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Mon Blog Défense

mercredi 15 juin 2011

L'économie française, tiraillée entre ses "champions nationaux" et son tissu de PME

Toujours en préparation du colloque du 1er juillet "Guerre et économie" à l'Ecole Militaire (n'oubliez pas de vous inscrire : http://www.doodle.com/kd6h3ywcv4tyecpk) un petit message pour illustrer une fragilité existante au sein de notre économie française entre très grandes entreprises et PME.



Le « champion national », terme éminemment français (ce qui ne veut pas dire que d’autres pays n’en ont pas, mais peut-être de façon plus discrète), illustre une double fragilité hexagonale, et son tiraillement entre :

  • des entreprises multinationales, anciennes, soucieuses ou susceptibles de distendre leurs liens avec la France (pour des raisons de conquêtes à l’étranger, de réduction des coûts face à un Euro structurellement élevé…), mais qui constituent les locomotives de notre économie (de par leur accès au consommateur final et/ou leur position de contractant de rang 1 dans les marchés publics),
  • et des PME pour lesquelles la survie se joue au quotidien, ayant souvent du mal à trouver des financements, à conquérir des marchés à l’étranger, à protéger leur savoir-faire, et qui constituent la cheville ouvrière de l’ancrage territorial de l’économie. Nous n'avons pas, contrairement à notre voisin allemand, un puissant Hinterland de moyennes entreprises au maillage extrêmement serré.

De fait, notre économie éprouve des difficultés à faire émerger la prochaine génération de « champions » : nous n’avons pas de Facebook, d’Amazon ni de Google, ni d’ailleurs de Microsoft ou d’Apple.

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lundi 13 juin 2011

L'économie française, l'une des plus ouvertes au monde

Le colloque "Guerre et économie" approche à grand pas ! Pour vous inscrire, n'oubliez pas le Doodle prévu à cet effet : http://www.doodle.com/kd6h3ywcv4tyecpk.



Ce 1er juillet à l'Ecole Militaire, j'interviendrai sur le thème "Etat, grande stratégie et protection de l'économie". Un petit message pour rappeler quelques faits sur l'économie française et son ouverture sur le monde :
  • Près de 50% du CAC40 sont aux mains de capitaux étrangers
  • Environ 15% des salariés français (contre 10% en Allemagne et à peine 5% aux Etats-Unis…) travaillent pour des filiales d’entreprises étrangères. McDonald’s est le premier recruteur sur le territoire français
  • Notre balance commerciale est largement déficitaire depuis longtemps
  • Notre indice d’ouverture, tel que calculé par l’OCDE, aux IDE (Investissements Directs à l’Etranger) est parmi les plus hauts du monde, loin devant les USA, la Chine étant bonne dernière, ce qui signifie que notre territoire est attractif pour les capitaux étrangers productifs
  • Plusieurs dizaines de nos entreprises, les « champions nationaux », figurent parmi les plus grands groupes mondiaux, et la France est le 3ème investisseur à l’étranger en termes d’IDE
Juste pour rappeler que "protection" ne rime pas avec ligne Maginot ni avec mur de l'Atlantique.

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mercredi 8 juin 2011

Lybie : OTAN, Russie, Monitor Group et Michael Porter

Deux remarques sur la Libye :

Russie et médiation

La Russie en fin de semaine dernière, par la voix de Sergueï Lavrov, ministre des affaires étrangères, a estimé que l'OTAN "dérapait vers une intervention terrestre" en Libye, à la suite des premières frappes des hélicoptères français et britanniques, ajoutant qu'une telle intervention serait "déplorable".

Alors qu'elle s'est rangée, tout comme (apparemment) les Chinois qui ont pris langue avec les rebelles, dans le camp de ceux qui souhaitent un départ de Kadhafi (lors du G8 de Deauville), elle se pose depuis fin mai en médiatrice entre le régime en place, les rebelles et la coalition internationale, qu'elle envisage donc comme belligérante. L'envoi d'un émissaire à Benghazi, tout comme la visite de Jacob Zuma, n'ont pas pour le moment porté leurs fruits...

On voit là que les deux membres permanents du Conseil de Sécurité, qui s'étaient abstenus lors du vote relatif à l'intervention armée, veulent reprendre la main, ce qui fait sens si les champs d'hydrocarbures se retrouvent tous dans les régions contrôlées par les rebelles, appuyés par les avions et hélicoptères occidentaux. Rappelons ici que Kadhafi avait au début de l'année réaffirmé qu'il souhaitait attirer les investissements russes, chinois ou indiens. Un Kadhafi, qui, aux dires des Français, Allemands et Britanniques n'est pas vraiment un interlocuteur pertinent pour des négociations.

Monitor Group et la proposition libyenne

Pour tous ceux qui travaillent dans le conseil en stratégie, Monitor Group a longtemps eu une image d'excellence, notamment par son statut de boutique "exclusive" et au travers de Michael Porter, le célèbre gourou de la stratégie d'entreprise, l'un de ses fondateurs.

Or il est apparu récemment que le cabinet avait proposé ses services en 2006 au régime libyen, avec une proposition commerciale visant à redorer le blason du colonel sur la scène internationale (à lire en ligne : A proposal for expanding the dialogue around the ideas of Muammar Qadhafi). Ceci principalement au travers d'une biographie que l'on suppose impartiale ;-) de Kadhafi écrite par Monitor, réalisée notamment par le biais de "visites" d'experts internationaux en Libye. Le tout pour environ 3 millions de dollars.

Si le manuscrit n'a jamais été publié, le lobbying a fait son oeuvre, puisque des articles élogieux sont parus dans la presse américaine (Gaddafi's Libya: an ally for America?) et que des contacts ont été établis au sommet entre les deux exécutifs. Cependant, la crise libyenne a stoppé net les élans de Monitor et le scandale a éclaté aux USA. D'autant que le cabinet avait semble-t-il oublié de déclarer ses activités de conseil auprès de gouvernements étrangers à l'administration américaine.

Bref, de quoi sérieusement écorner la réputation de Monitor, mais également de Michael Porter, qui s'est mouillé personnellement pour défendre et promouvoir la Libye (Michael Porter on Libya's potential). Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, comme dit le proverbe, mais pour la crédibilité de la profession il serait sage qu'ils assument leurs actes.

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dimanche 5 juin 2011

Transnistrie : les Russes se posent en médiateurs

Par la voix de son ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, la Russie a appelé de ses voeux la relance d'un processus politique visant à régler la situation de la Transnistrie, région séparatiste de Moldavie :
Nous organisons le 21 juin à Moscou une rencontre dans le format "5+2" (Moldavie, Transnistrie, Russie, Ukraine et OSCE, plus l'UE et les Etats-Unis en qualité d'observateurs) où tous sont attendus et où nous voudrions déclarer haut et fort que nous relançons le processus politique.

Sergueï Lavrov (RIA Novosti)

J'évoquais il y a deux ans déjà le cas de la Transnistrie, emblématique des relations entre Union Européenne (dont la Roumanie, voisine de la Moldavie et largement accusée d'ingérence par les séparatistes de Tiraspol, fait partie) et la Russie.

Il est intéressant de noter ce positionnement médian de la Russie, alors qu'on l'accuse d'attiser en sous-main les tensions notamment au travers d'opérations de type "false flag" (drapeaux roumain et européen hissés sur le parlement moldave au printemps 2009 par exemple) dans cette zone périphérique de sa sphère d'influence.

Si les Moldaves disent: "Nous ne négocierons qu'à partir de la loi 2005 sur un État unitaire", Tiraspol ne manquera certes pas de répliquer: "Et nous autres de la rive gauche, nous ne parlerons qu'à partir du référendum (…) sur notre indépendance". Il faut abandonner ces positions extrêmes".

Chisinau propose aujourd'hui à la Transnistrie une autonomie étendue, mais Tiraspol demande la reconnaissance internationale de sa souveraineté. Moscou ne voit qu'une solution : un statut "particulier" (mais pas très clair) entre LA Moldavie unique et l'indépendance. Tout en soutenant que le problème est strictement équivalent à celui des provinces séparatistes de Géorgie.

Côté UE et USA, le soutien est clairement en faveur de Chisinau et de l'unité moldave. Le référendum mentionné par Lavrov n'a pas été reconnu par Bruxelles ni pas Washington. Si l'Union Européenne accumule les résolutions condamnant les atteintes aux droits de l'homme, principalement du côté transnistrien, les États-Unis subventionnent l'armée moldave et l'OTAN l'associe à des manoeuvres militaires.

Bref, la situation ne s'est pas décantée depuis mon premier article il y a deux ans, et l'UE n'a pas trouvé le moyen de montrer son influence politique dans un conflit qui se joue à sa porte...

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vendredi 3 juin 2011

Café Stratégique n°9 : Démographie française et géopolitique avec Gérard-François Dumont

Neuvième et dernier Café Géostratégique de l'année ! Mercredi 8 juin, l'Alliance Géostratégique aura le plaisir de recevoir Gérard-François Dumont, professeur de géographie à l'Université de Paris IV - Sorbonne. Encore une fois un grand merci aux membres d'AGS à l'initiative de ces cafés !


Gérard-François Dumont nous parlera des liens entre démographie française (marquée notamment par un taux de fécondité "exceptionnel" en Europe) et sa géopolitique (une France premier pays européen en nombre d'habitants à moyen terme, quelle influence sur la scène internationale ?). Sans oublier la composition de cette population, à l'heure où la binationalité semble faire débat ou que se sont élevées des questions sur "l'identité nationale".

Comme d'habitude, les réjouissances auront lieu au café Le Concorde, 239 boulevard Saint Germain à Paris (métro Assemblée Nationale), à partir de 19h.

Remarque annexe : on parle beaucoup des classements internationaux des universités et notamment celui de Shanghai, qui fait la part belle à la recherche scientifique. Le cabinet britannique QS est le premier à s'intéresser véritablement aux arts et sciences humaines (voir leur page dédiée). Même si comme pour tout classement la méthodologie (qui intègre également le critère d'employabilité) est hautement discutable, on voit comme d'habitude que les USA (et le Royaume-Uni) trustent les premières places, les universités françaises étant reléguées assez loin. Cependant on voit que Paris IV-Sorbonne, celle où enseigne notre invité du prochain CGS, tire à peu près son épingle du jeu.

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dimanche 29 mai 2011

Colloque Guerre et Economie le 1er juillet à l'Ecole Militaire

Vous vous souvenez certainement du colloque "La logistique, fonction opérationnelle oubliée" de l'an dernier.

Cette année, Participation & Progrès et l'Alliance Géostratégique remettent ça, avec l'Ecole de Guerre Economique (j'ai souvent eu l'occasion ici d'exprimer mes réserves quant à ce concept de "guerre économique", mais il faut reconnaître que les loustics ont su investir un créneau porteur), et vous proposent un colloque intitulé Guerre et économie : de l'économie de guerre à la guerre de l'économie.

Il aura lieu le vendredi 1er juillet, soit après les examens et avant les vacances, à l'Ecole Militaire (Paris VIIème), à partir de 8h30 et jusqu'à 18h30.

J'y interviendrai moi-même sur le sujet "Etat, grande stratégie et protection de l'économie", où je tenterai de lier ces notions et d'expliquer comment l'Etat français peut aider "ses" (lesquelles sont-elles ?) entreprises (protection et promotion).

L'inscription est obligatoire : utiliser le Doodle prévu à cet effet.

Le programme complet est disponible sur Alliance Géostratégique.

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mercredi 25 mai 2011

Taiwan veut ses sous-marins et F-16

Alors que le chef d'Etat-major chinois, Chen Bingde, rentre d'une visite aux Etats-Unis, Taiwan a réaffirmé en fin de semaine dernière, par la voix de son ministre de la défense, ne pas renoncer à l'achat de huit sous-marins conventionnels américains et d'une soixantaine de F-16 à la première puissance mondiale.




L'accord initial sur les sous-marins, signé en 2001 par George Bush, a peu progressé depuis, notamment parce que les Américains n'ont plus fabriqué de navires conventionnels depuis des lustres, mais également à cause de la posture de la Chine. Rappelons que Taiwan est le seul ennemi stratégique de l'Empire du Milieu, qui a fait de sa réintégration pleine et entière à la mère patrie l'un de ses objectifs principaux (voir d'ailleurs Taiwan peut-elle mourir à petit feu ?). L'Allemagne et l'Espagne, puissances industrielles navales, ont ainsi renoncé à fournir des plans, par peur de la réaction du nouveau géant asiatique.

On se souvient qu'en janvier 2010, Beijing avait rompu toute coopération militaire et sécuritaire avec les USA car ces derniers avaient approuvé une vente d'armes de plus de 6 milliards de dollars à l'île rebelle (voir Taiwan vaut-elle une guerre (froide) ?).

Toujours est-il que selon le Liberty Times, un journal taiwanais qui dit s'appuyer sur un rapport des services de renseignement, 1800 missiles chinois seront bientôt pointés vers l'île, malgré le relatif réchauffement entre les deux frères ennemis depuis l'élection de Ma Ying-jeou en 2008. De quoi relativiser, pour ceux qui y croient encore, le "soft power" à la chinoise...

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