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Mon Blog Défense

lundi 23 août 2010

La mort des empires : numéro spécial de l'Histoire

Je ne saurais que trop vous conseiller la lecture du n°48 des Collections du magazine l'Histoire, intitulé "Comment meurent les empires. D'Alexandre au Habsbourgs". Car comme l'indique l'avant-propos consultable en ligne, tout empire périra.



Le sommaire en est le suivant :
  • Les mots de la fin
  • L'empire ne meurt jamais - Henry Laurens
  • Rome n'est pas tombée en un jour... - Pierre Chuvin
  • Pourquoi la décadence nous fascine - Glen Bowersock
  • Byzance a la vie dure - Jean-Claude Cheynet et Béatrice Caseau
  • L'introuvable déclin américain - Justin Vaïsse
  • Alexandre et ses successeurs - Maurice Sartre
  • 843, le grand marchandage de Verdun - Laurent Theis
  • Le rêve brisé de Charles Quint - Joël Cornette
  • Les Aztèques et la Mort venue d'ailleurs - Christian Duverger
  • Le dimanche de Waterloo - Thierry Lentz
  • Turquie : cette folle idée d'entrer en guerre - Jean-Jacques Becker
  • L'empire est mort, vive la nation ! - Guy Hermet
J'aurais également souhaité lire des articles relatifs aux empires des steppes, à la Chine, à l'Iran... mais l'ensemble offre néanmoins un bon panorama de la thématique, parfois à l'encontre des idées communément répandues, comme pour ce qui concerne la chute de l'Empire Aztèque (l'article ne cite d'ailleurs même pas La conquête de l'Amérique de T. Todorov). Ah, et puis une erreur impardonnable pour un tel ouvrage (frise chronologique p.6) : "1521" et "Cortés", ça ne concerne évidemment pas les Incas...

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vendredi 20 août 2010

Wikileaks a l'intention de continuer à fuiter, avec l'aide du Pentagone

Alors que le Pentagone a demandé à Wikileaks de restituer les documents (Le Pentagone demande à Wikileaks de restituer les documents fuités) vraisemblablement communiqués par un jeune militaire américain, Julian Assange, fondateur du site, a affirmé qu'il avait bien l'intention de publier l'intégralité des informations en sa possession dans les prochaines semaines.


Bradley Manning, le GI de 22 ans suspecté d'être la Gorge Profonde de Wkileaks


Ceci dit, Daniel Schmitt, porte-parole allemand de Wikileaks, a annoncé qu'une demande d'assistance a été faite au DoD afin d'éditer les documents et rendre leur publication moins dommageable aux civils afghans et autres individus dont les noms y figurent :

Schmitt said the site wanted to open a line of communication with the Defense Department to review an additional 15,000 classified reports in an effort to “make redactions so they can be safely published.”

Le Pentagone ne semble cependant pas prêt à accepter une telle "coopération".

Julian Assange avait notamment, tout en justifiant les premières publications, exprimé des regrets quant aux conséquences néfastes sur la vie des Afghans nommés. Et pendant que le Pentagone étudie cette proposition, les Talibans épluchent les informations déjà publiées et commencent la chasse aux informateurs :

We knew about the spies and people who collaborate with U.S. forces. We will investigate through our own secret service whether the people mentioned are really spies working for the U.S. If they are U.S. spies, then we know how to punish them.

Wikileaks affirme qu'une telle demande de caviardage avait déjà été faite au début de l'été avant les premières révélations, ce que le Pentagone nie.

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mercredi 18 août 2010

[Le blog de la semaine] : Relations Internationales

Cette semaine je signale le blog Relations Internationales animé par Daniel Durand, chercheur et collaborateur de l'Institut de Documentation et de Recherche sur la Paix (IDRP), ancien secrétaire national du Mouvement de la Paix.



Le blog, lancé en mai dernier, traite avant tout des problématiques liées au désarmement (nucléaire, armes à sous-munitions) et à la promotion de la paix. De nombreux articles y sont consacrés au TNP. D'ailleurs, son titre devrait plutôt être "Culture de Paix" comme son URL l'indique.

Olivier Kempf en a déjà rendu compte ici. Je souhaite à ce titre faire une petite remarque sur le commentaire laissé par VonMeisten sur ce dernier, et notamment le "La guerre est un outil, une police d'assurance". Il me semble qu'aujourd'hui, à part chez quelques apprentis sorciers, la guerre ne peut être considérée comme un outil, ne serait-ce que par l'incertitude qui en découle. La guerre est une situation dans laquelle on est plongée, en l'ayant plus ou moins provoquée ou non, mais elle n'est l'assurance de rien. Au contraire, l'armée et la défense plus généralement sont elles des outils, qui doivent notamment permettre à la Nation et aux dirigeants politiques (avec d'autres outils) de faire face aux situations de guerre plus ou moins ouvertes, plus ou moins régulières et d'intensité variable. Qu'elles soient actuelles ou à venir, d'où l'importance de la réflexion stratégique et de l'anticipation, même quand on est un peu comme ces temps-ci en "attente stratégique". Et qu'étant donné la nature même de l'outil, l'inertie est très importante et les changements de cap pas évidents. La capacité à se défendre, à mener une guerre peuvent être considérés comme des outils, même si le "si vis pacem, para bellum" est par trop caricatural et doit nécessairement être nuancé d'un "si vis pacem, para pacem".

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lundi 16 août 2010

Une guerre au Proche-Orient en automne ?

RIA Novosti rapporte des propos assez tranchés, suite à une table ronde organisée par l'agence de presse russe début août. Une nouvelle guerre entre Israël et certains de ses voisins serait ainsi toute proche :

Une nouvelle guerre entre l'Iran et certains États arabes, d'une part, et Israël, de l'autre, est inévitable et pourrait éclater dès l'automne

On est curieux de savoir de quels "États arabes" il s'agit. Dans un attelage mené par l'Iran, on ne voit guerre que la Syrie, à laquelle il faut ajouter le Hamas et le Hezbollah, d'ailleurs cité par Evgueni Satanovski, directeur de l'Institut d'études d'Israël et du Proche-Orient :

Le Hezbollah est aujourd'hui la principale force militaire et l'essentielle force politique du Liban, ce qui rend la guerre inévitable

De là à considérer qu'au Liban, "l'Etat c'est le Hezbollah"...

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samedi 14 août 2010

Il y a guerre limitée et guerre limitée

J'ai récemment cité à deux reprises l'Histoire de la guerre du britannique John Keegan (Les six formes majeures de l'organisation militaire et Clausewitz, père de la Grande Guerre ?). Je ne saurais que trop vous conseiller la lecture de cet ouvrage, qui se lit assez facilement et qui dresse un panorama plutôt complet depuis la préhistoire jusqu'au milieu du XXème siècle, en passant par Sumer, l'Assyrie, les Égyptiens, les peuples de la steppe, les Grecs, les Romains, les Arabes ou les Polynésiens, même si je suis un peu réservé sur ses développements relatifs à Clausewitz.



En voici les dernières phrases, qui résonnent d'un écho particulier à la lumière du thème de février dernier de l'AGS, les "guerres low cost" :

Le monde, plus que jamais, a besoin de guerriers habiles et disciplinés, prêts à se mettre au servie de la communauté. De tels guerriers peuvent être considérés à juste titre comme les protecteurs de la civilisation et non comme ses ennemis. Mais leur manière de combattre - contre les racismes, les seigneurs de guerre locaux, les idéologies inflexibles, les pillards et le crime international organisé - ne peut s'inspirer exclusivement du modèle occidental.

Ceux qui sont destinés à l'avenir à construire la paix et à veiller sur elle ont beaucoup à apprendre d'autres cultures militaires, pas seulement issues de l'Orient mais aussi des peuples primitifs. Il y a de la sagesse dans les principes de restriction intellectuelle et même dans les rituels symboliques qui méritent d'être redécouverts. Il y a une sagesse encore plus grande à nier que la politique et la guerre appartiennent au même continuum. Si nous ne le faisons pas, notre avenir, comme celui des habitants de l'île de Pâques, pourrait ne plus appartenir qu'à des hommes aux mains tâchées de sang.


L'historien militaire appelle ainsi de ses vœux une philosophie de la guerre limitée, s'écartant de la montée aux extrêmes et de la guerre totale qu'ont connues les affrontements européens et mondiaux au cours du XXème siècle. Ces lignes ont été écrites au début des années 1990, à l'époque de la "fin de l'histoire", quand la configuration de la Guerre Froide étaient encore le paradigme du conflit majeur. Elles font bien entendu référence à l'approche occidentale de la guerre, fortement influencée par Clausewitz (au point que certains n'hésitent pas à lui mettre les deux guerres mondiales sur le dos) et faite d'engagement militaire et national total.

Depuis, on est bien entendu passé à la prédominance (si l'on reste dans les conflits ouverts) de la guerre contre le terrorisme et de la contre-insurrection, par essence "limitée", mais pas exactement dans le sens que Keegan développe. En effet, la "restriction intellectuelle" et les "rituels symboliques" supposent que l'ennemi accepte une règle du jeu commune, ce qui est notamment le cas dans les exemples des peuples "primitifs" (Yanomamö, Maring) ou des conflits internes aux peuples de la steppe (mais également, de façon assez surprenante, chez les Grecs adeptes du choc brutal) qu'il développe dans l'ouvrage cité ci-dessus. Mais dans le cas qui nous intéresse, il ne peut en être question, de par la radicalité de l'opposition même entre les parties prenantes et l'asymétrie totale qui est le fondement même du conflit. (Plus largement, on voit bien que le droit et la guerre - jus ad bellum ou jus in bello -, malgré les progrès relatifs de ces dernières décennies, ne font pas bon ménage, même entre "civilisés").

Par contre, il est évident que l'engagement militaire en lui-même se doit d'être "limité" du côté des forces conventionnelles et intégré à une approche plus large (la "comprehensive strategy" des Américains) mêlant diplomatie, développement économique et plus largement soft power. Car l'adversaire, dans ce cas, n'est pas puissant à proportion de son nombre de divisions. Et que par ailleurs, il ne saurait être question de considérer la population locale comme ennemie, mais au contraire comme un allié à protéger et à convaincre.

Même si, comme l'a démontré Gian Gentile (Les mythes de la contre-insurrection et leurs dangers : une vision critique de l'US Army), il ne faut pas surestimer dans les conflits asymétriques passés et présents les actions de "conquête des coeurs et des esprits".

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jeudi 12 août 2010

Age of Empires : souvenirs, souvenirs...

En lien avec le thème d'août d'AGS, voici pour les nostalgiques l'introduction du premier opus de la série Age of Empires. Tout cela ne nous rajeunit pas, puisque le jeu date de 1997 :



Bien sûr pour les puristes il ne s'agit pas forcément d'un jeu de stratégie. Cependant de par sa dépiction assez exhaustive, quoique simpliste et stéréotypée, des différents aspects des civilisations considérées (avec notamment leur arbre technlogique spécifique), il n'en demeure pas moins très intéressant. C'est notamment par son biais que j'ai découvert dans le temps les termes "trirème", "hoplite" ou "baliste".

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mardi 10 août 2010

Etats-Unis : bataille budgétaire autour des drones aériens entre le Pentagone et les députés

Le Pentagone a quelques soucis avec les coûts unitaires des drones Global Hawk de Northrop Grumman (35 millions de dollars, 123 si l'on inclut les coûts de développement) et Reaper de General Atomics Aeronautical Systems (10 millions de dollars), tous deux opérationnels depuis plusieurs années, et aimerait quelques coupes : 71 millions de dollars pour le premier et 68 millions pour le second.

Un drone de surveillance Global Hawk

Seulement voilà, les députés de l'US House Armed Services Committee ne l'entendent pas de cette oreille et ont refusé ces propositions, arguant, et on ne veut y voir aucune intervention du puissant lobby militaro-industriel, que le Global Hawk a été victime, depuis son origine, de sous-financement, en particulier pour tout ce qui touche à la maintenance et aux pièces de rechange. Et la manne menacée pour le Reaper devrait permettre de combler des lacunes dans le domaine de l'ISR.

Un drone de surveillance et de combat Reaper (ou Predator B)

L'USAF est renvoyée à ses propres insuffisances par Northrop : cahier des charges fluctuant, commandes en petites quantités... autant d'écueils qui ne facilitent pas la vie d'un contractor. Client dans le domaine de la défense, c'est un métier !

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