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Mon Blog Défense

mardi 8 juin 2010

« Emeutes, terrorisme, guérilla… Violence et contre-violence en zone urbaine »

Je signale la parution fin mai de l'ouvrage "Emeutes, terrorisme, guérilla... Violence et contre-violence en zone urbaine" signé par Loup Francart et Christian Piroth, aux éditions Economica.



En voici la présentation par l'éditeur :

Les engagements en zones urbaines ont toujours été considérés comme un défi important pour les forces armées : il ne s’agit pas d’une guerre au vrai sens du terme, mais d’une situation où tous les types de violence doivent être contenus et certains combattus, alors que la mission principale reste la protection des populations et l’instauration des conditions d’une paix durable. Si de nombreux auteurs traitent de la guerre en ville, très peu ont abordé la lutte contre les formes de violence collective dans les zones urbaines, que celles-ci soient spontanées ou organisées, depuis les mouvements de foule et les affrontements entre communautés jusqu’au terrorisme, à la guérilla ou à la criminalité.

Dans cet ouvrage, les auteurs traitent de l’évolution du contexte urbain des opérations et s’attachent plus particulièrement aux aspects humains et aux réseaux urbains qui conditionnent l’emploi des forces autant que les aspects physiques de la ville. Ils caractérisent les différentes formes de violence et surtout proposent des stratégies de réponse adaptées à chacune d’elle. Cette approche permet de définir une vision française de ce type d’engagement, vision plus politique, moins technocratique et donc plus humaine que celle d’autres doctrines occidentales.


Le livre est structuré en trois parties :
  • Le nouveau contexte urbain :
Comment appréhender de manière théorique, mais réaliste, une zone urbaine, pour en tirer les éléments permettant de la comprendre et de résoudre les difficultés d’action propres à ce type de milieu ? On retiendra tout d’abord que c’est le milieu humain qui prime sur toute autre considération. La vision de chaque communauté est le plus souvent à l’origine du conflit et il importe d’en comprendre les motivations et les conséquences avant de rechercher des solutions. Cet aspect doit être analysé selon deux points de vue assez différents : celui de l’ « espace vécu » façonne la vision concrète et pratique des communautés ; l’ « espace de représentation », lié aux pouvoirs et intérêts de chaque partie en présence, modèle, quant à lui, leur interprétation du conflit. De même, l’organisation en réseau du fonctionnement du système urbain implique des interférences entre ses différents aspects. Ce qui arrive en un lieu ou un domaine de l’agglomération a des répercussions sur les autres domaines. Son analyse est encore plus complexe que celle du milieu humain, car elle nécessite une connaissance sans cesse renouvelée de ces liens invisibles et du remodelage permanent de ces différents réseaux qu’il faut découvrir, approfondir, contrôler, contraindre ou revivifier.


  • La violence collective :
On constate l’importance actuelle de trois grands types de conflits intra-étatiques : les conflits de pouvoir, les conflits d’identité et les conflits existentiels ou idéologiques. Ces conflits ont la particularité de ne pas entraîner d’affrontement majeur, à l’exception du cas où l’une des parties en présence a pris un avantage tel qu’elle croît pouvoir s’engager dans un combat final, ce qui fut le cas pour l’Irak et qui semble être le cas pour l’Afghanistan. Ces types de conflit ont également l’inconvénient d’engendrer une multitude d’opposants et acteurs de violence, chacun ayant une vision différente du conflit et pouvant être utilisé par d’autres pour parvenir à leurs fins.
Comment s’y retrouver dans cet imbroglio d’acteurs de tout ordre ? Afin d’éclairer le problème, une typologie claire a été recherchée, fondée sur les buts et les stratégies menés par chacun des acteurs de violence. Elle fait une différence fondamentale entre les violences spontanées et les violences organisées. Elle établit également différents degrés de violence pour chaque type de violence. Enfin, chacun d’entre eux a été caractérisé, conformément au degré de violence identifié, par des actes de violence qui lui sont propres selon les cibles visées.


  • Les opérations en zone urbaine :

Cette troisième et dernière partie met en relation les deux précédentes : la zone urbaine étant analysée sous l’angle de l’intervention de crise, et la violence collective caractérisée selon sa nature et son intensité, comment la violence s’inscrit-elle dans une zone urbaine et quels objectifs stratégiques convient-il de se fixer pour l’éradiquer ? Quels buts, selon les types d’opposants, et quelles actions de résolution conduire pour amener la paix ?
L’essentiel de cette troisième partie porte sur la contre-rébellion, stratégie mise en œuvre dans les opérations récentes, en Irak et en Afghanistan. Celle-ci s’attaque, presque exclusivement, aux deux stratégies de violence que sont le terrorisme et la guérilla, le plus souvent menées de front selon les lieux, les circonstances et les cibles. Cependant, les actions à conduire pour les limiter, voire les annihiler, sont assez différentes. C’est pourquoi il a paru plus opérationnel d’aborder la contre-rébellion par le contre-terrorisme et la contre-guérilla plutôt que par une approche méthodologique de la lutte contre la violence de revendication et la violence de subversion.



Présentation des auteurs issue du dossier de presse :

Le général (2s) Loup Francart dirige la société Eurocrise, spécialisée dans l’in-telligence stratégique, la gestion de crise et l’intelligence économique. Il a été l’initiateur des évolutions doctrinales sur l’emploi des forces dans les années 90. Il apporte maintenant sa compétence aux entreprises et institutions pour anticiper et conduire les situations de crise.


Le général (2s) Christian Piroth, autrefois en charge de la coordination des études opérationnelles de l’armée de terre, a conduit ensuite des études technico-opérationnelles au profit des armées françaises. L’une d’elle portait sur la maîtrise de la violence en zone urbaine lors des opérations militaires extérieures, dont ce livre prolonge les réflexions doctrinales.

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lundi 7 juin 2010

De l'Exodus à la Flottille ? Par Thibault Lamidel

Thibault Lamidel fait un rapprochement entre l'affaire de "la flottille" et l'Exodus. Encore une fois, je précise que ses propos n'engagent que lui. Nota: ce billet a été rédigé le 2 juin, et est donc antérieur à l'interception du navire affrété par une organisation irlandaise.

En ce lundi 31 mai, une flottille de navires hétéroclites a été interceptée par l'armée israélienne dans les eaux internationales. Cette opération pose des problèmes juridiques dont est coutumier l'État israélien. Et ce, sans compter les questions tactique, stratégique et diplomatique. De plus, cet épisode nous rappelle celui de l'Exodus de 1947.

Une action illégale israélienne

Ce n'est pas la première opération israélienne dans les eaux internationales. Pour rappel, la limite du domaine maritime d'un état est de "12 miles nautiques" (un peu moins de 24 km). Et à ne pas confondre avec la Zone Economique Exclusive de 188 miles nautiques supplémentaires (12 + 188 = 200 miles). La marine israélienne a donc cette habitude d'intervenir "haut". Comme le rapporte Libération en novembre 2009 :
Un commando de la marine israélienne a pris d’assaut le cargo battant pavillon d’Antigua «à environ 100 milles nautiques (180 km) des côtes israéliennes», a affirmé une porte-parole militaire.
Il ne faut pas confondre "morale" et "droit international". La problématique ne se pose pas quand il s'agit d'intercepter des armes en haute mer qui auraient été destinées au Hamas. Mais concernant l'affaire de la Flottille, la difficulté juridique apparaît. Au nom de quel droit Israël peut intervenir en dehors de ses eaux territoriales ? Aucun. En l'état actuel des choses, seul un acte de piraterie permettrait à un état d'intervenir au-delà des 12 miles. Au vu des évènements, c'est Israël qui pourrait être accusé de piraterie. Donc, rien ne lui donne le droit à Israël de mener de telles actions ni de détenir des prisonniers ou de les interroger. D'où les nombreux appels d'Etats à récupérer leurs ressortissants. C'est presque de l'enlèvement de les détenir, vu qu'ils "n'ont rien fait d'illégal".

Un désastre tactique

Quelque part, nous avons tous été choqués par ces images. Des commandos israéliens qui descendent en rappel un par un sur les navires. Et surtout sur le fameux cinquième navire où tout a dégénéré. Un hélicoptère dépose les hommes, un autre filme. Et à aucun moment, les attroupements de personnes, voire la présence "d'armes", n'inquiète. Il est permis de douter de la surprise tactique israélienne. Car si un hélicoptère de la Gendarmerie française peut voir à plusieurs kilomètres les détais d'une zone ciblée, on doute que les israéliens aient pu être aussi "aveugles". Et donc, comment expliquer ces hommes qui descendent les uns après les autres et qui se font littéralement massacrer ? Sur le journal de 13h de France 2, Christian Poutreau (fondateur du GIGN) commente ces fameuses images de l'armée israélienne. Sa mine déconfite illustre très bien son sentiment : c'est un fiasco.

Une gestion d'ensemble calamiteuse

Israël savait à l'avance les intentions de la flottille si l'on croit le billet d'Egea. Assez pour tenter de causer des avaries à au moins deux navires de la flottille pour les empêcher de prendre la mer. Dès lors, il existait une certaine "profondeur stratégique" pour voir venir la chose. Les autorités israéliennes auraient négocié régulièrement avec la Flottille pour éviter qu'elle force le blocus. En proposant de décharger la cargaison ailleurs. Le refus persistant aurait dû alerter. La volonté était de briser le blocus imposé à la bande de Gaza depuis l'élection du Hamas (au passage, il convient de signaler que c'est suite à une élection démocratique., dont le résultat n'a pas plu). La petite flotte se rapprochant de son but, et comme le signale Egea, pour tenir le blocus (et éviter les conséquences de son abandon), il fallait imaginer des moyens coercitifs. Et donc, intervenir en haute mer n'était pas à exclure (vous avez entendu la "bronca" générale s'offusquer de cette intervention hors eaux territoriales ?). Et à partir de là, survient le trouble. Pourquoi, quitte à utiliser la force étatique, ne pas avoir immobilisé les navires ? Christian Poutreau se demandait sur France 2 en ce jour pourquoi la passerelle des navires n'avait pas été ciblée en premier. Peut-on parler de gestion professionnelle de l'affaire ?
Au final, face à une Flottille qui n'a cessé de faire preuve de sa détermination, quitte à aller aux mains (voire aux armes, si on peut appeler "armer" des sacs de billes et des lance-pierres...), l'intérêt aurait été de ne pas y répondre. Un état comme Israël avait quelques moyens de calmer le jeu (avarie provoquée sur les navires (hélice, gouvernail), attaque de la passerelle...).

Des conséquences stratégiques inédites

Qui que soient les instigateurs de cette initiative "humanitaire", l'affaire tombe très bien pour mettre l'Etat israélien dans une position difficile. Israël est depuis l'opération Plomb Durci brouillée avec la Turquie. Depuis l'arrivée d'Obama les négociations sur l'arrêt de la colonisation israélienne en Cisjordanie sont un échec complet. Et les deux alliés sont en froid. On nous assure régulièrement du contraire. Et il est vrai que les Etats-Unis ont encore sauvé Israël d'une condamnation à l'ONU. Mais la position devient intenable. Israël est condamnable à plus d'un titre. Un piège a été tendu, et tout ce qui pouvait arriver de pire est arrivé. Rien ou presque ne peut être repproché à la Flottille. Par contre, tout est raté dans la conduite israélienne de l'affaire. Egea fait bien de noter que l'Etat israélien avait tout intérêt à ce que le blocus soit "sauvé". Mais l'isolement israélien est inédit. Il dure, continue à être condamné. Et au vu des résultats produit, comment ne pas penser qu'une telle opération ne sera pas retentée ?
De plus, un parallèle n'aurait pas encore été fait. La diplomatie israélienne dit le plus grand mal de cette intiative humanitaire. Et pourtant, c'est presque une situation ironique.

L'Exodus

En 1947, un vieux cargo rebaptisé "Exodus" transporte des rescapés des camps vers la Palestine alors sous mandat britannique. Les Britanniques refusent au navire de débarquer. L'Exodus est intercepté à 27 kilomètres des côtes palestiniennes (la convention de Montego Bay (droit de la mer, eaux territoriales et ZEE) de 1982 n'était naturellement pas encore en vigueur). Le navire parti de France est alors renvoyé d'où il vient. Grève de la faim à bord en signe de protestation, retour difficile et émotion internationale. Il est souvent admis que cette affaire joua un rôle significatif dans la reconnaissance de l'Etat israélien par la Communauté internationale.

La similitude est troublante. Elle n'est pas en tout point similaire puisque les britanniques étaient "l'autorité légale" en Palestine alors. Ce qui n'est peut-être pas le cas pour Israël qui fait le blocus de la Bande de Gaza. D'ailleurs, soit dit en passant, peut-on faire le blocus d'un territoire sans Etat ? La "brutalité", ou le manque de maîtrise des conséquences de l'utilisation de la force étatique dans le règlement du piège tendu a suscité l'émotion internationale. De là à dire qu'un Etat palestinien sera bientôt reconnu, il y a un pas à peut-être ne pas franchir.

Confirmation d'un mouvement ?

Au final, c'est un problème à long terme pour Israël. L'opération Plomb Durci dans la Bande de Gaza a laissé des traces comme en témoigne la position turque par exemple. Avec ce nouveau coup d'éclat, Israël pourrait définitivement passer pour le "méchant" pour une longue période. Celui qui ne veut pas la paix. Le président de l'autorité palestienne, Abbas, a bien fait de signaler qu'il n'arrêtera pas les négociations. Son acte pourrait confirmer une "honorabilité" palestinienne. De là à dire que les tirs de roquette cesseront pour ne pas casser cette "image internationale" de la cause palestinienne, il y a encore un monde. Cependant, on observe que le front du refus de la politique américaine au Proche-Orient s'élargit. La Turquie rejoint les diplomaties syrienne et iranienne. Peut être que le Brésil prendra une position à mi-chemin des Etats-Unis et de l'Europe et pas trop proche de l'axe Téhéran-Damas. L'Europe est sous la pression de ses contradictions. Et les Etats-Unis ont de moins en moins de troupes. Wait and see...

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dimanche 6 juin 2010

Classement wikio de juin

Mon blog ainsi que l'Alliance Géostratégique sont en repli dans le classement international de Wikio pour le mois de juin, chutant respectivement de la 4ème à la 11ème et de la 3ème à la 7ème place.

Cependant, quand on regarde les blogs qui s'intercalent devant, trois d'entre eux sont accolés au Monde Diplo ou à Libération et donc bénéficient d'une exposition naturellement plus large (ils sont d'ailleurs dans les 500 premiers du classement général). Rien de bien surprenant, d'autant que la catégorie International va en s'enrichissant au cours du temps. L'objectif est bien sûr de figurer le plus haut possible, mais en étant réaliste, il y a quand même une certaine quantité de blogs, dans des thématiques plus ou moins proches du mien, qui méritent d'être devant.

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vendredi 4 juin 2010

L'Alliance Géostratégique parraine un colloque sur la logistique


L'Alliance Géostratégique pose un pied dans le monde réel. Aux côtés de l'IRSEM ou de DSI, la plate-forme collaborative consacrée à la défense parraine le colloque "La logistique, fonction opérationnelle oubliée" (j'aurais peut-être ajouté un point d'interrogation à la fin) organisé par le Club Participation et Progrès, le mardi 29 juin à l'Ecole Militaire.

Pour plus d'information, je vous renvoie au site d'AGS pour un billet sur le sujet, qui détaille par le menu le déroulement de l'évènement, et qui par là-même inaugure le traditionnel thème du mois : La logistique, fonction opérationnelle oubliée.

L'entrée est libre, mais elle suppose l'envoi d'un petit email d'inscription à alliancegeostrategique@gmail.com. Avis aux amateurs !

Pour ceux qui suivent un peu, l'intitulé devrait rappeler un billet d'Olivier Kempf, publié sur EGEA en novembre 2009.

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jeudi 3 juin 2010

Le cinéma d'auteur, avenir de Thales ?

Les Echos sont revenus (L'avenir de Thales ? Le cinéma d'auteur bien sûr) début mai sur l'atmosphère tendue qui règne chez Thales depuis l'arrivée de Luc Vigneron, qui a entrepris une certaine remise en question des années Ranque.

En témoigne cette vidéo mise en ligne sur Dailymotion, dans laquelle on voit Charles (Edelstenne, président de Dassault Systèmes et Dassault Aviation) en Darth Vador qui fait passer son premier entretien annuel au "petit" Luc.

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mercredi 2 juin 2010

Sur Clausewitz de Raymond Aron


Je vous recommande la collection de textes de Raymond Aron consacrés au fameux stratège et patriote prussien, regroupés dans un opus intitulé "Sur Clausewitz", qui synthétisent et complètent en un peu moins de deux cents pages son chef d'oeuvre (selon les mots de Pierre Hassner, qui signe la préface) "Penser la guerre, Clausewitz".

L'ouvrage est constitué de deux parties.
  • Les articles de la première, "La pensée de Clausewitz", reviennent sur la démarche intellectuelle de Clausewitz, marquée notamment par le contexte international de l'époque (Révolution Française, déconfiture prussienne de 1806, grandeur et chute de l'Empire napoléonien), et sa propre éducation dans le culte de Frédéric II. Sont évoqués sa conception de l'état, le tryptique peuple-chef de guerre-autorité politique, le concept de guerre absolue ou même la guerre du peuple (particulièrement au travers du soulèvement vendéen ou de la guerilla espagnole)
  • La seconde, "Les enseignements de Clausewitz", éclaire certains évènements contemporains (i.e. de 1945 à 1980) à la lumière du théoricien prussien : dissuasion nucléaire, guerre froide, conflit israélo-arabe (nous sommes avant la première intifada). Mais pas seulement, car la réflexion sur ces sujets est enchâssée dans des discussions plus large sur les alliances, la notion de "Société des Etats" et celle de "stratégie politique", qui bien que ne faisant pas partie du vocabulaire de Clausewitz trouve des fondements dans sa pensée
A noter également, une très intéressante annexe intitulée "La découverte de Clausewitz dans l'enseignement militaire français vers 1880". Au passage, Liddell Hart en prend régulièrement pour son grade, lui qui avait attribué à Clausewitz l'obsession pour l'offensive à outrance dans les années précédant la Grande Guerre.

J'aime bien également cette petite phrase, à propos de la dissuasion nucléaire :

Les prétendus experts ne possèdent ni les uns ni les autres aucune expertise : il existe des techniciens des armes, il n'existe pas d'expert de stratégie nucléaire.

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mardi 1 juin 2010

Machiavel, sur la Turquie

Quelques phrases issues du Prince (toujours traduit par Yves Lévy) qui résonnent assez fort (pour combien de temps encore ?) cinq cents ans après :

Et je dis que les princes de notre temps ont moins cette difficulté de donner aux soldats, dans leur gouvernement, des satisfactions extraordinaires ; car nonobstant qu'il faille avoir pour eux quelque considération, cependant elle se résout vite parce que aucun de ces princes n'a d'armées qui en même temps soient mêlées au gouvernement et administration des provinces, comme étaient les armées de l'Empire Romain. Et c'est pourquoi, si alors il était nécessaire de satisfaire les soldats plutôt que les peuples, c'était que les soldats pouvaient plus que les peuples ; maintenant il est plus nécessaire à tous les princes, excepté au Turc et au Soudan, de satisfaire les peuples que les soldats, parce que les peuples peuvent plus qu'eux. De quoi j'excepte le Turc, celui-ci gardant toujours autour de lui douze mille fantassins et quinze mille cavaliers ; desquels dépendent la sécurité et la force de son royaume ; et il est nécessaire qu'avant toute autre considération ce seigneur se les maintienne en amitié

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