Alliance Géostratégique. Venez nombreux vous faire dédicacer l'ouvrage et discuter de gammes de la guerre, de privatisation, de réserve, de contrôle médiatique, de robotisation, de proxy wars et autres facteurs visant à réduire le(s) coût(s) de la guerre.

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vendredi 11 février 2011

Citation de la semaine : Hama Amadou, ancien premier ministre du Niger

crédits : RFI

J'inaugure une nouvelle rubrique du blog, qui existe par ailleurs chez certains de mes confrères blogueurs. Je commence avec Hama Amadou, ancien premier ministre du Niger, arrivé troisième lors du premier tour de l'élection présidentielle du 31 janvier dernier.


La citation est extraite d'un entretien accordé à la revue Géoéconomie dans son numéro de l'hiver 2010-2011 (L'âge d'or de la diplomatie économique), réalisé fin 2010 :

Prenons l'exemple des infrastructures en énergie, qui manquent cruellement à l'Afrique pour développer son économie alors qu'elle possède toutes les ressources nécessaires, comme l'uranium au Niger. Depuis quarante ans, la France exploite notre uranium et maîtrise cette technologie mieux que quiconque dans le monde, mais elle n'a pas su en faire bénéficier le Niger et les pays frontaliers, alors qu'elle aurait énormément à y gagner, surtout dans ce contexte avec l'arrivée de concurrents étrangers plus coopératifs sur ces sujets.

Plusieurs fois dans l'entretien revient cette allusion à la Chine, qui se pose depuis un certain temps déjà comme une alternative aux anciens colonisateurs et plus largement aux Occidentaux en Afrique.

Voir à ce sujet mon article La Chine, une puissance néocoloniale en Afrique subsaharienne ? (mai 2010)

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mercredi 9 février 2011

Russie, alliance vitale du général (2s) Jean-Bernard Pinatel

J'ai eu l'opportunité de lire Russie, alliance vitale (Choiseul Editions, en vente à partir du 18 février) du général Pinatel, personnalité reconnue au sein de la communauté française de l'intelligence économique.


Malgré le titre, les personnages principaux de l'opus ne sont ni la Russie, ni la France, ni l'Union Européenne. Car l' "alliance vitale" dont il est question est bien la conclusion de l'analyse, plus que son fil conducteur.

En effet, il s'agit de la seule issue envisagée par le général Pinatel pour éviter que nous (Français, Européens, Russes) ne soyons marginalisés sur la scène mondiale, face à l'impérialisme chinois, la "menace islamique" (sic) et surtout l'appétit du "complexe militaro-industriel américain" (expression qui doit être la plus fréquente de l'ouvrage, et bien évidemment la célèbre tirade d'Eisenhower est citée), qui détermine (quasiment) à lui seul la politique étrangère américaine.

Oui, ce sont bien la Chine et les États-Unis et leur duopole en formation, rejetant l'idée d'autres puissances de même niveau, qui se trouvent au coeur de l'ouvrage. Le pays d'Obama (et de Clinton, Bush Sr et Jr...), poussé par ses industriels de la défense, entretient la diabolisation de l'Iran, entraîne les Européens, au travers de l'OTAN obsolète, dans une "croisade antirusse", s'embourbe en Irak et en Afghanistan en attisant le fameux "choc des civilisations", place son cheval de Troie turc dans la construction européenne, est incapable de - ou ne souhaite pas - résoudre le conflit israélo palestinien ; tout en mettant en place une relation d' "adversaire-partenaire" avec l'Empire du Milieu, successeur de l'URSS dans cette partition à deux, seule configuration qui permettrait aux USA l'expression de leur pleine puissance.

Si le raisonnement de Jean-Bernard Pinatel a le mérite d'aller à contre-courant de la pensée dominante sous nos latitudes (la Russie est infréquentable, le grand-frère américain est le gendarme naturel du monde), en mettant en exergue les sujets de convergence euro-russes (culture, économie, sécurité, situation au Moyen-Orient, en Afghanistan) il faut néanmoins relever quelques imprécisions et lacunes :

  • Les failles introduites délibérément dans les logiciels sont les "backdoors" et non "black doors" (p71)

  • Les "années Clinton" ne commencent pas en 2004 (graphique p66)

  • Le terme "islamique" est utilisé assez souvent de façon interchangeable avec "islamiste", notamment quand il s'agit de l'associer à "menace"

  • Plus fondamentalement, l'auteur met en avant l'objectif des stratèges américains d'empêcher une alliance stratégique russo-européenne sur le "Heartland" mackinderien, qui cantonnerait les USA au "Rimland". Il oublie juste de préciser que ce type d'analyse géopolitique constitue plutôt le coeur du néo-eurasisme, qui connaît une influence certaine à Moscou. De fait, le général Pinatel fait sienne cette vision traditionnelle, puisque le pôle euro-russe aurait justement pour fonction de tenir le Heartland, à côté des autres pôles dominant le monde : États-Unis, Chine et Amérique Latine

  • Jean-Bernard Pinatel n'est pas très clair en ce qui concerne l'identité de l' "allié" à mettre en face de la Russie : il parle de l' "Europe" (il faut apparemment comprendre "Union Européenne) mais aussi, à d'autres endroits... de la France. Peut-être parce que l'UE en tant qu'entité politique douée d'une volonté propre sur la scène mondiale n'est pas très crédible, malgré certains progrès dus aux dernières modifications institutionnelles (et même si Catherine Ashton n'est pas 100% convaincante)

  • De même, mais ce n'était pas là, de toute évidence, l'intention première de l'ouvrage, n'est pas traitée la question de la volonté qui existe de part et d'autre vis-à-vis de l'établissement d'une telle alliance. On se rappelle que pour certains, ce n'est certainement pas dans l'intérêt russe qu'une réelle union politique émerge de l'Europe des 27, pour une question de sphère d'influence. Ainsi dans La Russie menace-t-elle l'Occident ?, Jean-Sylvestre Mongrenier explique que Moscou s'escrime à établir des liens bilatéraux, notamment avec la France, l'Allemagne et l'Italie (principalement autour de l'énergie et de la défense), pour diviser politiquement les membres de l'UE.

  • En conséquence, on a du mal à voir concrètement ce que seraient les termes d'une telle alliance. Car le livre met finalement plus l'accent sur la nécessité d'une plus grande implication russe dans les dossiers internationaux (conflit israélo-palestinien, Afghanistan...) préemptés par les États-Unis, dont l'approche mène, selon Jean-Bernard Pinatel, le monde à la catastrophe (double : sortie de l'Europe de l'histoire et choc des civilisations). Il ne dit pas (autrement que par quelques points communs : par exemple sur le dossier afghan, une expérience partagée euro-russe de la rusticité - au contraire des Américains prisonniers de l'hyper-technologisation de leur armée - ou même la présence d'importantes minorités musulmanes sur leur sol) en quoi un tandem conduit par l'Europe (quel numéro de téléphone ?) et la Russie serait plus efficace, ni d'ailleurs comment il fonctionnerait.
En conclusion, cet ouvrage, pour toucher son but, aurait besoin d'un deuxième tome, qui s'attacherait moins aux Etats-Unis et à la Chine, et plus à la description concrète de ce que serait réellement, avec ses atouts mais aussi incontournables lacunes, une alliance entre l'Europe (quelle Europe ?) et la Russie. En l'état, on a parfois l'impression que cette alliance doit se faire plutôt par défaut pour des raisons négatives (l'incurie américaine) que pour des raisons positives pour les deux parties.

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lundi 7 février 2011

Les guerres low cost en vidéo

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samedi 5 février 2011

Thème de février d'AGS : le renseignement

Après un mois de janvier un peu freestyle et marqué, outre la publication des Guerres low-cost, par quelques soucis d'ordre technique sur le site, AGS entame le mois de février avec un nouveau thème, le renseignement.


Comme disait ce bon vieux Sun Zi

Une armée sans agents secrets est exactement comme un homme sans yeux ni oreilles



Il sera donc question, entre autres, d'espionnage, de technologie, de "guerre économique", de contrôle parlementaire, d'intoxication, de littérature, de cinéma, de sécurité de l'information, d'OSINT, HUMINT, SIGINT, de CIA, DGSE, DCRI, MI5 - MI6 et consorts, d'actions clandestines...

Envoyez vos contributions (document Word/OpenOffice) à l’adresse alliancegeostrategique@gmail.com . Nous vous tiendrons informés de leur date de publication.

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vendredi 4 février 2011

C'est ce soir à 20h ! Projection-débat sur le documentaire Bassidji


En présence du réalisateur Mehran Tamadon et de Vincent Eiffling, chercheur et animateur de Chroniques Persanes.

Tarifs :

- Plein tarif : 7 €
- Tarif réduit : 5,50 € (chômeurs, carte vermeil, étudiants)

Cinéma La Clef 34 rue Daubenton 75005 Paris – Station « Censier-Daubenton » (ligne 7), sortie « Rue Daubenton ».

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mercredi 2 février 2011

La guéguerre du général Desportes

C'est un fait, Vincent Desportes est un agitateur d'idées dans la sphère stratégique française. Ce fut d'ailleurs pour cela qu'il fut le premier invité des Cafés Stratégiques de l'Alliance Géostratégique (voir le compte-rendu du café sur la pensée stratégique française du 7 octobre 2010).



L'allié Mars Attaque rend compte d'un article du général (2s) publié dans le Figaro, intitulé Ne craignons plus le terme "guerre". Disons-le tout de suite, il est évident qu'en France et en Europe on a eu tendance à évacuer le terme "guerre" depuis belle lurette, notamment grâce (car c'est bien sûr une bénédiction) à l'absence de conflit armé sur notre sol (mais pas à nos portes) depuis des décennies.

C'est l'un des points que je développe dans ma contribution à l'ouvrage Les guerres low-cost : il faut cependant arrêter de se cacher derrière son petit doigt et appeler un chat un chat. Oui, le conflit en Afghanistan est bien une guerre : la France est donc bien en guerre, même s'il s'agit d'une guerre limitée. Nous ne pouvons pas nous bercer d'illusions kantiennes, sous peine, comme certains l'affirment déjà (j'y reviendrai très prochainement), de sortir de l'Histoire. Il est par ailleurs évident que le soft power pur que semble privilégier l'UE ne sera pas suffisant face aux défis du XXIème siècle, alors que d'autres, comme la plus qu'émergente Chine promeuvent la guerre hors limites et la montée en puissance "dans toutes les directions stratégiques". Bref, la "pause stratégique", pour reprendre l'expression de Michel Goya dans Res Militaris, De l'emploi des forces armées au XXIème siècle (un ouvrage incontournable) est néfaste.

Cependant il me semble que faire de la guerre un prisme de lecture omniprésent (pour reprendre les mots du général : " "guerre contre le terrorisme", où la dissymétrie peine contre l'asymétrie; "guerre économique", utilisant l'arme de la monnaie pour conquérir de nouveaux marchés, usant de l'espionnage industriel organisé par les États ou les grands groupes, faisant du commerce international un véritable "combat"; "cyberguerre" désorganisant les marchés financiers ou perçant les secrets de défense les mieux gardés; "guerre de l'information" pour manipuler la psychologie des marchés et des foules; "guerres virtuelles", univers des adolescents accrochés à leurs consoles; "guerres des banlieues", avec de véritables embuscades militaires "), une grille d'analyse incontournable, revient à tomber dans l'excès inverse.

Tout phénomène économique, concurrentiel, social, criminel ou délictuel n'est pas du ressort de la guerre. Un tel amalgame a à mon sens trois effets contre-productifs :
  • il transforme la recherche de compétitivité, de sécurité ou de bien-être en posture paranoïaque ou l'autre est toujours un ennemi -mortel- potentiel
  • il galvaude plus qu'il ne "réhabilite" le terme de guerre, ce qui fait manquer son but à la tribune de Desportes
  • plus important, le nivellement qu'il introduit empêche, ou du moins ne facilite pas, l'établissement d'une stratégique exhaustive mais rationnelle
Attention, si une vision du monde actuel comme un jeu à somme nulle est bien sûr simpliste, cela ne signifie pas pour autant que toutes les issues, pour continuer dans la théorie des jeux, soient toujours positives pour l'ensemble des parties prenantes, du simple fait que la plupart des joueurs essaient d'établir leurs propres règles, qui deviennent un enjeu fort des relations internationales, et un facteur de montée des tensions, entre "blocs" antagonistes. Pour parler plus simplement, non l'histoire n'est pas finie, non il n'est pas dit que la guerre limitée soit le modèle prédominant à moyen ou long terme. L'accès aux ressources, la recherche de débouchés, que l'on le veuille ou non, nécessitent dans un monde changeant et fini une certaine dose de hard power, et la volonté sans faille de s'en servie si besoin impérieux (que l'on espère pas voir venir) s'en fait sentir.

Bref, la guerre pour l'économie, que je distingue de la "guerre économique", notion beaucoup plus vague, n'a certainement pas dit son dernier mot (lire à ce propos De Hong Kong au Pirée, de la guerre pour l'économie à la guerre économique ?). Et contrairement à ce que professent les tenants de la géoéconomie, la fin des conflits territoriaux n'est pas acquise.

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