mercredi 16 juin 2010
1000 ans de guerre en cinq minutes
mardi 15 juin 2010
Sun Zi et la logistique
J'en reproduis le texte ci-dessous.
S'il est possible que la logistique soit aujourd'hui, comme le dit Olivier Kempf, une « fonction opérationnelle oubliée », le premier théoricien militaire de l'histoire a placé la problématique de l'approvisionnement au coeur des préoccupations du chef de guerre.
Bien évidemment, le stratège chinois se place dans le cadre des opérations en territoire ennemi hors du contexte des guerres d'anéantissement ou même des conflits asymétriques que nous connaissons aujourd'hui.
Les quelques citations qui suivent sont issues de son Art de la guerre (traduction de Samuel B. Griffith).
Le fait de faire la guerre loin de ses bases est coûteux :
Lorsqu'un pays est appauvri par les opérations militaires, c'est à cause du prix de revient sur une longue distance ; l'acheminement lointain des approvisionnements laisse le peuple dans le dénuement.
L'entretien des matériels ainsi que les munitions représentent le principal poste de dépense de l'armée en campagne :
En ce qui concerne les dépenses du gouvernement, celles entraînées par la détérioration des chars, par l'épuisement des chevaux, par l'équipement en armures et en casques, en flèches et en arbalètes, en boucliers à main et en boucliers de corps, en bêtes de trait et en véhicules d'approvisionnement, s'élèveront à soixante pour cent du total.
Il convient donc de se ravitailler grâce aux ressources trouvées en territoire ennemi :
Ceux qui sont experts dans l'art de la guerre n'ont pas besoin d'une seconde levée de conscrits et un seul approvisionnement leur suffit.
Ils emportent leurs équipements en partant ; pour les vivres ils comptent sur l'ennemi. L'armée est ainsi abondamment ravitaillée.
[…] En conséquence, le général avisé veille à ce que ses troupes se nourrissent sur l'ennemi, car un boisseau de vivres pris à l'ennemi équivaut à une vingtaine des siens ; un demi-quintal du fourrage de l'ennemi à dix quintaux du sien.
Le matériel ennemi doit être récupéré et non détruit (il est vrai qu'à l'époque ne se posaient pas les problèmes de compétences technologiques ou d'interopérabilité) :
[...] lorsque dans un combat de chars, plus de dix chars sont capturés, récompensez ceux qui se sont emparés du premier. Remplacez les drapeaux et bannières de l'ennemi par les vôtres, mêlez aux vôtres les chars récupérés, et équipez-les en hommes.
Cependant, attention à l'effet sur la population locale :
Là où se trouve l'armée, les prix sont élevés ; lorsque les prix montent, les richesses du peuple s'épuisent. Lorsque les richesses du pays sont épuisées, les paysans sont pressurés.
Pour cette raison, la durée de la guerre doit être réduite :
Ce qui est essentiel dans la guerre c'est donc la victoire, et non les opérations prolongées.
lundi 14 juin 2010
Colloque logistique du 29 juin : demandez le programme
Voici ci-dessous le programme du colloque du 29 juin "La logistique, fonction opérationnelle oubliée". L'entrée est libre, mais pour vous inscrire, merci d'envoyer un email à alliancegeostrategique@gmail.com
***
Accueil : 8h15
Introduction par O. Kempf (président de www.alliancegeostrategique.org) (8h30)
*
Matinée : la logistique dans les conflits modernes
Tables rondes animée par Laurent Henninger (chargé d’études à l’IRSEM)
Avant propos : Histoire et logistique (M. G. Lasconjarias, chercheur à l’IRSEM) (8h45)
1ère table ronde : Comprendre la logistique dans les conflits modernes (9h00)
1.1 Les conséquences de la nouvelle nature irrégulière de la guerre : la logistique, nouveau centre de gravité opératif ? (9h00)
M. B. Bihan (doctorant, chercheur au CNRS, membre d’alliancegeostrategique.org) ;.
1.2 La logistique et l’insurrection tamoule (9h15)
M. le CV (ER) H. Eudeline (Centre d’Enseignement Supérieur de la Marine)
1.3 La logistique et l’Irak (9h30)
M. S. Taillat (Doctorant, professeur d’histoire, membre d’alliancegeostrategique.org)
1.4 La logistique et l’Afghanistan : le cas du 1er BCS français à l’exemple britannique des « patrouilles logistiques de combat » (9h45)
LCL Thépenier (chef opérations du 1er BCS Afghanistan, 2008)
1.5 Logistique et UE (10h00)
Mme C. Major (chercheur au German Institute for International and Security Affairs, Berlin)
Échanges avec la salle (10h15)
Cette première partie nous introduit à la seconde : c’est bien compte-tenu de ces évolutions que les armées ont réformé leur outil logistique
2ème table ronde : La logistique moderne : ce qu’on garde, et comment on l’organise (10h45)
2.1 La logistique interarmées : quelles fonctions logistiques ? (10h45)
Colonel Jacquement (EMA, CPCO chef J4)
De « planifier le soutien » à « prendre en compte le soutien dès la planification »
2.2 Soutien courant, soutien opérationnel (11h00)
Commissaire colonel Legendre (EMA, SCA)
Mêmes mots, mêmes moyens mais des organisations différentes selon l’emploi ?
2.3 Logistique terrestre et nouveau format (11h15)
Colonel Guéguen (Armée de Terre, CFT )
2.4 Peut-on et jusqu’où sous traiter le MCO ? (opération, métropole) (11h30)
Général de corps aérien Verhaege, Directeur de la SIMMAD
2.5 Sous-traiter des fonctions périphériques de combat (protection d’infrastructure, entraînement, drones, ) l’exemple de la NAMSA (11h45)
Commissaire - Colonel P. Fesquet (Directeur des achats à la NAMSA)
Échanges avec la salle (12h00)
Repas : 12h30 à 13h45
Après-midi : la logistique moderne, entre civil et militaire
Table-ronde animée par Christian Malis (directeur de recherche à Saint-Cyr).
La logistique, ce sont également des vecteurs qui deviennent des armements, tandis que d’autres fonctions envisagent une plus grande coopération avec l’industrie, en métropole comme en opération.
3ème table ronde : Logistique et industrie (14h00)
3.1 Acheminement stratégique : programmes ou locations ? (14h00)
Airbus (à confirmer)
3.2 La maîtrise de l’information logistique (14h15)
M. F. Bretaudeau (EADS, « security and logistics »)
3.3 La réforme du MCO (SIMMAD, SIMT, SMITER et SSF) (14h30)
Général de division aérienne Pinault (EMA SLI)
3.4 Du soutien Logistique aux services de soutien (14h45)
M. Laurent Maury, Thalès
3.5 Les programmes en coopération : comment définir un soutien initial en commun ? (15h00)
Ingénieur général de l’armement Dufour (DGA/SMCO)
Mais cette question des liens avec le civil ne saurait se résoudre à cette seule dimension industrielle. Le partage avec le monde « civil » passe par des sociétés, mais aussi des agences publiques ou des organisations privées, avec lesquelles de multiples coopérations s’organisent : derrière les exemples, quelles leçons en tirer ?
Échanges avec la salle (15h15)
4ème table ronde : Quel partage entre logistique militaire et civile ? (15h45)
4.1 La logistique américaine à l'épreuve de l'externalisation : KBR en Irak (15h45)
George Bricet des Vallons (chercheur)
4.2 D’autres fonctions logistiques sous-traitées (soutien de l’homme, transport) : le cas d’EUFOR Tchad (autre exemple : CAPES France) (16h00)
Commissaire général Beyries (directeur général de l’Economat Des Armées )
4.3 PME, logistique et organisations internationales (16h15)
Julien Ayme (GIE Access)
4.4 Partenariats logistiques : quel partage entre public et privé ? (16h30)
Ph.-P. Dornier, (Newton Vaureal Consulting)
Échanges avec la salle (16h45)
*
Conclusion générale (17h30)
Pierre Pascallon, président du club « Participation et progrès »
Fin du colloque : 18h00
dimanche 13 juin 2010
Elections belges et futurologie
Aujourd'hui les électeurs belges votent, dans un climat plus séparatiste que jamais.

On me souffle deux questions très intéressantes, dans le cas de moins en moins improbable (?) où Flandre et Wallonie devraient prendre deux chemins différents :
- Comment répartir les forces armées et les équipement d'un pays dans le cas d'une scission ? Ce qui s'est passé lors de la dissolution de la Tchécoslovaquie peut en donner une idée.
- Si l'on se projette encore plus loin, dans la situation où la Wallonie devait rejoindre la République Française, comment son armée alors constituée serait intégrée à la nôtre ? Que ferions-nous notamment de ses potentiels F-16 ?
vendredi 11 juin 2010
jeudi 10 juin 2010
Une vie chinoise, de Li Kunwu et P. Ôtié
Je viens d'achever le premier tome d'Une vie chinoise (Le temps du père), de P. Ôtié et Li Kunwu, qui par certains côtés m'y fait penser. On y suit la vie de Xiao Li (il s'agit de l'autobiographie de l'un des deux auteurs, membre du PCC), né au début des années 1950, aux débuts de la République Populaire de Chine, jusqu'à la mort du président Mao en 1976, en passant notamment par le Grand Bond en Avant et la Révolution Culturelle.
Emblématique de la génération qui a grandi au rythme des "Vive le président Mao", le personnage principal est pris entre le culte officiel et son adoration du Grand Timonnier d'une part et les injustices, l'arbitraire et la misère qui touche le peuple chinois et sa propre famille d'autre part.
Cet ouvrage est non seulement à recommander à tous ceux qui aiment la BD ou qui s'intéressent à l'histoire récente de la Chine, mais par ailleurs elle devrait également être lue par la jeune génération chinoise actuelle, qui n'a pas connu (voire totalement oublié) la période pré-Deng Xiaoping et qui a grandi dans un pays en forte croissance économique, fier de lui et cultivant les valeurs de l'individualisme. Entre elle et celle qui a vécu l'épopée maoïste, n'existe-t-il pas un fossé irréconciliable ?
mercredi 9 juin 2010
Apprendre à décider dans l'incertitude : une conférence animée par le général Desportes
Le mardi 22 juin à partir de 18h30 aura lieu à l'Ecole Militaire la conférence "Apprendre à décider dans l'incertitude : les leçons tirées des conflits passés et récents" animée par le général Vincent Desportes, directeur du Collège Interarmées de Défense et organisée par le club Mines-Stratégie, en partenariat avec les groupes Mobilitas (spécialiste de la mobilité) et Stratorg (cabinet de conseil en stratégie et organisation) :
Les leçons retirées des opérations militaires les plus récentes sont sans appel : le déploiement de la haute technologie la plus en pointe ne permet au chef militaire ni d’être parfaitement renseigné, ni d’écarter l’imprévisible. L’évidence s’impose : pour être efficace, un dirigeant militaire ou civil, n’a d’autre choix que de concevoir et conduire son action dans l’incertitude.Comment y parvenir ? Quels principes respecter ? Quels moyens employer ? Quel style de commandement ou de management adopter ? C’est à ces questions que cette conférence cherche à apporter des réponses. Elle se propose d’alimenter la réflexion des responsables civils ou militaires dans leur recherche du succès dans une époque où l’incertitude règne.
- sur le site d'Intermines ("Agenda Intermines" dans le menu de gauche puis cliquer sur "22/6 : Mines Stratégie : Apprendre à décider dans l'incertitude"dans le calendrier)
- en renvoyant le coupon figurant dans la fiche d'inscription à l'adresse indiquée dans le document PDF lié